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AFFECTIONS TRAUMATIQUES DE L’UTÉRUS

§ II. — Affections traumatiques de l’utérus.

Plaies et ruptures de l'utérus.

Les lésions traumatiques de Tulérus se produisent, soit dans l'état de vacuité, plus communément dans l'état de gestation, durant la grossesse ou pendant le travail de l’accouchement.

Les plaies accidentelles de l’utérus sont fort rares, en dehors de l’état de gestation; celles que l’on a le plus souvent l’occasion d’ohserver sont faites par le chirurgien lui-môme (hystérectomie, amputation du col) ou par l’introduction d’un instrument porté dans la cavité de l’organe.

L. E. Dupuy, dans sa thèse (1), décrit dix-sept cas de perforation par l’hystéromètre sans qu’il soit survenu d’accident sérieux ; mais nous devons bien nous garder de conclure, comme certains gynécologistes allemands, que la perforation de l’utérus e.st sans danger, ni de croire avec Mathews Duncan que si, dans le cathétérisme utérin, on sent la pointe de l’hystéromôtre derrière l’abdomen, c’est qu’il a pénétré à travers une trompe temporairement dilatée. Mieux vaut éviter ce cathétérisme dans tous les cas où l’on présume que le parenchyme utérin est ramolli ou a tout au moins perdu un peu de sa consistance. Le danger auquel on expose les malades n’est guère compensé par (e bien mince service que rend le cathétérisme pratiqué avec l’hysléromètre.

O. Larcher (2) a fait voir qu’en dehors de la grossesse et de l’accouchement, les polypes peuvent refouler le tissu utérin, le modifier, l’amincir, déterminer l’usure ou la gangrène de la paroi, et devenir, soit une cause préparatrice de rupture utérine, soit une cause déterminante de celte rupture, par suite des contractions énergiques de l’organe.

Dans l’état de gestation, les solutions de continuité de l’utérus sont plus communes et affectent surtout le caractère de rupture. Depuis la thèse de Deneux (3) bien des travaux ont été publiés sur ce sujet

(1) L. E. Dupuy, Elude sur la perforalion des parois ulérines par l’hysléromèlre. Thèse de doct., Paris, 187 1.

(2) O. Larcher, De la rupture spontanée de l'ntérus, et de quelques autres particulurilés dans leurs rapports avec les polqpes fibreux intra-utérins, in Arch. gén. de méd., 18G7, vol. II, p. 54Ô et 697.

(3) Deneux, Essai sur la rupture de la matrice pendant la grossesse et l'accouchement. Thèse de doct., 180t.

qui appartient à l’art obstétrical, parmi lesquels nous citerons ceux de Taurin (1) et de Labusquière (2). Jacques Jolly a publié aussi une note, détaillée /JOM?’ seryz?’ à V lusloire des ruptures de V utérus pendant le travail (3). — Parmi ces traumatismes, les uns sont déterminés par des tentatives d’avortement, et il n’est pas rare de les voir suivis d’une métrite suraiguë, et d’une péritonite mortelle; d’autres sont produits par le chirurgien (opération césarienne, de Porro), opérations très graves, tant par la lésion du péritoine que par celle du tissu utérin, mais dont cependant on possède aujourd’hui d’assez nombreux cas de guérison. — Les annales de la science, et surtout la collection des thèses de Haller, renferment un certain nombre d’exemples de plaies de l’utérus par une balle, par un coup de corne de taureau, etc. , guéries sans accident. — George Hays rapporte aussi (4) l’observation fort curieuse d’une plaie de l’utérus gravide par une balle qui pénétra dans l’abdomen à 5 centimètres de l’épine iliaque gauche ; il y eut mort du fœtus, que le projectile avait traversé de part en part, et guérison de la mère après violente péritonite. Mais à ces quelques faits heureux combien ne pourrait-on pas opposer d’exemples avec terminaison funeste!

On a obtenu plusieurs cas de guérison de ruptures utérines après l’accouchement, à l’aide du drainage, soit de la cavité abdominale, accompagné ou non de lavages phéniqués, soit plutôt de la rupture seule (méthode de Cari Braun) : cette manière d’agir est du reste fort logique vu le grand danger qui consiste dans la rétention des fluides septiques dans l’abdomen (5).

§ III. — Déplacements de l'utérus.

On donne le nom de déplacements de l'utérus aux divers changements de situation de cet organe. Dans les uns, l’organe est élevé ou abaissé: ce sont les déplacements proprement dits. Dans d’autres, l’organe est dévié à droite, à gauche, en avant ou en arrière : ce sont les déviations utérines. Dans d’autres enfin, le col et le corps utérins ne conservent

(1) Taurin, Des ruptures de l’utérus pendant la grossesse et pendant le travail de l'accouchement. Tlièsc, Paris, 20 décembre 1853.

(2) Labusquière, Des ruptures utérines dans le travail à terme, pathogénie et It'ailement. Thèse inaug., Paris, 26 juillet 1884

(3) Jolly, in Arch. gén. de méd., 1808, p. 287, -1-28, 569.

(4) G. Hays, in New-Or leans Medical and Surgical iournal, 1879.

(5) In Ann. de gijnécol., 1881, 2° semestre, p. 143 et 467.

DÉPLACEMENTS DE l'üTÉRüS.

plus leurs rapports (suivant leur axe) : tels sont les flexions et renversements. Ils sont donc nombreux, et nous donnerons, pour en faciliter l’étude, la classification suivante, qui est à peu près celle adoptée par Courty.

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