DKS COUPS MOBILES OU FLOTTANTS DBS ARTICULATIONS
sent des altérations rétrogrades qui modifient leur texture primitive.
Quanta Tinfluence de l'irritation locale sur la production des corps étrangers, elle n*est pas encore très-bien démontrée. En eflfet, M. Morel- Lavallée a vu une balle rester pendant vingt-huit ans dans Tarticulation du genou sans se couvrir de cartilage et sans donner lieu à aucun symptôme. Cependant Schaw {Transact. of the London Path, Soc,, 1855), trouva au centre d'un corps libre articulaire, ayant aussi son siège dans le genou^ une pointe d'aiguille cassée qui paraissait bien avoir été la cause de la formation d'un corps solitaire.
Symptomatologie. — Les symptômes à Taide desquels on reconnaît cette affection sont rarement très-obscurs, ainsi que le fait observer Boyer. Gomme elle survient tantôt à la suite d'un coup, d'une chute sur l'articulation, tantôt à la suite d'une inflammation de la synoviale, ii faut toujours avoir soin d'interroger les antécédents qui pourront mettre sur la voie. Souvent le malade a complètement oublié ces circonstances^ car les corps mobiles ne manifestent point leur présence immédiatement après l'accident.
Mais tout à coup, sans cause connue^ le malade éprouve une vive douleur dans la jointure; et si c'est au membre inférieur, ne pouvant plus se soutenir, il tombe ; quelquefois même la douleur est si vive, qu'il s'évanouit.
Dans des cas semblables, le membre est quelquefois maintenu dans une position fixe comme par un obstacle mécanique, jusqu'à ce qu'une violence extérieure, une manœuvre appropriée vienne rétablir la possibilité des mouvements.
Tel est le premier symptôme par lequel un corps étranger trahit ordinairement sa présence, et qui engage le malade à consulter un chirurgien. Toutefois il n'en est pas toujours ainsi. Les malades sentent seulement rouler dans l'article quelque chose d'insolite qui attire leur attention.
Presque toujours dans ces cas il existe une légère irritation de la synoviale, qui alors sécrète un petit excès de liquide, ce qui gonfle etdéforme on peu la jointure. Mais souvent aussi la séreuse est intacte, et il n'existe pas la moindre tuméfaction; de sorte que, les malades examinant leur membre, ils n'y trouvent rien d'anormal, le corps mobile se dérobant souvent à leur recherche. Chez quelques malades, les accidents produits par la présence de ces corps sont très-peu marqués et reviennent à de longs intervalles, tandis que, chez d'autres, ils finissent par causer des souffrances vives, presque continuelles, qui les décident à s'en faire délivrer.
A quoi est due cette douleur si vive, si subite, si inattendue?
On a pensé qu'elle dépendait de l'interposition du corps entre les surfaces articulaires. Mais avant que d'adopter une pareille opinion.
796 AfRcnoin un AincoLATioirB.
a-Uon bien réfléchi, dit H. Ricbet {Os. d^i eiiée), k la mnièra dnl sont articulés les os t Au genou, par exemple» y a44l poiribililé qvte corps glissant, poli, de la grosseur et de la forme d'une amande on d'taw ièye, comme ceux que Ton y a observés, puisse s'interposer entra deux surfiices glissantes et polies elles-mêmes, qui se touchent dlmie na* nière si intime, qu'il serait difficile d'y interposer la lame d'm Il est vrai qu'au genou, suivant certains auteurs, le corps se placer entre le fémur et la rotule, plus facile k écarteri que l'on se rappelle la forme angulaire de la face postérienra de la rotule, et l'on verra combien cette supposition est dénuée de probabOHL D'ailleurs, n Vt*on pas observé de ces vires douleurs dans les mowe* ments d'une jointure, alors qu'il n'y avait point de coips étrangers ?DaH ces cas, on les a rapportées au pincement de la synoviale, «upposilioa bien plus probable, surtout lorsque l'on considère qu'elle a été pourvus d'un muscle spécial pour la soustraire k ce pincement
Ne seraitril pas plus rationnel, dit M. Bichet, d'attribuer douleurs, dans les cas de corps flottants, k la contusion d'une de la synoviale pendant le jeu de l'articulation T
B« Bell rapporte que certains malades éprouvaient pendant le meil, alors qu'ils changeaient de position, des douleurs asset vives pov les réveiller en sursaut. Les mouvements qu'on exécute durant le meil ne sont pas assez étendus ni asseï brusques pour que Ton avoir recours ici, pour expliquer la douleur, k l'interposition de esi corps mobiles entre les surfaces articulaires.
Reimanis parle d*UQ homme qui souffrait horriblement, et ne pM* vait remuer la jambe tant que le corps étranger se trouvait sur le côté de l'articulation; mais il se soulageait aussitôt en le poussant sous la rotule. (Textuel, Sam. Coop., loe, cit.) Que penser ici de Tinterpo» sition entre les surfaces articulaires?
A ceux qui nient Tinterposition des corps étrangers entre les surfiices articulaires, et qui prétendent qu'elle ne peut servir ii expliquer la douleur, parce que les cartilages sont insensibles, on peut objecter que le coude et le genou, les seules articulations qui ont donné lieu aux ikieleurs caractéristiques, sont pourvus de larges anfractuosités, et que c'est au niveau des ligaments que la douleur se produit conune dans l'entorse. Du reste, il ne serait pas possible, sans invoquer llnterpositiOB des corps étrangers entre les surfaces articulaires, d*expliquer: 1* TarrH complet du mouvement dans une articulation, comme il en existe des exemples; 2* la fréquence plus grande de ces accidents, lorsque Iss corps étrangers sont peu volumineux.
Diagnostic. — Cette douleur vive et inopinée, quoique caractéristique, ne peut point sufBre pour baser le diagnostic ; il faut trouver le corps étranger, ce qui n'est pas toujours très-facile. En effet, en raison