GANGRÈNE BE LA VESSIE
dépasse pas l'épaisseur de la muqueuse, mais, dans d'autres cas, elle* s'étend jusqu'à la couche musculaire et même jusqu'au péritoine.
La forme est très variable, sauf dans les ulcérations produites par le contact de la sonde, où l'ulcération présente le plus ordinairement la forme d'une gouttière en rapport avec le volume de la sonde employée, il serait difficile d'attribuer une forme spéciale.
Leur coloration, noirâtre verdàtre, comme nous l'avons dit en parlant de la cystite chronique, peut présenter des taches rouges produites par des suffisions sanguines.
Symptomatologie. — Douleurs plus ou moins vives à l'hypogastre; douleurs provoquées par le passage d'une sonde; hématurie; présence du pus dans les urines; tels sont les principaux symptômes que présentent les ulcérations de la vessie. On a noté chez les femmes atteintes de ces lésions des souffrances très vives pendant la miction.
Diagnostic. — Les symptômes que nous venons d'exposer ne sont pas toujours suffisants pour que l'on puisse formuler le diagnostic absolu; cependant on ne confondra pas les ulcérations primitives avec celles qui sont la conséquence de calculs ou d'un catarrhe vésical ; la présence d'un corps étranger dans le premier cas, l'existence de mucosités filantes mêlés au pus dans le second, pourront guider le pra«* ticien. Il devra se rappeler que le dépôt purulent peut tenir à l'ulcération d'une autre portion des voies urinaires ; mais la douleur locale, augmentant par la miction, par la pression ouïe cathétérisme, pourra le mettre sur la voie.
Pronostic. — Il est fort grave, il est rare qu'une semblable affection puisse guérir complètement.
Traitement. — On calmera l'irritation de la vessie à l'aide de boissons émollientes, diurétiques, on pourra essayer l'usage des balsamiques. Mais nous pensons que les révulsifs sur la peau pourront être employés avec avantage, ainsi que les injections vésicales faites avec une grande lenteur.
Depuis quelques années les chirurgiens anglais ont préconisé, contre les ulcérations vésicales chez la femme, la section du col et du bas-fond de la vessie. Nous ne faisons qu'indiquer cette opération, car on pourrait se demander si dans les cas où elle a apporté l'amélioration on n'avait pas eu affaire à de simples cystites du col si douloureuses dans quelques cas. Ce débridement du col rappellerait les tailles qui ont été faites avec succès chez des hommes atteints de cystites chroniques.
Gangrène de la vessie.
Étiologie. — La gangrène de la vessie est peu commune ; tantôt
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elle est une terminaison de la cystite aiguë, ce qui, comme nous l'avons vu, est excessivement rare, tantôt elle est consécutive à la rétention d'urine ; on trouve dans les Bulletins de la Société anatomique une observation de M. Tardieu (1), où il est question d'un malade dont la gangrène paraît avoir été déterminée par cette dernière cause, et peut-être par une sonde laissée à demeure dans la vessie. La présence d'un corps étranger, d'un calcul, peut, dans quelques circonstances, déterminer le sphacèle du réservoir de l'urine. Chez la femme cet accident se présente à la suite d'une rétroversion de l'utérus distendue par la gestation : Chopart en a rapporté un exemple ; plus souvent elle est consécutive à la compression exercée par la tête du fœtus, dans un accouchement laborieux : cette dernière forme, qui est si fréquemment cause de fistules vésico- vaginales, sera étudiée avec les fistules urinaires.
La gangrène de la vessie est quelquefois consécutive à la gangrène des tissus voisins, à celle de l'intestin, par exemple, celle du vagin et des organes génitaux de la femme.
Anaiomie pathologique. — Lorsque la gangrène succède à une phlegmasie subaiguê, il se forme dans un des points de la vessie une tache pâle d'abord, puis livide, passant peu à peu au violet, au brun, au noir, le plus ordinairement -circonscrite. Au bout d'un certain temps cette eschare se détache, l'urine s'épanche, soit dans le péritoine, soit dans le tissu cellulaire du bassin, ou bien coule dans un des organes environnants, comme le vagin, le rectum.
La gangrène peut se montrer dans tous les points de la vessie, au sommet, au bas-fond» aussi bien qu'au col de cet organe; la gangrène de tout le corps de la vessie est excessivement rare ; Morgagni a rapporté un exemple de sphacèle de presque toute la membrane muqueuse (2).
Symptomatologie. — Nous ne connaissons pas de symptômes locaux qui puissent même faire soupçonner la gangrène de la vessie ; ce n'est que par l'état général du malade que l'on peut soupçonner l'existence d'une semblable affection. Les accidents sont en général subordonnés à l'étendue de la partie sphacélée; lorsque la gangrène est étendue, on trouve une altération très prononcée de 1% face, on observe des hoquets, des lipothymies ; le pouls est petit, misérable, les membres se refroidissent, le corps se couvre d'une sueur froide, et la mort ne tarde pas à survenir.
Pronostic. — Cette affection est des plus graves, et à moins que l'affection n'ait une cause traumatique, et que la gangrène ne
(1) Bull, delà Soc. mal., 14* année, 1839, p. 68. (t) Morgagni, De êedibus et coatis, cpitt. 41, 10.
siège dans un point tel qu'à la chute de l'eschare l'urine puisse facilement s'écouler au dehors, la mort en est la conséquence fatale.
Traitement. — • Nous n'avons rien à dire du traitement de la gangrène de la vessie : si les eschares occupent un point tel que l'épancfaement se fasse forcément dans le péritoine, il n'y a rien à faire ; si l'urine filtre dans le tissu cellulaire du bassin ou s'écoule par le vagin et le rectum, le rôle du chirurgien consiste à. traiter l'infiltration orineuse ou les fistules urinaires.
ARTICLE VII
L'hypertrophie de la vessie se présente sous deux formes distinctes : 1* hypertrophie avec épaississement des pwois; 2° hypertrophie par dilatation de la cavité.