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PARALYSIE DES MUSCLES DE L EPAULE

Les paralysies des muscles de l'épaule, et en particulier du deltoïde, avaient déjà été remarquées depuis longtemps. Cette affection est en effet loin d'être rare, mais ce n'est que depuis quelques années seulement que l'on est arrivé à en déterminer la nature d'une manière exacte.

(1) Després, Diagnostic des tumeurs, Paris, 1869.

(2; Berger, Bullet. et Mém. Soc. de chir.t 1883.

(3) Boinet, Bulle t. de la Soc, de chir., 1867, p. 458.

(4; Tcrritlon, Arch. de méd., 1874, 1. XXIV. — Bassompière, thèse, Paris. 1875.

(5) Galragni-Ercole, Bullet. de la Soc. méd. de Bologne, juin 1873.

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La paralysie de l'épaule qui survient à la suite des contusions de cette région est primitive, lorsqu'elle se produit immédiatement après l'accident ; elle est consécutive, quand elle se montre seulement plusieurs jours après la lésion de l'épaule. Il faut remarquer qu'il est assez rare que l'on puisse dès le début faire la part du défaut de mouvement qui revient à la douleur que provoquent les contractions musculaires de celle qui est déterminée par le défaut d'action des muscles. Aussi Duchenne (de Boulogne) a-t-il proposé de diviser ces paralysies en paralysie récente, c'est-à-dire survenant du premier au sixième septénaire, et en paralysie ancienne, se manifestant à une époque plus ou moins éloignée.

Cette alTection s'observe le plus ordinairement à la suite d'une chute sur le moignon de l'épaule, d'une luxation; quelquefois peut-être à la suite d'une chute sur le coude ou sur la paume de la main, le membre étant dans l'extension.

Un grand nombre de théories ont été invoquées pour expliquer le développement de cette espèce de paralysie. Elles peuvent se réduire à cinq principales; telles sont :

1° Déchirure des nerfs. — Des observations incontestables prouvent que les nerfs peuvent être déchirés à la suite de violentes tractions faites pour réduire les luxations de l'épaule. Flaubert en a rapporté deux exemples : les quatre dernières paires du plexus brachial étaient déchirées au milieu des muscles scalènes. Plus tard on a trouvé des ruptures du nerf circonflexe.

2° Compression des nerfs. — Il est assez difficile, dans les paralysies qui succèdent aux lésions de l'épaule, de faire la part qui revient à la compression des filets nerveux. 11 est cependant démontré que la compression du plexus brachial peut être suivie de paralysie; c'est ce que prouve le fait suivant, observé dans le service de Nélaton à l'hôpital des Cliniques, o Un ancien marin, âgé de trente-quatre ans, était affecté d'une paralysie brachiale avec atrophie musculaire. La perte des mouvements était tout à coup survenue pendant le sommeil et persista pendant un certain temps. Nous supposâmes l'existence d'une exostose syphilitique comprimant les plexus cervical et brachial, et nous soumîmes le malade à un traitement approprié. La guérison ne se fit pas longtemps attendre, »

3* Contusion des nerfs. — La contusion du nerf circonflexe est considérée comme une des causes les plus fréquentes de paralysie du deltoïde; la disposition anatomique de ce nerf enroulé autour du col humerai, extrêmement favorable à la distension, à la compression, explique ce degré de fréquence. Lorsque la paralysie est limitée au muscle deltoïde, elle peut être parfaitement expliquée par la lésion isolée du nerf circonflexe; mais lorsqu'elle a envahi toutou partie des

muscles du bras et môme de Pavant-bras, il faut invoquer des désordres plus étendus. Dans ces cas, le plexus brachial peut être comprimé entre la clavicule et la première côte.

4° Commotion nerveuse. — D'après Malgaigne, ce serait là la cause la plus commune et la plus énergique de la paralysie. La perte des mouvements résultant de la commotion présente ce caractère qu'elle a ses effets immédiats au moment de l'accident, et que les désordres vont toujours en diminuant ; et si Ton étudie avec soin la marche de la maladie dont nous nous occupons, nous ne trouvons rien de commun avec la marche de la commotion. Jamais dans la commotion on ne voit les symptômes se montrer quelques jours après la chute, aller en s'aggravant pour rester quelque temps stationnais* et finir par disparaître, et c'est ce qu'on observe le plus communément dans la paralysie des muscles de l'épaule. Aussi croyons-nous que la commotion nerveuse ne doit être acceptée comme cause de paralysie du deltoïde que dans des cas tout à fait exceptionnels, et nous ne connaissons aucune observation incontestable où cette théorie puisse trouver son application.

5° Lésions du tissu musculaire. — M. Empis pense que certaines paralysies du deltoïde sont dues à des lésions du tissu musculaire. Il est évident que l'action des muscles ne pourra s'exercer dans toute son intégrité s'il existe une lésion de leur tissu ; mais les altérations musculaires n'amèneront pas la paralysie. Il y a quelquefois défaut d'action; mais on ne peut appeler paralysie un état qui dure souvent! peine quelques heures.

En résumé, à part ces cas de déchirure des filets nerveux, accident peu fréquent d'ailleurs, les paralysies deltoîdiennes sont dues le pins souvent à la contusion des filets nerveux et quelquefois à la compression; la commotion des nerfs et l'attrition du tissu musculaire ne peuvent être invoquées que dans des cas tout à fait exceptionnels.

Symptomatologie. — La paralysie deltoïdienne s'annonce quelquefois par un engourdissement précurseur, un sentiment de froid sur lequel Boyer avait appelé l'attention; mais ces phénomènes passent le plus souvent inaperçus, et sont dans le plus grand nombre de cas attribués à la contusion elle-même. Bientôt on observe une paralysie plus ou moins complète des mouvements, avec ou sans paralysie de la sensibilité. Tantôt la paralysie est limitée au deltoïde : les mouvements d'élévation et d'abduction du bras sont abolis; tantôt les muscles de l'épaule, du bras, de r avant-bras même, sont frappés d'impuissance. Nous nous contenterons de les indiquer. La sensibilité cutanée est quelquefois intacte; le plus souvent elle est affaiblie, émoussée, et elle n'est abolie que quand les nerfs ont été contus ou déchirés.

Chez certains malades, la paralysie guérit au bout de quelques semaines; tandis que chez d'autres non seulement la paralysie persiste

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