‹ Eléments de pathologie chirurgicaleChapitre 16 sur 102 · BU MAL VERTÉBRAL DE POTT · texte numérisé non relu

BU MAL VERTÉBRAL DE POTT

J'écrasenieni du corps de l*os^ et de plus il y ajoute Tusure du tissu osseux. Tous les auteurs qui depuis Galien ont parlé des tubercules vertébraax ont répété comme à Tenvi que les tubercules placés au-devant des lertèbres les usent d'avant en arrière^ sans qu'il soit possible d'attacher on sens précis à ce qu'ils entendent par cette usure ; quelquefois on trouve une dépression au-devant du corps d'une vertèbre^ dans le point qui correspond à un dépôt tuberculeux ; mais cette perte de substance n'est pas plus une usure que la dépression qui correspond sur un os au passage d'une artère. M. Nichet s'explique d'une manière plus précise^ qui donne par cela même plus de prise à la critique. 11 suppose qu'un cartilage intervertébral ayant été détruit par un tubercule développé dans son intérieur, les deux corps vertébraux qui se trouvent mis en contact i*asent et se détruisent par un frottement réciproque : « puis vient le tour des cartilages et des vertèbres qui suivent. » A cette théorie on peut faire l'objection suivante. Si nous admettons que cette destruction s'opère par un procédé purement mécanique, nous devons admettre celui-ci avec toutes ses conséquences : or^ il est impossible que des vertèbres qui s'usent par un frottement réciproque ne produisent pas de débris, de résidu osseux ; eh bien, l'observation nous apprend que ce n'est jamais dans le cas qui nous occupe que l'on trouve cette poussière osseuse, indice d'une destruction par usure. Dans le cas cité par M. Nichet, huit corps de vertèbres ont entièrement disparu^ et l'on ne trouve, après une aussi vaste destruction, qu'une cuillerée de matière molle, kOf/reuse, tuberculeuse en un mot, sans aucune parcelle osseuse. Si l'absorption des liquides ou des matières susceptibles de se ramollir, de passer à l'état fluide, s^observc tous les jours, je ne pense pas que TuD soit tenté d'admettre qu'une poussière inorganique insoluble puisse être reprise par les voies de l'absorption, comme on serait forcé de Padmettre d'après les partisans de la théorie que je combats.

Je ne dirai pas qu'il répugne d'admettre que des tissus vivants dans lesquels s'accomplit une circulation active puissent être usés, détruits par un frottement, sans qu'il se manifeste aucun travail morbide, aucune réaction dans ce tissu : cependant, il faut en convenir, ce fait sortirait de la loi commune qui régit les phénomènes pathologiques. Quant à nous, nous pensons que, pour expliquer cette destruction, il n'est pas nécessaire de faire intervenir une autre cause que l'absorption, à laquelle doivent être bien certainement attribuées les cavités qui se creusent au centre du tissu osseux. L'étendue des parties détruites fait seule la dilTérence. Une cavité se forme dans une vertèbre, elle se propage dans tous les sens, elle rencontre un flbro-cartilage, elle le détruit, parvient jusqu'à une seconde vertèbre et la fait également disparaître, et ainsi de proche en proche. La matière tuberculeuse est en partie expulsée, en partie résorbée; les extrémités opposées de l'excavation se rapprochent^

\n AFKD.TIoXS 1»ES llS.

et 11' vide so trouve ainsi roiublé. On conçoit dès lors eonunent la gil>bosilê, après s'être produite plus ou moins rapidement, peut s'acerôltre de jour en jour p;ir suite d'une absorption progressive.

B. lufiltrntwn tuhvrculcute, ^- Dans ce dernier cas, il en est tout autrenieiil, trois eauses essentiellement différentes concourent h l'ineunation de la colonne vertébrale: la destruction des fibro-cartilagei intirverf*'hrnux, ru$ure des corps des rertèbres, et la sé/mratwn défragmenté osseux w'rrosf'S,

1" Ikfitntction des phm-cnrti loges. Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit précédemment, page 100, de la destruction des (ibrocartilages : nous ferons seulement remarquer que la destruction d'un certain nond)re de ces disques fibreux est nécessaire pour modifier la forme de 1 épine d'une nianière notable, et que cette altération, >e rencontrant sinmitanément sur plusieurs points, doit tendre à faire prendre au racliis une courbure arrondie et non angulaire comme dans le premier cas : ajoutons que Tincun'ation qui dépend seulement de cette cause est toujiturs peu prononcée.

