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DE LA FRAGIUTÉ DES OS

chimique et microscopique démontre que la quantité de phosphate calcaire reste la roéme^ et il n'est pas nécessaire d'invoquer, comme quelques auteurs Tont Tait^ mais à tort, une' augmentation proportionnelle de la matière inorganique, ou même une augmentation de la matière huileuse, ou enfin une dissolution gélatineuse de la moelle.

La fragilité des os peut envahir tout le squelette, mais elle atteint parfois certains os à un plus haut degré que les autres et quelquefois d'une manière symétrique.

Symptômes. — La maladie s'annonce quelquefois par des douleurs osseuses et par un certain degré de faiblesse ; mais il n'est pas rare de rencontrer des personnes jeunes et surtout des vieillards chez lesquels aucun symptôme n'avait appelé l'attention du chirurgien, jusqu'au mo« ment où se produisent une ou plusieurs fractures. Dans un certain nombre d'exemples, une contraction musculaire^ même peu énergique, suflSt pour déterminer une solution dans la continuité d'une diaphyae ou d'une épiphyse.

La marche de cette affection est essentiellement chronique, et l'état pathologique qui la constitue a peu de tendance à disparaître. Tant qu'elle persiste^ elle expose les malades à des fractures et aux déformations qui en sont la conséquence. Ces fractures se produisent quelquefois à des distances assez rapprochées et sous l'influence des causes occasionnelles les plus légères.

Quoi qu'il en soit^ la présence de ces diverses lésions occasionne quelquefois peu de troubles dans la santé ; c'est ce qui a lieu lorsque les désordres sont peu nombreux, peu prononcés et surviennent chez des sujets encore jeunes ; mais chez les vieillards, elles amènent souvent des troubles plus ou moins graves du côté des voies digestives et respiratoires, et les laissent exposés à tous les inconvénients qu'entraîne le séjour au lit trop prolongé.

ÉnoLOGiB. — Nous ne possédons presque rien sur cette affection, et c'est sans doute cette pauvreté qui a conduit les auteurs à la confondre dans une description commune avec le rachitisme et l'ostéomalacie.

Age. — Plus fréquente chez les adultes et les vieillards. La plupart des fractures multiples observées au moment de la naissance se rapportent plutôt au rachitisme ou à un arrêt de développement qu'à une fragilité spéciale du squelette.

Sexe.— Tous les chirurgiens sont d'accord pour reconnaître que cette fragilité est plus marquée chez la femme. Cette différence s'observe surtout après la grossesse et chez les personnes qui ont atteint un âge avancé.

Parmi les causes pathologiques, on a encore invoqué le cancer, le scorbut, la syphilis, etc., qui déterminent dans le tissu osseux des

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altérations trop différentes de celles que produit la maladie qui nous occupe pour que nous prenions soin de les discuter. Quant aux théories qui ont été émises pour expliquer la cause prochaine de la maladie, nous les rejetons toutes sans distinction, car elles sont impuissantes à lever le voile qui couvre encore aujourdliui la nature de cette singulière affection.

Diagnostic. — La fragilité idiopathique reste ordinairement mécomiue tant qu'il n*y a pas de fractures. Mais la fréquence des fractures qui surviennent chez les sujets dont le squelette est atteint deramolUssemeol explique pourquoi beaucoup d'auteurs ont confondu, dans une même description, ces deux ordces d'altérations; Tostéomalacie donne lieu à des douleurs plus vives dans les os, à des troubles généraux plus graves^ à des courbures qui, souvent, se produisent bien avant les inotures; moins longtemps avant, à une raréfaction considérable el souvent prématurée du tissu osseux et à Thypergenèse d'éléments nouveaux dans la substance médullaire. La fragilité simple exclut to contraire la mollesse, ne produit d'autres déformations que celles qui accompagnent nécessairement les fractures vicieusement coosolidéosi et n'entraîne pas de changements très-accusés dans les propoitioM des éléments constituants du tissu osseux.

Quant aux autres affections qui pourraient être confondues avec cette affection, nous n'ajouterons rien à ce qui a été dit au chapitre de Tostéomalacie.

Traitement. — Nous ne nous arrêterons pas à donner la liste des nombreux moyens pharmaceutiques qui ont été vantés contre cette affection. Disons seulement que les malades qui en sont atteints seront soumis à un traitement tonique approprié^ et placés dans les meil* leures conditions hygiéniques, lis devront éviter soigneusement les mouvements violents et prendre les soins nécessaires pour éviter les fractures, et le chirurgien devra surtout ne négliger aucun des moyens qui peuvent mettre les malades à l'abri de consolidations vicieuses, qui sont, nous le répétons^ les seules causes des déformations causées par la fragilité des os.

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