‹ Eléments de pathologie chirurgicale./ [electronic resource] (volume 2)Chapitre 129 sur 225 · FONGOSITÉS UTÉRINES · texte numérisé non relu

FONGOSITÉS UTÉRINES

cinq à trente-cinq ans, cl chez les femmes qui ont conçu une ou plusieurs fois ou qui ont fait ries fausses couches. — « Toutes les femmes chez lesquelles j’ai rencontre ces fongosités, dit Ilichet, avaient eu des enfants, et chez celles dont j’ai pu recueillir l’histoire l’accouchement ne remontait pas au delà de deux ans. 11 iiaraît donc probable que les fongosités sont dues à un travail phlegmasique de l’utérus consécutif à un accouchement, et surtout à un avortement, »

Nélaton a eu occasion d’observer plusieurs fois des fongosités utérines chez des femmes dont la mère en avait également présenté.

Diagnostic. — Le diagnostic des fongosités utérines n’est pas toujours extrêmement facile. Cette alléction peut être confondue avec les polypes utérins au début, alors que les hémorrhagies sont les seuls accidents qui se manifestent, car on sait que la métrorrhagie est, avec la douleur, le seul signe des fongosités utérines. Les polypes ne deviennent, guère douloureux qu’à une période assez avancée de leur développement et même ce signe ne saurait avoir une grande valeur, car tant que, par le toucher, on ne constate pas l’existence d’une tumeur polypeuse, on peut conserver des doutes. — 11 est encore plus difficile de distinguer cette affection d’un ca7'cinome du corps utérin; cependant les touchers vaginal et surtout rectal permettront de constater une tuméfaction dure et irrégulière qui, jointe à la fétidité de la leucorrhée et à la marche beaucoup plus rapide de la maladie, facilitera le diagnostic.

Pronostic. — Abandonnées à elles-mêmes, les fongosités utérines’ ne peuvent pas disparaître spontanémeni, et, en présence de l’état d’anémie extrêmement prononcée dans laquelle les métrorrhagies abondantes et surtout continues (bien qu’en petite proportion) peuvent faire tomber les malades, le chirurgien est autorisé à une prompte intervention, quoique la thérapeutique applicable à ces fongosités utérines soit loin d’être exempte de tout danger.

Traitement. — Les fongosités utérines ne peuvent guère disparaître que par un traitement chirurgical ; car les injections modi-

ficatrices, hémostatiques et caustiques, employées en France (Conriy, Gallard), en Angleterre et en Amérique par un très grand nombre de gynécologistes, bien qu’elles aient donné souvent de bons résultats, ne doivent être mises en usage, à notre avis, qu’avec les plus grands ménagements.

Ces injections se font facilement, soit à l’aide de la seringue de Braun munie d’un ajutage conique s’adaptant sur une canule de gomme, soit avec l’instrument simple désigné sous le nom d’ applicateur par Woodbury (de ^^ asbington) (1), soit à l’aide de la nouvelle sonde, à canal en

(IJ Woodbury, üe C application loca’e d'acide nitrique dam i’eudomélrile du col et.

7Gü AFFECTIONS DES ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME.

forme de fer à cheval, imaginée par Bodin (2), principalement la variété en celluloïde.

Pajot se sert d’une seringue à canule de vermeil, à jets multiples et récurrents, pour éviter la projection du liquide contre la paroi supérieure de la matrice.

Les liquides employés sont le nitrate d’argent, la teinture d’iode, le perchlorure de fer dissous dans la glycérine (Liebman), un mélange de glycérine, d’huile d’amandes douces et d’iodoforme (Le Blond), i' Courty préfère maintenant, à cause des accidents graves auxquels ont | donné lieu les injections, l’introduction d’un petit morceau de nitrate d’argent clans la cavité utérine.

Curage. — C’est Récamier qui l’a pratiqué le premier ; il consiste I dans l’abrasion de la face interne de l’utérus, et se pratique à l’aide ■ d’une curette spéciale. I

Cette dernière se compose d’une tige métallique cylindrique, du vo- 1 lume d’un porte-plume, longue de 35 centimètres, creusée à chaque I extrémité, dans une longueur de 6 centimètres environ, d’une goût- ■ tière assez profonde, large de 5 millimètres environ ; — l’instrument, I à peu près rectiligne, décrit près de son extrémité une légère cour- I

Fig. 79. — Curette de Récamier.

bure dont la gouttière occupe la concavité. Cette curette, guidée par le doigt, est introduite avec précaution et lentement dans l’utérus, et I on lui imprime un mouvement de rotation sur son axe ; les bords I mousses de la gouttière suffisent pour détacher des lambeaux de la I muqueuse friable, et après deux ou trois tours de l’instrument sur lui- 1 même, on peut le retirer. |

On se sert beaucoup aujourd’hui de la curette de Sims, à bords j tranchants, ou de celle de Simon, qui est formée d’une petite cupule \ dont les dimensions sont variables et qui est montée sur un manche. ■ La malade éprouve, pendant trois quarts d’heure ou une heure, quelques douleurs qui disparaissent par le repos et par des fomentations opiacées à la région hypogastrique.

Les hémorrhagies s’arrêtent parfois après une seule abrasion, quelque minime que paraisse la quantité du tissu enlevée; mais il n’en est pas toujours ainsi, et alors on a recours à une seconde abrasion et môme à une cautérisation avec le nitrate d’argent. Il faut lais-

dii corps de la matrice, in lhe American Journal o[ Obslelric., 1" févr. 1875, tiail. par A. Le Blond, Annales de gijnécol., avril 1875.

Budin, in le Progrès médical, n° 35, 30 août 1884', p. 094.

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