‹ Eléments de pathologie chirurgicale./ [electronic resource] (volume 2)Chapitre 124 sur 225 · ULCÉRATIONS DU COL DE L’UTÉRUS · texte numérisé non relu

ULCÉRATIONS DU COL DE L’UTÉRUS

rallenlion sur l’importance clinique de la lacération du col, dont il fit une entité morbide distincte, la classa comme un des principaux facteurs des affections utérines, et imagina le procédé opératoire destiné î\ guérir cette lésion (publié seulement en 1869), et qui porte aujourd’hui son nom. — Depuis cette époque elle a été répétée, et souvent avec succès, par un bon nombre de chirurgiens : à l’étranger, par Baer, Dudley, Baker, Bennel, Gaillard Thomas; en France, par Courty, Tarnier, Trélat, Peyrot, Marchand. On consultera avec fruit, à ce sujet, pour les indications et le manuel opératoire, les travaux de Page (1), de Baer (2), de Berry Hart et Barbour (3), de L. Jacquelot (thèse citée).

Manuel opératoire. — V opération d'Emmet, ou trachéloi'rhaphie, consiste dans l’avivement des bords d’une déchirure plus ou moins ancienne du col utérin et dans leur rapprochement à l’aide de sutures, Emmet insiste heaucoup sur le traitement préparatoire (injections d’eau chaude pendant les quelques jours qui précèdent l’opération (4), application de vésicatoires, s’il y a des phénomènes de cellulite, scarifications sur le col, badigeonnages avec la teinture d’iode ou 1e glycérolé au tannin).

Les instruments nécessaires sont les suivants : irrigateur, spéculum de Sims, anneau de caoutchouc, pince de Museux, pinces hémostatiques, lénaculum, longs bistouris et longs ciseaux, aiguilles, porteaiguille, aiguille de Reverdin courbe, pince à torsion, fils d’argent moyens et crins de Florence.

La position à donner est celle de l’examen au spéculum. En France, l’anesthésie n’a jamais été employée.

Certains chirurgiens placent un anneau de caoutchouc sur le col, de façon qu’il comprime la base : on peut ainsi prévenir tout écoulement sanguin. — 11 est presque toujours indispensable, à l’aide d'une pince Museux, d’attirer le col au ras de la vulve pour faciliter la pratique de l’opération. Les Américains traversent les deux lèvres du col avec un ül qui sert à maintenir l’utérus sans gêner : c’est là le premier temps ou temps de fixation du col.

(1) M. Page, Eludes sur l’opération d’Emmet, thèse inaiig. Paris, 1881, a* i. — Des indications et contre-indications de l'opération d’Emmet pour la déchirure du col, in Sew-York Medic. Journal, septembre 1881.

Baer, Analyse de 27 opérations pour restaurer les déchirures du col, leurs effets sur la stérilité et la parlurilion, in Ohserv. Soc. of Philadelph., Med. News, 2i février 1883.

(3) Berry Hart et Barbour (tl’Édimbourg), in Manuel de gynécologie : De la lacération du col. Maclacblan et Stewart, édit. Edinburgli, 1882, cl Annales de gynécologie, t. XIX [). 187, mars 1883itrad. de l’aul Ilodet). ’

(-1) Courty (de Montpellier), Nouveau moyen d’hémoslasie préventive pour les opérations pratiquées sur l'appareil génital de la femme (injections d’eau chaude), in Ann. de gynécol , mai 1880, t. XIII, p. 321.

Le deuxième temps est Vavivemenl. Lav.ige à l’eau phéniquée. A l’aide d’un bistouri ou plutôt de ciseaux, on avive, si la lacération est bilatérale, chacun des bords de la fissure, en enlevant tout te tissu cicatriciel jusqu’à l’angle de la déchirure; avec des ciseaux courbes on excise soi (pieusement le tissu compris dans l’angle.

Le troisième temps consiste dans \' application des sutures (lils d’argent ou crins de Florence). — Emploi de l’aiguille de Reverdin, courbe; les fils doivent avoir au moins 20 centimètres de long, car leurs extrémités doivent sortir par la vulve. — On traverse les deux lèvres dé la déchirure le plus près possible du bord interne des surfaces avivées, et l’on commence à appliquer ces sutures par la partie supérieure de la plaie : on ne tord un fil que lorsque le deuxième est passé; quelquefois on ne les tord, à l’aide d’une pince à torsion, que quand ils sont tous passés ; généralement quatre ou cinq fils suffisent. Ils sont retirés du huitième au dixième jour, de haut en bas, et en s’aidant d’un crochet courbe et de pinces. — Ce n’est pas immédiatement, mais bien au bout de quelques mois, que le col reprend sa forme et ses dimensions normales.

§ V. — Atrésie et Rétrécissement du col utérin.

Nous avons déjà parlé de V atrésie congénitale de l’utérus et des phénomènes de rétention du fluide menstruel qui en résultent {hématométrie), nous n’y reviendrons pas; c’est de V atrésie acquise que nous voulons dire quelques mots (1).

Vatrésie reconnaît comme causes les accouchements laborieux avec déchirures du col et sphacèle des tissus, les avortements, les injections caustiques, les cautérisations répétées, les ulcérations du col ayant duré fort longtemps, conséquence de la mélrite chronique, les divers traumatismes chirurgicaux portant sur le col, etc.; — quand il n’y a que rétrécissement (sténose), il provient de cicatrices qui reconnaissent les mômes causes précédentes, et il ne siège habituellement qu’à l’orifice externe.

Un ne doit pas considérer comme rétrécissement les obstructions du canal cervico-utérin par des productions organiques et les corps étrangers, ou l’oblitération de ce canal par adossement des parois résultant de déviations utérines.

Caractères cliniques. — Si le rétrécissement n’a lieu qu’après la ménopause, il ne donne lieu à aucun accident la plupart du temps;

(1) liidaril, Ue l'atrésie utérine acquise, thèse Monlpcllier, n» 6, 1879.

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