‹ Eléments de pathologie chirurgicale (volume 5)Chapitre 98 sur 218 · IV. — Tumeurs wuculaires · texte numérisé non relu

IV. — Tumeurs wuculaires

„* tumeurs érectiles de la verge ne sont pas excessivement rares, ^es unes sont limitées aux téguments, les autres communiquent avec les corps caverneux ; les premières se présentent dans la région qui nous occupe avec les mêmes caractères que dans toutes les autres parties du corps; nous n'avons donc pas à nous y arrêter; les secondes empruntent à leur siège un caractère spécial de gravité.

Àlbinus a rapporté l'histoire d'un jeune homme qui, à la suite d'un traumatisme, eut la verge tordue au moment de l'érection ; il s'ensuivit une tumeur réductible et molle ressemblant à un abcès. Atbi- "nus pratiqua une incision qui ne donna que du sang. Une hémorrhagie . survint et entraîna la mort du malade en quelques jours (1).

J'ai observé une tumeur semblable grosse comme une noisette sur le corps caverneux du côté gauche. Elle était réductible et disparaissait, au dire du malade, pendant l'érection. J'ai conseillé au malade de ne rien faire : il avait vécu déjà sans être trop incommodé de sa tumeur pendant dix-huit ans, depuis l'âge de la puberté.

Y. — Hypertrophie. Fléphanttasis du pénis.

L'éléphantiasis du pénis existe assez souvent conjointement avec Téléphantiasis du scrotum, beaucoup plus rarement on le rencontre seul. Le plus souvent la maladie débute par le prépuce, pour de là s'étendre à tout l'organe et rester stationnaire avant d'envahir les bourses. Dans ces circonstances, le pénis acquiert des dimensions énormes. Wadd (2) a vu un nègre d'Afrique dont le pénis mesurait 14 pouces de long et 12 1/2 de circonférence. Chez un autre sujet, l'hypertrophie intéressait seulement la peau du pubis et le prépuce» à l'exclusion de celle des corps caverneux et du scrotum ; la verge était rétractée et les testicules atrophiés. Gibert a observé en 1834, à l'hôpital Saint-Louis, un adulte dont le pénis très tuméfié avait le volume de celui d'un mulet : la peau était rugueuse et hérissée de granulations, ainsi que le gland, d'ailleurs confondu avec le prépuce. Le sujet n'éprouvait aucune douleur, il urinait librement, avait des

(1) Voy. Boyer, Mal. chir„ t. X, p. 296, et Albinus, Ann. Acad., lib. 3, cap. V.

(2) Case* of diteased prépuce and êcrolum. London, 1817.

érections avec rigidité de la verge, mais sans accroissement de ses dimensions (1). Nous pourrions multiplier ces exemples, dont plusieurs ont été recueillis et décrits avec soin par M. H. Larrey (2); nous nous contenterons de rappeler le fait observé par Rigal de Gaillac (3), et dont Vidal (de Cassis) a donné le dessin.

Nous n'avons que peu de chose à dire sur la symptomatologie d'une semblable affection ; est-il besoin de rappeler que la tumeur gêne par son poids et par son volume? rarement les malades accusent de la douleur. Quant aux troubles fonctionnels, ils doivent être étudiés au point de vue de la miction et des fonctions de la génération. En général l'urine coule avec facilité par le prépuce, dont l'extrémité semble très étroite en raison du volume excessif de cet organe. A dams (4) dit que cette difformité se déclare avant l'Age de la puberté, qu'elle ne provoque jamais le besoin de rapprochement sexuel, et que, si elle survient à une époque plus avancée de la vie, elle détruit peu à peu les facultés génitales. Ces assertions ont été confirmées par les observations de Lawrence (5), sur un malade qu'il a vu à l'hôpital Saint- Barthélémy. Non seulement, dit ce dernier chirurgien, l'évolution des parties génitales s'était arrêtée lorsque la maladie avait para, mais ensuite ces organes avaient subi de la diminution et de la décroissance. Le scrotum ridé semblait vide ; les testicules, à peine perceptibles, étaient mous et avaient tout au plus la grosseur de petites fèves.

Le changement de climat parait avoir une certaine influence sur la marche de la maladie : cette proposition s'appuierait sur un fait de M. H. Larrey, qui vit un officier de l'armée d'Afrique portant un éléphantiasis du prépuce, et sur lequel la maladie resta stationnaire tant que le sujet resta en France.

11 faut de toute nécessité recourir à une opération. Si la tuméfaction est bornée au prépuce, on pratiquera l'opération du phimosis par excision. Si tout le fourreau de la verge était malade et attiré vers le scrotum, lui-même affecté, on pourrait imiter la conduite de Delpech. Chez son malade la tumeur comprenait le scrotum et la peau du pénis. Bien qu'on ne vit aucune apparence de membre viril, et qu'un enfoncement profond par où sortait l'urine indiquât seul le prépuce et le méat urinaire, le chirurgien conçut l'espoir de conserver les corps caverneux, parce que le malade éprouvait par inter-

(1) Gilbert, Traité des maladies de la peau, 2* édit. Paris, 1840.

(2) Larrey, Mém. de la Soc. de chirurgie, t. ÏV, p. 602.

(3) Vidal de Cassis, Traité de pathologie externe, t. V, p. 267, 4* édit Paris, 1855. — Consultez aussi E. Godard, Egypte et Palestine. Paris, 1867.

(4) Observations on rnorbid poisons. London, 1807. (5N Medico-chirurgical transactions, t. VI, 1855.

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