I. — Kyétes du cordon spermatique
Existe-l-il des kystes simples du cordon spermatique? Nous avons examiné ce point de pathologie en étudiant les kystes du testicule. Nous avons dit qu'il était probable que la tumeur était constituée dans certains cas par un kyste primitif; nous avons vu qu'il y avait des kystes uniloculaires, multiloculaires ; nous n'y reviendrons pas.
Dans la séance du 7 avril 1858 de la Société de chirurgie, Giraldès a signalé la présence dans le cordon spermatique d'un corps formé de tubes et de vésicules d'apparence glandulaire, qui, placé derrière la séreuse vaginale, en avant du paquet de veines, se rend dans le
(1) Maisonneuve, Bull. Acad. de méd.f fév. 1866. (?) Rigaud in E. Primaire. Th. Strasbourg, 1851.
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comprises entre les deux Dis, il lord ensemble les deux extrémités de ceux-ci, de manière à leur faire former un cordon métallique qui, en se tordant toujours, enroule les parties comprises entre les deux flls sur ce double fil métallique, comme une corde sur un treuil. H place alors un petit globe de bande sur la peau qui sépare l'entrée et la sortie des deux fils et fixe les deux bouts de ceux-ci sur ce globe par une nouvelle torsion, qu'il augmente autant qu'il est nécessaire jusqu'à ce que les veines soient divisées; alors, ou bien il opère la section de la peau avec le bistouri, ou il attend qu'elle se coupe d'ellemême.
' 4° Cautériêation (procédé de Gelse et repris par Bonnet, de Lyon).— On applique quelquefois la cautérisation avec les caustiques. Cette méthode a donné quelques succès à Nélaton, elle n'est pas plus douloureuse que celles que nous venons d'exposer, la guérison delà plaie est aussi rapide, et de plus elle remplit deux indications : la diminution de la hauteur du cordon et de celle des bourses.
L'instrument dont se servait Nélaton pour cette opération e*t une sorte de pince composée de deux branches, dont Tune, appelée branche supérieure ou porte-caustique, est échancrée dans son milieu pour recevoir le caustique, tandis que l'autre, inférieure,, sert à maintenir et à comprimer les parties du scrotum comprises entre les mors» tes deux branches s'articulent entre elles dans leur milieu, au moyen d'une vis. Au delà de cette articulation se trouve un ressort entre les deux branches. Celte articulation peut subir plusieurs degrés d'écartement afin de se prêter aux divers volumes des tumeurs variqueuses, de telle sorte que l'écartement qui existe en un point donné peut être plus grand ou plus petit selon les points de l'articulation dans lesquels on engage la vis. A l'extrémité de chaque branche existent deux petits trous ; ces trous, situés en face les uns des autres, sont destinés à recevoir des épingles à insecte qui sépareront le canal déférent des veines variqueuses sur lesquelles on doit appliquer le caustique. La branche inférieure comprime les veines variqueuses, la branche supérieure venant s'appliquer dessus. Les parois de la veine étant mises en contact ne contiennent pas de sang. On évite la liquéfaction du caustique, et l'on obtient une cautérisation linéaire.
On laisse le caustique environ vingt-cinq minutes. La cautérisation comprend la peau et les veines variqueuses; mais les téguments de la région postérieure restent intacts. L'eschare de la peau tombe le vingtième jour environ après l'opération, ainsi qu'une partie de celle for* mée par les parois veineuses.
A ce procédé il faut en ajouter deux plus modernes :
1° Le procédé des injections coagulantes. — Appliqué d'abord aux varices par les chirurgiens de Lyon Valette, Pétrequin et Desgranges,
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M. Maisonneuve l'appliqua le premier aux varicocèles (1). Avec l'aide de la seringue de Pravaz, on injecte 15 à 20 gouttes de percblorure à 32 degrés dans la veine, qu'il est quelquefois difficile de ponctionner convenablement : les moindres inconvénients de ce procédé sont la récidive des varices et la gangrène du scrotum.
2° La mortification des veines par l'exposition à Vair. — Primitive* ment, ce procédé était simplement la dénudation des veines et leur cautérisation. Mais plus tard l'auteur du procédé, Rigaud, Ta modifié» et il a simplement disséqué les veines et les a laissé exposées à l'air, celles-ci se sont escharifiées et la varicocèle a pu être ainsi guérie (2).
On a publié des observations de guérison à l'aide de tous ces procédés, mais il reste à examiner la question des récidives. On doit reconnaître qu'elles sont extrêmement fréquentes, et elles ont été observées à la suite de tous les procédés. Aussi, nous le répétons, ce n'est que dans le cas de nécessité absolue que l'on devra avoir recours à une opération ; car si les accidents sérieux sont rares, il n'en est pas moins vrai qu'ils peuvent se présenter et que l'on a vu des malades succomber à la suite d'une opération de varicocèle. Nous pensons qu'un cbirurgien prudent ne devra pas faire courir des chances, si minimes qu'elles soient, à un malade, pour le guérir d'une affection qui ne cause qu'un malaise que l'on peut considérablement amoindrir par un palliatif, pour une affection enfin qui probablement se reproduira après l'opération et tendrait à diminuer avec l'âge.
§ VI. — Tumeurs du cordon spermatique.
Revues par le Dr Armand Després.