‹ Eléments de pathologie chirurgicaleChapitre 15 sur 102 · DU MAL YSRTÉBQÂL D£ POTT · texte numérisé non relu

DU MAL YSRTÉBQÂL D£ POTT

hnte en arrière, et la gibbûsité se trouve ainsi produite presque instan* Unément, C'est comme cela qu'il faut expliquer ces gibbosités qui se sont montrées subitement chez quelques malades à la suite d'vin effort. Les parois étant ainsi rapprochées, la matière tuberculeuse se trouve en partie expulsée ; le kyste tuberculeux s'hypertropbie, comble les vides qui pourraient encore exister dans le foyer^ et subit la transforiiiation fibreuse ; les fragments osseux du corps de la vertèbre qui ont échappé à la destruction se consolident (lans leurs nouveaux rapports, se soudent avec les masses apophysaires ; celles-ci se rapprochent, se soudent également entre elles^ et la guérison est complète : l'abcès lui* mtfme peut disparaître par résorption. Lorsqu'on a l'occasion d'examiner les vertèbres plusieurs années après la production de la gibbosité^ OQ trouve sur ces os des solutions de continuité irrégulières, anguleuses^ qui ne permettent pas de méconnaître uue fracture ancienne et consolidée, au niveau de laquelle il n'est pas rare de trouver un cal extérieur et un cal intérieur. Le cal intérieur est osseux ou fibro-carti* lagineux ; parfois il contient au centre une matière calcaire enkystée ; l'extérieur est constitué par des jetées osseuses ou par des ligaments jDcrustés. J'ai fait représenter dans ma thèse le corps d'une vertèbre qui présente une de ces fractures. D'après la forme qu'a prise le corps de l'os, on ne saurait douter que l'excavation tuberculeuse ait occupé la partie antérieure du corps de la vertèbre, que celui-ci se soit affaissé en avant, tandis que sa partie postérieure, réduite h une lame mince^ s'est fracturée presque transversalement. Les faces supérieure et inférieure du corps de Tos représentent deux plans obliques, convergeant en avant^ où ils se réunissent, de sorte qu'une coupe verticale faite dans le sens antéro-postérieur représenterait un triangle dont le sommet serait dirigé en avant et la base en arrière. On pouvait s'assurer que ce n'était piis par suite d'une usure que le corps de cette vertèbre avait pris cette forme, car ces deux faces supérieure et inférieure étaient intactes; on y trouvait la rondelle épiphysaire. La vertèbre placée audessus conlenciit dans son centre un tubercule enkysté. SuivantM. Bonnet, le concours d'une cause physique serait en outre nécessaire pour que la uibbosité pût se produire par ce mécanisme. Les expériences faites sui le cadavre par cet habile chirurgien prouvent, eu effet, qu'après la dcïtruction du corps d'une vertèbre, il faut encore exercer une pression assez forte suivant l'axe du rachis, pour surmonter la résistance qu'op posent les liens fibreux articulaires qui unissent entre eux les arcs postérieurs des vertèbres. A l'appui de cette proposition, je rappellerai le ca^ d'un jeune garçon que j'ai vu en 1 8^1 3 dans le service de M. A. Bérard ; chez ce jeune homme, la gihbosité avait été produite instantanément au moment où il montait un escalier, portant à ciiaque main un broc très-lourd et plein de vin.

i2ft AFFECTIONS DES OS.

Ce mode de production de gibbosité est le plus simple, mais il n*eA pas^ je pense^ le plus commun ; il es! plus ordinaire de voiries parob de la cavité céder^ en vertu de leur flexibilité^ à la pression qu'elles supportent dans les diverses positions que prend habituellement le malade» sans se fracturer^ et dès lors la gibbosité peut ne pas se montrer aoni brusquement, bien que dans un temps assez court.

Il est facile de comprendre que ces productions osseuses de nouvelle formation^ qui s'étendent d'une vertèbre à la vertèbre voisine, doivent s'opposer à raffaissement de la caverne tuberculeuse ; par conséquent, au lieu de les considérer comme favorables à la guérison^ ainsi que le croyait Delpech, nous croyons qu'elles doivent y mettre obstacle.

La destruction du tissu osseux, au lieu de s'arrêter, peut^ au contraivei continuer ses progrès, soit qu'il se forme de nouveaux foyers qui Tiennent s'ouvrir dans l'enceinte du foyer primitif, soit que celui-ci s'agran* disse de jour en jour, par le travail d'absorption qui a présidé à son développement. La destruction du tissu est quelquefois alors très-étendue ; plusieurs corps de vertèbres peuvent disparaître en totalité, sans que l'on trouve aucun fragment séparé^ aucun résidu pour ainsi dire des vertèbres détruites. J'ai vu sur un enfant la destruction complète des quatre dernières vertèbres cervicales et de la première dorsale ; la colonne cervicale s'était fléchie en avant^ de manière à former un an^ droit avec la portion dorsale ; le corps de la troisième vertèbre du coa appuyait par sa face antérieure sur la face supérieure du corps de la seconde vertèbre dorsale. J'ai rencontré plusieurs fois cette disposition, que l'on explique facilement en considérant que la partie postérieore des deux vertèbres qui limitent la perte de substance étant tenueà dit» tance par les masses apophysaires^ la vertèbre supérieure doit exécuter un mouvement de bascule, en tournant autour d'un axe Actif qui pasa^ rait par ses deux trous de conjugaison; en vertu de ce mouvement, sa partie antérieure se tourne directement en bas^ tandis que sa face inté^ rieure regarde en arrière. Il résulte en outre de ce mouvement que la portion du ligament antérieur qui correspondait aux vertèbres détruites se trouve entraînée, par suite de son union avec la vertèbre supérieure, dans rinter\'alle des deux corps vertébraux, entre lesquels il fait rolBee d'un fibro-cartilage en s'adossant à lui-mt^me. On trouve un exemple remarquable de cette destruction des vertèbres dans la dixième obser* vation de M. Nichet. Huit eorps vertébraux ont totalement disparu ; la dixième et la onzième vertèbre dorsale, qui forment les limites supé» rieure et inréricure de cette perte de substance, sont unies par une membrane flbreuse épaisse.

A rocc^ision de cette observation, M. Nichet se demande comment a procédé la lésion organique pour faire disparaître une aussi vaste étendue de la tige vertébrale ; il admet comme Delpech l'évidement et

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