‹ Eléments de pathologie chirurgicale (volume 5)Chapitre 58 sur 218 · FONGUS DU TESTICULE · texte numérisé non relu

FONGUS DU TESTICULE

ment amener la guérison de l'bydrocèle, mais hâter la guérison de l'épididymite chronique.

La compression bien faite, soit simple, soit avec des bandelettes de sparadrap de Vigo, les révulsifs, .particulièrement les pointes de feu sur le scrotum, rendront de véritables services pour mener à fin cette longue maladie.

ARTICLE II

TUMEURS DU TESTICULE (Revues par le docteur Armand Després.)

Les tumeurs du testicule et de l'épididyme peuvent être divisées en quatre groupes : 1° les tumeurs d'origine inflammatoire, le fongus bénin ou testicule, par exemple (l'orchite chronique a été décrite plus haut); 2» les tumeurs kystiques; 3° les tumeurs spécifiques, telles que le tubercule et le cancer, par exemple ; 4° les inclusions. Si nous aTons laissé réunis ici aux tumeurs le testicule douloureux, et le «perrontocèle, c'est que ces deux lésions sont quelquefois le prélude d'une tumeur de nature variable.

§ Ier. — Fongus bénin des testicules.

La description complète de cette affection ne date que de ce siècle seulement; le fongus du testicule avait bien été observé par Lawrence en 1808 (1), qui reconnut la présence de tubes séminifères dans la tumeur, puis par A. Cooper ; mais ces chirurgiens n'ont guère bit que l'entrevoir et ont méconnu ses principaux caractères. Il a été surtout étudié par Jarjavay (2), qui, en 1849, a publié un travail très intéressant sur ce sujet. Plus tard, Deville (3), dans un mémoire sur les hernies du testicule, décrit seulement une des formes de fongosités testiculaires et croit à une hernie constante du testicule.

Anatomib pathologique. — Jarjavay décrit deux formes de fongoaités testiculaires : Tune, le fongus superficiel, est constituée par des végétations qui se développent sur l'enveloppe flbro-séreuse ; l'autre, le fongus parenchymateux, prend naissance dans le tissu propre du

(1) Lawrence, Jour. méd. chir. d'Edimbourg, juillet 1808.

(S) Jarjavay, Mémoires sur les fongus du testicule iArch. génér. de mèd.t 1849, 4* lérie, t. XX, p. 1*9).

(3) DcriUe, MoniL des hôpit., 1853.

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testicule et so présente au dehors, k travers une perforation de la tunique albuginée. Mais la seconde variété seule mérite d'être conservée.

Quelle que soit la nature de la solution de continuité du scrotum, que ce soit une plaie accidentelle, une incision faite à la tunique ta* ginale dans le but de guérir une hydrocèle, un séton passé dans le même but dans la tunique vaginale, une perte de substance consécutive à un abcès ou à la gangrène du scrotum, on voit la tunique flbroséreuse s'enflammer et devenir le siège de ces exubérances, qui ne tardent pas à faire saillie à travers l'ouverture du scrotum. C'est là une hernie du testicule ou plutôt un bourgeonnement du testicule intact.

Dans le fongus vrai, la tumeur se continue avec la substance même du testicule, qui est altérée dans une étendue plus ou moins considérable. Une portion de l'organe conserve sa structure et sa disposition normale, tandis que l'autre a perdu plus ou moins complètement ses propriétés. La transition entre la partie saine et la partie malade est généralement insensible : il n'est pas très rare d'observer des cas dans lesquels la pulpe testiculaire a complètement disparu dans la masse du fongus.

Le volume du fongus du testicule est variable ; il est égal à celui d'une noisette, d'une noix et même d'un gros œuf; en général, il est en raison inverse de celui de la portion de glande restée saine qui semble, dit Jarjavay, disparaître peu à peu au profit du parasite qui vit et se développe à ses dépens. La tumeur est généralement sphérique, plus rarement ovoïde ou lobée. Elle tient au corps de la glande par un pédicule plus ou moins étroit, embrassé par l'ouverture du scrotum.

Le tissu morbide est d'un rouge pâle, granuleux ; chaque granulation est séparée par des sillons peu profonds, renfermant quelquefois un liquide grisâtre qui n'est autre chose que du pus. Il faut remarquer que la quantité de sang apporté dans le fongus modifie sa coloration et lui donne parfois une teinte très foncée. Sa consistance est toujours très ferme. Si l'on coupe le fongus, on voit qu'il est constitué par une masse jaunâtre, compacte, sillonnée par des vaisseaux. Cette coloration serait due à une substance que Curling regarde comme un produit de l'orchite chronique. Cette matière est infiltrée dans toute l'étendue de la tumeur ; dans la couche corticale, la substance jaune est interposée aux fibres du tissu cellulaire et de l'élément fibro-plastique, qu'elle enveloppe profondément; elle sert de gangue aux mêmes éléments et a des canalicules séminifères oblitérés. La tunique albuginée ne présente aucune trace d'altération dans les points où le testicule est sain; mais, vers le pédicule de la tumeur, elle commence

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