PARA PHIMOSIS
gland, aussi Coster conseille -Uil de comprimer d'abord fortement le gland dans la paume de la main pendant cinq, dix ou quinze minutes, puis de ramener le prépuce en avant en pressant toujours. On achève la réduction comme cela est indiqué sur la figure.
Voici le procédé pratique auquel j'ai toujours eu recours avec succès : on enveloppe la verge avec un linge mouillé, puis on tient la verge ainsi enveloppée à pleine main et l'on comprime; le malade cherche à s'échapper et augmente ainsi les effets de la compression. Lorsque l'œdème est réduit, on sent la peau de la verge glisser sur le gland ; on comprime encore en attirant la verge, on sent alors un échappement ; on cesse de comprimer, on enlève le linge et on voit le prépuce revenu sur le gland. On achève la réduction en tirant avec les doigts sur la peau du prépuce.
Fie. 71.-- Réduction du paraphimo»it. — A, mtïn gauche; B, main droite.
Quand le parapfaitnosis ne cède pas à ces tentatives, on petil, lorsqu'il n'est accompagné d'aucun accident grave, obtenir la réduction à l'aide de la compression. On applique sur le gland, sur le prépuce, sur la verge, une bande étroite, en fil ou en caoutchouc médiocrement serrée, on renouvelle ce bandage aussi souvent que l'exige la résolution de l'infiltration ; il faut avoir soin de presser avec ses doigts les parties infiltrées chaque fois qu'un renouvelle le bandage, et de relever la verge sur le ventre : la réduction se fait d'elle-même en l'espace de quelques jours.
Lorsque l'étranglement ne peut être détruit, qu'il existe une inflammation vive avec gonflement du gland, on procède au débridement.
604 AFFECTIONS DES ORGANES GÉNITAUX DE L'flOMIE.
Le chirurgien renverse en arrière lé bourrelet préputial, reconnaît la surface mince, tendue, qui forme comme une corde circulaire autour du pénis: il introduit alors un bistouri sous cette bride et la divise; il renouvelle cette petite opération dans autant de points que semble l'exiger le degré de la constriction, puis il procède à la réduction, ainsi qu'il a été dit plus haut. Mais celle-ci est souvent incomplète, à cause de l'inflammation du prépuce.
Aussitôt après la réduction, les malades éprouvent un soulagement très prompt, bientôt tout rentre dans Tordre ; si cependant les accidents inflammatoires persistaient avec une certaine intensité, il serait indiqué de les combattre à l'aide des bains, des émollients et même des émissions sanguines, telles que sangsues au périnée et môme sur les aines.
C. Brièveté du frein. — Nous n'avons que peu de chose à dire de l'excessive brièveté du frein de la verge; dans l'immense majorité des cas, cette anomalie n'a aucun inconvénient. On voit quelquefois le frein, plus court et plus large qu'à l'état normal, s'étendre jusqu'au méat urinaire ; la verge est, dans ce dernier cas, comme bridée; elle ne peut entrer complètement en érection, et dans le coït le méat urinaire est dirigé en bas et en arrière. L'acte de la copulation est douloureux et provoque quelquefois la déchirure du frein. On remédie aux inconvénients attachés à ces vices de conformation en faisant la section du frein dans une étendue en rapport avec la difformité. On sectionne avec des ciseaux courbes.
D. Symphym. — Chez quelques sujets, le prépuce adhère au gland ; ces adhérences sont congénitales ou accidentelles, elles sont générales ou partielles ; les premières sont le plus souvent congénitales. Dionis conseille de les détruire en introduisant une petite feuille de myrlhe un peu tranchant entre le prépuce et le gland c en prenant garde de ne pas percer le prépuce, qui est mince et qui ne se réparerait pas aisément (1) i, au lieu de disséquer circulairement avec le bistouri. Cette opération est pénible et douloureuse; aussi vaut-il mieux, lorsqu'il n'y a pas de complication de phimosis, abandonner les parties à elles-mêmes. Quant aux adhérences partielles, elles devront être détruites à l'aide de l'incision ; on aura soin, en faisant le pansement, de séparer les deux surfaces sanglantes avec un linge enduit de cérat.
Chez quelques enfants le symphysis est constitué par un tissa analogue au tissu du cordon et il se déchire alors avec la plus grande facilité sans donner lieu à un écoulement de sang.
Quand les adhérences sont plus fortes, c'est-à-dire organisées, et s'il
(t) Dionis, Court d'opération, p. 266, *• édit. Paris, 1751.