WÉLAT0H. — PATI. OUI. VI
terminé la flexion permanente des doigts ; la section de ce nerf fit dis paraître tous les accidents.
Dans une thèse bien faite, Loude a traité incidemment ce sujet (1). Nous relaterons ici une observation de la pratique de Nélaton, où la contracture a pu être étudiée à fond. C'était une contracture réflexe chez un jeune homme qui avait été piqué au bras sur le trajet du brachial cutané interne ; il y avait une contracture des fléchisseurs, moins ceux du pouce. Mais cette contracture disparaissait pendant le sommeil anesthésique. La section du nerf a été pratiquée, mais le mal récidiva. Avec le temps, cependant, le malade a guéri seul deux ans après. M. Paulet, dans un mémoire présenté à la Société de chirurgie, a traité de nouveau la question (2), et il résulte de ses travaux que ces contractures réflexes cèdent aux sections nerveuses ; l'élongation des nerfs ne tardera pas à être appliquée, quoique jusqu'ici elle n'ait pas tenu ce qu'on en espérait. Quant aux courants continus, leur action efficace sur ces contractures n'est pas encore établie.
6° Flexion permanente dépendant de la rétraction de l'aponévrose palmaire et des tissus de la paume de la main. — Cette affection a été pour la première fois décrite par Dupuytren (3); le premier il a vu que ce n'était pas la rétraction des tendons, ni leur raccourcissement qui produisaient la flexion permanente, et si quelques points ont échappé à ce grand chirurgien, si ces travaux ont été complétés par les recherches de Gqyrand (4) et surtout de Gerdy (5), il n'en est pas moins vrai que c'est lui qui a le plus puissamment contribué à faire connaître l'affection qui nous occupe.
Anatomxe pathologique. — Dupuytren, ayant eu l'occasion de disséquer un cas de flexion permanente des doigts, vit que de l'aponévrose palmaire partaient des prolongements fibreux très durs, très résistants, qu'il regarda comme les divisions inférieures de celte aponévrose et qui vont se rendre sur les côtés de la première phalange ; a il coupa ces bandelettes et les doigts reprirent immédiatement leur situation naturelle » : il en conclut que la flexion permanente des doigts était due à la rétraction de l'aponévrose palmaire. Mais on vil bientôt qu'il ne suffisait pas de faire des incisions au niveau des articulations métacarpo-phalangiennes, et qu'il fallait en faire à la face palmaire
(1) Londe, Recherches sur les névralgies consécutives aux Usions des nerfs, U»è»t. Paris, 1860.
Tillaux, Des affections chirurg. des nerfs, thèse de concours, 1866.
(2) Paulet, Études sur les suites immédiates et éloignées des lésions traumaUguei des nerfs (Mém. Soc. de chirurg., 1870, t. VII, p. 169).
(3) Dupuytren, Leçons orales de clinique chirurgicale, 2* édit., 1839, t IV, p. 473
(4) Mémoires de V Académie royale de médecine, t. III, p. 489. Gerdy, Chirurgie pratique. Paris, 1853, t. II, p. 62.