DBS CORPS MOBILES OU FLOTTANTS DES ARTICULATIONS
de cette exirôme mobilité, il se porte dans les cavités, et remplit les vides que les os forment inévitablement en se déplaçant les uns sur les autres : aussi les malades, habitués à le faire saillir^ le trouvent-ils sou* vent beaucoup mieux que le chirurgien. Au genou, son siège le plus ordinaire est à la partie interne de l'articulation, et mieux encore à la partie postérieure : aussi faut-il le chercher dans ces deux régions, et, pour le mieux reconnaître, l'attirer sur un plaq résistant, la face interne et presque plane du condyle interne du fémur, par exemple. Pour y parvenir, on agite les os et Ton presse en tous sens les parties molles extérieures.
Enfin, il sera utile de se souvenir que, suivant la remarque de Foucher, les corps étrangers sont mobiles dans la flexion et immobiles dans l'extension*
Nous rappellerons ici qu'il ne faut pas confondre avec un corps étranger ces indurations du tissu cellulaire sous-synovial dont nous avons parlé en traitant Thydarthrose; ces indurations se rencontrent toujours au même point de Tarticulation, tandis que les corps mo* biles se montrent à des points souvent très-éloignés les uns des autres.
Pour compléter le diagnostic, disons que la multiplicité des corps nu>biles peut être reconnue par l'irrégularité du volume de ceux que l'on rencontrée Texploration. Leur consistance, ni leur volume ne peu* vent servir pour juger de leur nature ; seulement ceux qui sont la oon<> séquence de l'arthrite sèche sont beaucoup plus durs que les autres^ et, d'ailleurs, les craquements articulaires viendront en aide au diagnostic. — Pour ce qui regarde les corps étrangers venus du dehors, les commémoratifs, la présence d'une cicatrice, renseigneront le chirurgien.
Pronostic. — Cette affection en elle-même n'est point grave; on n'a jamais vu ces corps mobiles déterminer des maladies articulaires bien sérieuses.
Mais si l'on considère que quelques malades, obligés par leur profession de marchler, ne peuvent le faire sans ressentir de vives douleurs, ce qui les force à recourir à une opération toujours assez grave, on sera porté à regarder cette affection comme très-sérieuse et compromettant la vie. Quant à la résorption de ces corps, il ne faut pas y compter, car des coagulums sanguins peuvent certainement disparaître après un certain temps, mais jamais un tissu organisé sur le type des tissus normaux définitifs, et susceptible d'entretenir sa nutrition par imbibition.
Traitement. — La première idée qui se présente au chirurgien lors* qu'un malade affecté d'un corps flottant d'une articulation vient le consulter, c'est d'enlever ce corps. C'est aussi ce qui fut fait par les premiers observateurs qui reconnurent la maladie, Ambr. Paré,
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Simson, elc.^ jusqu'à ce que l'expérience démontrât que celte opération était loin d'être sans danger. On ne savait pas à cette époque tons les accidents qu'entraînent les plaies pénétrantes des articnlatioiis; c'était donc le hasard qui avait fût réussir les premières opéniikm faites sans aucune précaution : aussi les insuccès se multiplièrent iMentAt à ce point, que B. Bell^ efirayé des résultats malheureux de cette opération, en vint à professer qu'il préférait l'amputation de la cuisse k l'extraction des corps mobiles du genou.
Bien qu'il ne soit pas rationnel de comparer, pour les suites k une amputation de cuisse^ l'extraction des corps mobiles même fûte à ciel ouvert^ toutefois on comprend facilement que nombre de chirurgiens aient cru devoir reculer devant les dangers de cette opération, et clier^ cher, soit à la modifier, soit même à la remplacer complètement par d'autres expédients.
Dans le but d'empêcher l'entrée de l'air dans l'articulation et d'éviter ainsi les accidents de l'arthrite, Desault et Bromfield imaginèrent de déplacer la peau avant de l'inciser^ de détruire le parallélisme entre la plaie cutanée et celle de la capsule ; en un mot, de n'arriver au corps mobile que par une incision oblique. Mais, malgré tqute précaatîoii, l'air pénétrait jusqu'à l'articulation ouverte, et, pour faire apprécier les dangers courus alors par le malade, il nous snflBra de rapporter avec M. H. Larrey (1) que, sur 185 opérations faites, soit par l'incision directe, soit par l'incision oblique, 80 cas de morts se sont produits.
A leur tourMiddletonet Gooch proposèrent une méthode toute difTérento. Il s'agissait de fixer le corps mobile dans un point de l'articulatioa et de l'y maintenir assez de temps pour qu'il pût y contracter des adhérences. Boyer et Hey se servirent pour cela, l'un d'une genouillère, l'autre d'un bas lacé. Boyer dit même avoir réussi deux fois, et, suivant le rapport de Samuel Cooper, Middieton et Gooch paraissent avoir obtenu chacun un succès. Mais comme les malades dont il est question n'ont pas été revus longtemps après le traitement^ et que les accidents que produisent les corps mobiles ne se montrent souvent qu'à de longs intervalles, il est permis de douter de la guérison définitive.
D'autres chirurgiens pensèrent assurer cette guérison en cherchant, par d'autres moyens, à fixer le corps mobile, et à déterminer autour de lui la formation d'adhérences. Ainsi, Wolfi* saisissait le corps malade «;t les tissus qui le recouvraient à l'aide d'une forte serre-fine; Jobcit implantait des aiguilles autour de lui et jusque dans son épaisseur; Blandin le traversait, ainsi que les parties molles et la synoviale, ao moyen d'une aiguille qu'il fixait par un point de suture entortillée; enfin, Dufresne-Ghassaigne proposait do scarifier la synoviale au niveau
(i) BuUeHn de la Sociélé de chirurgie, 1861.