III. — Nœuds et ganglions des corps caverneux
On désigne sous ce nom de petites tumeurs qui siègent dans l'épaisseur des corps caverneux ou à leur surface. Quelquefois solitaires, d'autres fois multiples et disposées en chapelet, elles se montrent sac tous les points de la longueur du pénis. Le plus souvent on les rencontre chez les individus d'un certain Age qui ont abusé du coït, de sorte qu'il est permis de supposer que souvent elles sont consécutives à un petit épanchement sanguin résultant de la rupture d'une des mailles du corps caverneux : les tumeurs superficielles seraient consécutives à l'éraillement de la tunique fibreuse de la verge. Quelques auteurs les rattachent à la diathèse goutteuse.
M. Dransart, qui a étudié ces tumeurs, en fait des scléroses du tissu spongieux de l'urèthre (1), il les croit le prélude d'abcès; mais je pense que les scléroses terminées par induration forment les nœuds des corps caverneux.
Ces tumeurs sont indolentes, dures à la pression, non mobiles sous la peau, et semblent faire corps avec le pénis; souvent elles restent stationnaires, quelquefois elles augmentent peu à peu de volume. Lorsqu'on les comprime, la verge étant en érection, on provoque quelquefois une douleur assez prononcée. Ces tumeurs déterminent une gène mécanique aux fonctions de la génération : en effet, le sang arrive dans toute retendue des corps caverneux, excepté vers le point où se trouve la tumeur ; la verge présente une courbure du côté où la tumeur existe. On comprend que la déformation de la verge sera en raison du nombre, du volume et de la position de ces nodosités. La configuration quelquefois bizarre rend le coït souvent très difficile, en outre l'éjaculation est imparfaite : souvent le sperme coule en bavant et quelquefois ne sort que quand la diminution de l'érection a diminué l'irrégularité du développement des corps caverneux
Est-il possible de faire disparaître de semblables tumeurs à l'aide des fondants et des résolutifs? On a enregistré quelques cas de guérison qui auraient été obtenus à l'aide des frictions mercurielles et des douches d'eaux minérales, et de Barèges surtout, au dire de La Peyronnie. Mais le moyen qui semble réellement efficace est d'enlever ces nodosités à l'aide d'une opération ; il faut se rappeler que celle-ci n'est pas sans dangers, qu'elle est souvent impraticable à cause du
(1) Dransart, Abcès urineux (Progrès mèdicsl, 1873).
TUME0B8 DO PÉMS. 617
Nombre des nodosités; aussi ne serait-elle réellement indiquée que \ds les cas d'impuissance ou de stérilité absolue.