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Latéroversion

La laléroversion, ou inclinaison du fond de la matrice de Tun ou de l’autre côté, est plus fréquente à droite à cause de l’accumulation de matières dans le rectum. Le col subit un déplacem«nt en sens inverse.

Généralement ces déviations n’existent pas seules; elles sont accompagnées d’antéversion ou de rétroversion.

Gomme traitement, le décubitus latéral joint aux autres moyens sus-indiqués.

G. — Guangements de forme.

Flexions.

On désigne sous ce nom un changement déformé de Tutérus caractérisé par une courbure ou plicature du corps sur le col de cet organe. — Gaillard Thomas compare la version à la luxation d’un os long, et la flexion à la fracture avec déplacement angulaire des deux fragments.

Lorsque le fond de l’utérus est plfé en avant, il y a antéflexion; lorsqu’il est plié en arrière, il y a rétroflexion ; la laléy'oflexion est celle qui se fait sur le côté, soit à gauche, soit à droite.

Anatomie et physiologie pathologiques. — Ce n’est que depuis un petit nombre d’années seulement que l’attention a été appelée sur les flexions utérines, et parmi les travaux relatifs à ce sujet nous citerons ceux de Valleix (1), Dufraigne (2), Cusco (3), Barrois (4), P. Picard (5), Deraarquay et O. Saint-Vel (G), Graily Hewitt (7), M’ Laren (8), Gourty (9), Gaillard Thomas (10), S. Schultze, etc. — Get état a été constaté souvent sur des femmes qui n’accusaient aucun symptôme pouvant faire soupçonner la déformation. Aussi a-t-on cherché

déterminer la part qui doit revenir h l’influence cadavérique des

(1) Valleix, Des déviations utérines (leçons de la Pitié recueillies par T. Gallard), iii Union médic., 1852, p. 215-227, et Guide du médecin praticien, par Valleix, P édition, 18G1, revue par Racle et Lorain, p. 199. — Article très complet, mis au courant de la science à celte époque et contenant un très grand nombre d’indications bibliographiques.

(2) Dufraigne, De la rétroflexio7i de l’uténis, thèse inaug., n° 118. Paris, 1851.

(3) Cusco, De Vantéjlexion et de la rélro/lexion de l'utérus, thèse d’agrégation en chirurgie. Paris, 1853.

(4) Barrois, Des fleximis de l’utérus, thèse inaug., n“ 151. Paris, 1860.

(5) 1>. Picard, Des in/lexions de l’utérus, thèse inaug., n° 58. Paris, 1862.

(G) Demarquay cl 0. Saint- Vcl, Traité clinique des maladies de l'utérus, avec lig., 1876, p. -138.

(7j G. llewiu, The mcchanical Sijsteinof ulerine Patholoyy. London, 1878, et in the Lancet, décembre 1877.

(8) M. Lareut, Etude sur les flexions de l’utérus, thèse. Montpellier, 1878.

(9) Gourty, Traité pratique des maladies de l'utérus, des ovaires et des trompes, 3 édit., 1879, 1" partie, p. 662.

(10) Gaillard Thomas, Traité clinique des maladies des /èmine.'î, Irad. par Lutaud, p. 315. Paris, 1879.

DÉPLACEMENTS DE L’UTÉRUS

divers viscères du petit bassin sur l’utérus, et celle qui doit être attribuée à l’état physiologique et à l’état pathologique de cet organe.

Depaul a insisté sur les déformations cadavériques de la matrice : il a prouvé que l’expansion intestinale agissait sur l’utérus, après la mort, en laissant des empreintes profondes sur cet organe, et il en a conclu que la position qu’affectait cet organe au moment de Vaulopsie pouvait, dans beaucoup de cas, être toute différente de celle qui avait existé pendant la vie (1).

