FRACTURES DES OS DE LA MAIN
Les fractures du carpe ont été souvent méconnues pendant la vie^ à cause de leur extrême rareté et de la petitesse des fragments.
Lorsqu'elles portent sur le scaphoîde, ainsi que MM. J. Gloquet et Jarjavay l'ont constaté à Fautopsie, il faut se garder d'attribuer la crépitation à une fracture de l'extrémité inférieure du radius.
Le traitement consiste à immobiliser la région et à combattre ensuite la roideur par quelques mouvements imprimés de temps à autre.
Les fractures des métacarpiens sont elles-mêmes assez rares, parce que ces os supportent ordinairement en commun la violence qui tendrait à les rompre ; c'est pour la même raison que l'on voit souvent plusieurs de ces os brisés simultanément. Ces fractures sont transversales ou obliques, uniques^ doubles ou multiples. Le cinquième métacarpien est celui dont on observe le plus souvent la fracture isolée.
Les fragments éprouvent peu ou point de déplacement. Asti. Gooper dit que si la tête d'un os métacarpien est séparée de son corps^ cette extrémité s'affaisse vers la paume de la main et simule une luxation du doigt. Cependant ce déplacement faisait complètement défaut dans deux cas de fractures situées, l'une près de l'extrémité du premier, l'autre près de l'extrémité du troisième métacarpien, observés par H. Péan^ à Cochin et à Lariboisièrc; il en était de même sur un malade atteint de fracture double du premier métacarpien, et chez lequel pourtant le fragment moyen était placé très-près de l'articulation métacarpophalangienne.
On trouve dans le musée des hôpitaux de Paris un second métacarpien fracturé dans sa partie moyenne. L'os avait subi un raccourcisse- ^euX peu considérable et le fragment supérieur faisait saillie du côté ^^ la main.
A moins qu'il n'existe un engorgement considérable, suite ordinaire *'*une violente contusion, il est ordinairement facile de reconnaître ces fractures, en explorant successivement chacun des os métacarpiens.
S'il existait un déplacement notable^ la première indication serait de
^^placer les fragments dans leurs rapports normaux^ à Taide de pres-
^'^^ns bien dirigées. Les manœuvres de réduction pourront surtout être
^^îles dans les fractures des cinquième et premier métacarpiens^ qui
^nt plus isolés que les trois autres^ et sur lesquels par conséquent on
^ plus de prise ; mais le plus souvent il suffît de condamner toute la
"^Hîn à l'immobilité, sans se préoccuper d'un léger raccourcissement
^Ui ne peut nuire aux fonctions du doigt correspondant : une bande
^^idonnée ou enduite de dextrine remplit parfaitement cette indica-
^'^n. Néanmoins dans la fracture de la tête des métacarpiens, on pourra^
^^ivant le conseil de A. Cooper^ placer dans la paume de la main une
^ule assez volumineuse, afin d'opérer la réduction et l'y maintenir à
^'aide d'un bandage approprié.
Lorsque la fracture est simple et sans déplacement^ la consolidaiior s'obtient facilement, les autres os servant d'attelles ; elle est assez rapide vingt-cinq ou trente jours suffisent d'ordinaire.
Fraefares dtm phaimnpes. — Ces fractures sont toujours le résulta d'une cause directe. Le déplacement^ quand il existe^ est facile à constater. Dans ce cas on réduit sans difficulté, on entoure ensuite avec une bande roulée le doigt fracturé et les deux doigts voisins, qui servent ainsi d'attelles et s'opposent aux déplacements latéraux ; on pourrait en outre appliquer deux petites plaques de carton sur les face: dorsale et palmaire du doigt^ s'il y avait une tendance marquée au déplacement.
Lorsque les os du carpe ou du métacarpe sont broyés, de telle sorti que la fracture n'est en quelque sorte qu'un épiphénomène au miliei] du délabrement^ la question d'amputation se présente comme dans les fractures compliquées.
Lorsque les doigts sont écrasés, qu'il existe en même temps onc plaie contuse des parties molles et que les articulations des phalanges sont ouvertes, quelques chirurgiens sont d'avis qu'il faut pratiquei l'amputation du doigt au-dessus du point où est située la blessure; d'autres, tels que Blandin, M. Denonvilliers, etc., préfèrent attendre, et laisser tomber spontanément les parties dans lesquelles la vie n'a pu s'entretenir. Cette conduite a pour avantage : l"" d'éviter les douleun d'une amputation ; 2** de conserver une partie du doigt que l'on sérail obligé de sacrifier on amputant au-dessus du mal ; 3*^ enfin l'expérience a appris qu'il n'est pas très-rare de voir se développer les accidents les plus graves après des amputations pratiquées dans ces circonstances, la mort môme en être la suite, cl que ces accidents sont plus rares lorsque l'on abandonne Télimination des parties mortes aux seules forces de la nature. Quelquefois alors, contre toute espérance, on voit des parties que Ton croyait vouées à une mort certaine continuera vivre, les lambeaux se régulariser, s'agglutiner entre eux, recouvrir les os, et enfin les désordres être presque complètement réparés.