INCLUSION FOETALE DU TESTICULE
On rencontre dans le scrotum des tumeurs congénitales renfermant des poils et même des os. Aux 19 cas rapportés par M. Verneuil on en a ajouté 3 et M. Pilate, d'Orléans, a publié le vingt-troisième dans les Bulletin* de la Société de chirurgie (1).
A part leur congénialité ces tumeurs présentent encore une autre particularité ; elles présentent en général une période stationnai re pendant laquelle la tumeur est lobulée et dure ; puis la tumeur crott tout à coup et s'enflamme, c'est la période éléminatrice. Ces faits sont si rares que tous les chirurgiens qui ont opéré ces tumeurs ne les ont pas reconnues avant de pratiquer une ponction exploratrice qui a donné du sang et une fois de la matière sébacée. Cependant une tu* meur chez un sujet jeune ayant les apparences d'une bonne santé et qui existe depuis la naissance doit faire soupçonner une inclusion fœtale.
Lorsque la tumeur est ulcérée, il y a plus d'incertitude i avoir, surtout si l'on trouve dans l'ulcère des poils et des os.
Le pronostic n'est pas grave et le traitement est la castration. Toutefois il est bon de dire que les ponctions dans ces tumeurs causent une inflammation violente et qu'il faut faire la castration séance tenante.
Il paraît évident aujourd'hui que les dermoldes du testicule sont des monstruosités incluses et la proposition d'Olivier (d'Angers) et de Velpeau est encore acceptable ; il s'agirait, suivant ces anatomistes, d'une inclusion primitivement abdominale descendue avec le testicule. Il sera toujours difficile de nier que la tumeur se soit formée quelquefois dans le testicule même, car il y a une observation de Meckel où Ton a trouvé des poils dans le testicule, et chez les chevaux l'on a trouvé deux fois des dermoldes dans l'intérieur du testicule (2).
(1) Verneuil, Rapport sur une ob$. de M, Bœckel (Bull, et Mém. Soc chir.t 1878, p. 302. — Pilate et Nepveu, Bull, et mém. Soc. de cliir., 1880, p. 685.
(2) Consultes aussi Moussaud, Inclusions fœtaUs. Th. Paris, 1861.
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ARTICLE II
AFFECTIONS DU CORDON SPERMATIQUE Revues par le Dr Armand Després.
§ 1er. — Vices de conformation.
Les vices de conformation du canal déférent sont assez rares. On a cependant réuni quelques cas; ils présentent plusieurs variétés que nous nous contenterons d'énuraérer, car ils n'offrent aucun intérêt au point de vue de la chirurgie.
Lorsque le testicule manque, le canal déférent a quelquefois son volume ordinaire ; d'autres fois il est atrophié, il se termine par un cul-de-sac. Le musée de l'hôpital Saint-Barthélémy possède une pièce dans laquelle on voit le testicule très petit arrêté près du canal inguinal ; sa structure parait granuleuse comme celle de la glande non encore développée du fœtus, il n'y a pas d'épididyme; le canal déférent part des vésicules séminales, mais n'arrive point jusqu'au testicule, il se termine en cul-de-sac au voisinage de cet organe. Hunter a vu les canaux déférents manquer près des testicules, et se terminer à leur partie inférieure dans une vésicule séminale unique, mal conformée et sans communication avec l'urèthre. M. Gosselin a constaté sur un sujet de vingt ans l'absence du canal déférent droit depuis l'épididy me jusqu'à la partie supérieure de la vessie. Sur un sujet observé par Tenon, ce canal manquait au niveau de sa jonctiou avec les canaux éjaculateurs. Enfin, on a vu le canal déférent manquer sur toute sa longueur.
Il est à remarquer que l'absence de canal déférent ne s'oppose pas au développement de la glande ni à la sécrétion des spermatozoïdes. La stérilité est la conséquence obligée de ce vice de conformation.
$ II. — Affections traumatiques du cordon testiculaire. T.A. — Plaies du cordon spermatique.
Elles s'observent surtout à la suite de la castration opérée par une main coupable ou par le blessé lui-même. Cependant, elles peuvent être accidentelles. Quelle que soit leur origine, ces blessures se présentent en général avec des caractères identiques; néanmoins, dans
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les lésions suite d'accident un cordon seulement est Intéressé, tandis que fort souvent les deux cordons sont blessés lorsqu'on a voulu opérer une mutilation. De plus, dans ce dernier cas, les testicules sont arrachés le plus souvent, tandis que dans le premier ces organes sont encore dans le scrotum.
Nous n'avons ici rien d'important à signaler sur cette espèce de lésion qui se présen te avec tous les caractères qui appartiennent i la castration pratiquée dans un but thérapeutique. Rappelons seulement que si le cordon n'a été détruit qu'en partie, le canal déférent peut échapper quelquefois à l'instrument tranchant; le testicule conserve alors ses rapports avec les vésicules séminales. Si les nerfs et les vaisseaux ont été divisés, il peut en résulter une atrophie de l'organe.
B. — Contusions du cordon.
Les contusions du cordon spermatique sont rares. Lorsqu'elles sont légères elles ne présentent aucune gravité; mais si elles sont violentes, si surtout il existe déjà un état pathologique du cordon, un varicocèle, par exemple, on voit survenir une infiltration ou un épanchement de sang que nous décrirons sous le nom d'hématocèle funiculaire.