D’un autre côté, Boulard a montré que principalement chez le fœtus, puis chez l’enfant en bas âge et chez la femme ([ui n’avait pas eu d’enfant, il existait nonnalement une proportion très notable de tlexions utérines. — Sur 107 cas il a trouvé 98 antétlexions (2). — Pour Aran et Houel, l’antéflexion, souvent à angle aigu, existe chez un très grand nombre de jeunes tilles : avec l’âge, l’utérus se redresse et il ne reste plus qu’une antécourbure. — Vedeler (3) considère l’antéllcxion comme la position normale de l’utérus. — On rencontre aussi des flexions tenant à la brièveté d’un des segments de l’utérus (Gusco, Courty) ; enfin, il existe des flexions bien l'éellement pathologiques. Comme il est constaté que toujours l’utérus se redresse â l’époque de la puberté, les déformations que l’on trouve dans tm âge plus avancé peuvent être considérées comme appartenant à un état pathologique.

Il est assez fréquent de trouver les flexions combinées avec d’autres déviations de l’utérus, mais le point où se fait la flexion est ordinairement au niveau delà jonction du col avec le corps (isthme). C’est le corps qui s’incurve sur le col, tandis que celui-ci conserve sa position et sa direction normales. — On rencontre divers degrés dans cette incurvation. Le corps s’inclinant en avant vers le pubis ou en arrière vers le sacrum, la plicature est variable et l’angle largement ouvert ou plus ou moins aigu ; dans certains ca«, l’incurvation est telle que les deux segments utérins deviennent parallèles et s’adossent l’un à l’autre.

On rencontre simultanément des altérations portant sur le tissu utérin, sur la cavité utérine, sur les organes voisins.

Au niveau de l’angle de flexion, on signale un ramollissement du tissu de l’utérus qui est engorgé (Ahilleix, Kiwisch). Selon Scanzoni (â), ce segment est d’une coloration jaunâtre; les tissus sont plus lâches

(1) Depaul, Rapport sur le traitement des déviations utérines, iii Dull. de VAcad. de méd., I85.i, t. XIX, p. 039.

(2) lioulard. Quelques mots sur l'utérus, tlièse inaug. Paris, 1853.

(3) Vedeler, hleine Statistik über die Gebarmutter (Petite Statistique sur les dévia-

tions de l utérus, reposant sur l’examen de plus de trois mille femmes), in Arcli. fur GynælioL, Baiid XIX, lleft 2, 1882, et Revue des sciences médicales de G. llavem, 15 juillet 1883, p. 222. ^

(-i) Scanzoni, Traité pratique des organes sexuels de la femme, édition française Paris, 1858.

et manquent d’élasticité; il y aurait même un commencement de dégénérescence graisseuse (Becquerel). Courty a vu au contraire les tissus prendre une consistance fibreuse.

D’après Scanzoni, l’angle formé, au point infléchi, intercepte parfois complètement l’orifice interne du col ; mais cependant Legendre a fait voir que, même dans un utérus très fortement infléchi, la cavité utérine pouvait conserver toute sa perméabilité (1).

Il est aussi fréquent de rencontrer à la suite des flexions, comme dans les autres déplacements, diverses phlegmasies utérines. — Quand l’affection est ancienne, le corps n’est plus mobile, et l’on trouve des adhérences, des brides, parfois très résistantes, consécutives à une pelvi-périlonite et qui ont pu occasionner par elles-mêmes la flexion utérine (Virchow, Courty), d’autant plus que souvent il y a en même temps raccourcissement des ligaments de Douglas (Schullze) (2). Scanzoni et Becquerel émettent des doutes relativement à l’action de ces brides dans le développement de la flexion.

La pression exercée par le fond de rulérus sur les organes circonvoisins, du petit bassin, rectum, vessie, etc., détermine quelquefois des désordres assez sérieux, comme varices et inflammation chronique de la muqueuse de ces organes.

Symptomatologie. — Absolument comme pour toutes les versions, il est difficile de distinguer ici les symptômes causés par la flexion de ceux qui tiennent à la métrite chronique, complication existant dans l’immense majorité des cas, car on voit un grand nombre de flexions, congénitales ou acquises, ne provoquant par elles-mêmes aucun symptôme spécial.

Comme phénomènes de la flexion utérine, on signale les coliques utérines, les douleurs dans les aines et les lombes, la pesanteur au périnée, la difficulté de la miction et de la défécation, des troubles dans la menstruation (dysménorrhée), les écoulements leucorrhéiques, divers désordres nerveux, etc. ; — mais ces symptômes-là ne sont guère caractéristiques, car ils sont tout aussi bien ceux de l’inflammation chronique de l’utérus que ceux de la flexion : — aussi ne doit-on leur accorder qu’une faible importance au point de vue du diagnostic.

