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FLEXION PERMANENTE DES DOIGTS

dans l'extension la plus complète, non seulement pendant tout le temps que peut durer le travail de la cicatrisation, mais encore au delà ; car la rétraction des cicatrices reste très énergique pendant un temps fort long. Si donc, après deux ou trois mois, on croyait devoir suspendre l'extension permanente, ou du moins cesser de prévenir la flexion à l'aide d'une palette digitée, il faudrait revenir à ce moyen dès que l'on s'apercevrait d'un commencement de flexion anormale.

4° Flexion permanente dépendant d'une maladie des muscles extenseurs. — Nous savons déjà que, dans l'état de repos, les doigts ont une légère tendance à se mettre dans la flexion à cause de leur propre poids et surtout de la puissance des muscles fléchisseurs, plus grande que celle des extenseurs. On comprend donc que la diminution dans l'énergie de ces muscles, et à plus forte raison leur paralysie, la section ou la destruction de leurs tendons, doit être une cause extrêmement puissante et presque inévitable de la flexion permanente. 11 est généralement facile de redresser les doigts ; mais, comme on ne peut» dans l'immense majorité des cas, rétablir l'équilibre entre les extenseurs et les fléchisseurs, la flexion se reproduit. Dans quelques cas, à l'aide d'appareils fort ingénieux du reste, au moyen de lamelles de caoutchouc qui font, pour ainsi dire, l'office de tendons artificiels, on pallie cet état; mais il est impossible de rendre aux doigts toute leur intégrité d'action, à moins que l'on n'ait fait disparaître la paralysie ou du moins rendu aux muscles extenseurs toute leur puissance. Duchenne (de Boulogne) a diminué d'une manière notable le nombre des cas considérés avant lui comme incurables, par ses ingénieux appareils et par ses travaux sur l'électricité localisée (1).

5* Flexion permanente résultant d'une affection des muscles fléchisseurs. — On comprend que la flexion permanente peut encore être observée lorsque les muscles fléchisseurs sont raccourcis dans leurs fibres musculaires, ainsi que Dupuytren en a observé un cas à la suite d'une blessure par arme à feu de l'avant-bras, ou quand les tendons sont eux-mêmes lésés, comme cela arrive lorsque la gaine tendineuse est ouverte à la suite d'un panaris et que le bout supérieur du tendon vient adhérer au delà du point auquel il correspondait dans l'état normal. Enfin on a vu l'irritation des nerfs qui se rendent aux fléchisseurs déterminer une contraction telle de ces muscles, que les doigts ne pouvaient être portés dans l'extension. Dans un cas que l'on doit à Crampton (2), la piqûre d'un filet nerveux dans une saignée avait dé-

(1> Duchenne, de Boulogne, et Charrié re, Catalogue, 1867. (2) Hamilton, Mémoire sur quelques effets qui résultent de la blessure des nerfs (Archives générales de médecine, 3* série, 1838, t. Il, p. 178).

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