2* l'surv /As verfèlnrs, Pès qu'un ou plu'^ieurs cartilages se trouvent détruits, la colonne VvTtébraie se courbe en avant : les corps des vertèbres se mettent en contact par leurs faces correspondantes, et c'est alon que si le sujet >e livre à de^ mouvements étendus, s'il continue à mai^ cber, on observe une véiilable nsi:!e, usullat du frottement. Comme la partie postérieure ilu ei)rps des vertèbres se trouve fixée par les ap<^ plnse^ articulaires, comme le poids iKs viseèris tend à infléchir II entonne en avant. fVst surtout la parfu* anli'rituu'L' de chaque vertèbre qui i'prou\e le frottement rt ru>ure. On \oit alors chaque portion de cylindre se tailler t'U forme de coin, tionl la basi* i^t tournée en arriè et \v sonnnet en a\ant. La gibbosité se prononce abtrs d'une manié lente et gr.uluellc. Nous admettons donc pour l'intiltration tuberculeuse celte usure mécanique (|ue nous avnns njetre pri-ctiiemment, attendu que l'absorption siule ne suffirait |us à i'X{*Ii(]Ui'L' le^ phénomènes qui 5** pa>sent sou:» nos yeux. Il faut rt m irqu»"r, en i-llVî. que. dans cette varii'lé. les eirconstanee> >ont trés-dith-ieiiti s. Nnus admettons l'usure du ti-su os>eux necros*', et non eellr du îi->u osmun vivant; nous simiiitcs en itutii- aUtori>e à l'aduKltii- : l \.i? L forme de coin que pnnd onlinairenu'nt U- ci^rps des veit^lirc? qui s'usi ni; 2' par la prê- «i-iuc il'un ié>idu de pi>u>Mèie o>>eu^e que r«in trouve constamment a\\>v< i\.{\\> le !o\.r ou il.in> la sanii- puiaii iiî» *\\\\ s'en rct^ule.

S .N-"^.?-.i;/. j (/»•> ;V.r.;'*- j :<,/..< r- r. '•'••:* ■■••..• 5"' 5. Aux «lenx causcs Je di fiirinalio:i de IVpiiu- que iîou> \eiious trrX|H)>L-: d ^*en adjoint bientôt une troiMèiiu- : e r>î la M'par.ituai de> Iiv^nitiils nl■^l•o^es, quel* que foi s de la preM]ae tiiUlite d un corps de xiTîcbri'. C<*s ^4!'quest^es touibi*ut JdUd le foyer, au nniiiu duquel ii> re^lent libres et dans lequel

DU MAL VBtlTÉBRAL DE POTT. 127

ils entretiennent par leur présence une suppuration abondante. 11 eftt facile de comprendre qu'après cette élimination les parties supérieure et inférieure de la colonne doivent se rapprocher^ s'incliner Tune 5ur l'autre, et qu'une gibbosité doit en être la conséquence.

Plusieurs des altérations que nous venons de décrire peuvent se rencontrer sur la môme colonne vertébrale ; les diverses causes de déformation de Tépiue que nous vetldiis db faire conhditl*e doivent alors agir simultanément et concourir ail tnéme résultat.

Il est digne de remarque que, malgré Pexistehcë d^Hnb courbure anguleuse des plus prononcées^ le canal vertébral conserve ordinairement ses dimensions normales; quelquefois même il est élargi au ni-< veau de la gibbosité^ ainsi qii'on peut le voir stir les pièces n*" 262 I et & du musée Dupuytren. Cette disposition^ qui d'abord pourrait paraître diificile à comt)rèhdre^ trôtitè tthé explication toute naturelle dans ce fait, à savoir, qUe^ dans ces gibbosités^ les tissus qui correspondent à la boncavitc de la bourbure sôrit détruits et non refoulés vers le centre de la cavité, comme (cbla arrive lorsqu'on plie une tige creusé qui s'aplatit. C'est cette destruction des tissus qui établit une différence entre les incui vations tuberculeuses et celles qd sont le résultat d'une fracture des vertèbres. Dans ce dernier cas, en effet, les fragtnents de la vertèbre écrasée sont souvent repoussés ters le canal vertébral, de manière à produire une compression de la moelle épinière et une paralysie incurable. Cette destruction du tissu osseux nous explique encore comment les nerfs qui sortent par les trous de conjugaison échappent ordinairement à la compression malgré lespèce de tassement éprouvé par la colonne. En effet,, voici ce qui se passe : les pédicules et les corps des vertèbres sont détruits de sorte que, trois, quatre trous do conjugaison se trouvent réunis en un seul par lequel sort le faisceau formé par trois ou quatre paires de Derfs.

Indépendamment de ces déformations, dont nous venons d'expliquer le mécanisme, et qui se produisent au niveau des vertèbres qui présentent une altération dans leur tissu, on en observe d'autres, que nous con- Qaltrons plus tard, sous le nom de courbures de compensation^ et qui se manifestent à une certaine distance de la gibbosité (fig. 23 et 24). Ces courbures secondaires sont dues à la position instinctive que prend le malade pour éviter la douleur et pour ramener le centre de gravité du corps wrs sa base de sustentation; elles sont donc disposées en sens inverse de la courbure pathologique. Supposons, par exemple, une courbure mgulcuse de la région dorsale avec saillie en arrière des apophyses épineuses, les régions cervicale et lombaire s'incurvent de manière à présenter à leur partie postérieure une concavité plus profonde.

Lorsque les vertèbres détruites appartiennent à la région dorsale.

APrROTKMH MS M.

U) thorax perd de «a hauteur par ftuit<< du mpprnohi-niCiil. rie reHptW de tassement quV'prouvetit lus extréiiiiuis posttSricures des o6(i?» qui s'artieulnivnl avec cts vertèbres. Ces arcs osseux sont en outre déformés,

apUi» dan» le milieu dv leur courbure, de ïorte que la puîlrutc est dc- |Hiiiii<4^' bleralemenl, et que le sternum se trouve porté en avant. Une autre cause tend encore â produire le même etTet : c'est le redressement des cdte». que l'un observe turloul quand la gîbbosilé occupe la {urtie

Page 1