Ce ne sont que les symptômes physiques constatés par l’examen direct qui permettent de l’établir.

Étiologie. — Les flexions sont congénitales et pouvant persister pendant toute la vie, ou bien acquises et accidentelles. — Selon les uns.

(1) E. Legendre, Anatomie chirurgicale homalographiqne, l.ib. XVIH, in-folio. Paris, 18r)8.

(2) S. Scliullze, Indications du traitement des versions et des flexions de l’utérus, in Archiv. fur Ggnœkotogie, 1879, et Sammlu7ig klinischer Vorirage, 1880.

DÉPLACEMENTS DE L’UTÉaUS.

elles seraient plus communes que les versions (Courly) ; suivant d’autres, elles seraient au contraire plus rares. — C’est surtout vers 1 âge de trente à trente-cinq ans qu’on les observe, c’est-à-dire à l’époque où les accouchements et les avortements sont les plus fréquents. Les femmes mariées trop tôt, c’est-à-dire à l’époque où l’appareil génital n’a pas encore acquis son entier développement, y sont plus sujettes.

Les accouchements laborieux s’accompagnant d’hémorrhagies sérieuses favorisent ces déplacements, parce que le tissu utérin reste mou et flasque, et que l’organe tout entier garde longtemps un volume plus considérable, ce qui lui permet de se fléchir plus aisément (It. Barnes).

L’imprudence des malades qui se lèvent trop tôt après leurs couches, leur état d’épuisement et d’anémie, les efforts de toute nature joints au relâchement des ligaments de l’utérus, la constipation, la réplétion de la vessie, etc., sont autant de causes qui doivent entrer en ligne de compte.

Diagnostic. — Il est en général facile, cependant on peut confondre ces affections avec une tumeur fibreuse peu considérable développée dans une des parois de la matrice ; la saillie que détermine le fibrome peut être prise dans ces cas pour le fond de l’utérus : le cathétérisme utérin lèvera la difficulté.

Pour les autres tumeurs extra-utérines (abcès, kystes, phlegmon péri-utérin, hématocèle péri-utérine), on arrivera au diagnostic exact par les commémoratifs, par une exploration minutieuse, par la combinaison des touchers vaginal et rectal avec la palpation abdominale, qui permettront de reconnaître la place et la situation de la matrice, surtout si l’on y joint encore le cathétérisme utérin.

Pronostic. — Les flexions ne sont graves que parce qu’elles peuvent rendre plus sérieuses et plus rebelles les affections utérines intercurrentes: elles exposent à la stérilité et plus souvent encore à l’avortement.

Traitement. — Il offre beaucoup d’analogie avec celui des déviations utérines exposé plus haut.

Il ne faut rien tenter pour les flexions qui ne déterminent aucune accident. — S’il existe des désordres du côté des organes de la génération, on devra s’attacher à faire disparaître tout d’abord les inflammations chroniques (engorgements et ulcérations) qui peuvent exister, puis s’adresser à la déviation elle-même : encore les moyens dont nous disposons, sont-ils bien loin d’être efficaces et inoffensifs. Outre qu’il n’est pas toujours possible, à l’aide des diverses espèces de redresseurs, de corriger la courbure de l’utérus, il est très fréquent de voir la flexion se reproduire aussitôt qu’on a enlevé l’instrument. — Courty emploie de préférence le tuteur galvanique de

Simpson; — enfin leur introduclion dans la cavité utérine détermine des douleurs extrêmement vives, provoque des métrites, des péritonites, des phlegmasies péri-utérines graves, et peut même occasionner la mort. — Nous pensons donc que l’usage de ces redresseurs doit être absolument rejeté de la thérapeutique de ces allections.

Quant aux pessah'essi prônés par G. Thomas, leur efficacité est aussi bien discutable : et mieux vaut encore se contenter de simples tampons d'ouate au tannin ou à la glycérine, de la ceinture hypogastrique, et avoir seulement recours à un traitement palliatif basé sur la combinaison des antiphlogistiques, sédatifs, résolutifs, et de \di pelote périnéale.

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