VI
Le Blond (1), G. Thomas (2), Emmel (3) el F. Churchill (4).
Dans un très bon mémoire qui lui a servi de thèse inaugurale (1870), Marcel Boraud résume en quatre éfapes riiistoire de la périnéorrhaphie :
— Dans une première (Guilleineau, A. Paré), des tentatives isolées ont lieu et échouent presque toujours, car on ne se sert A’aucun procédé méthodique. — Dans une seconde, la périnéorrhaphie devient opération classique. Dieffenhach (1820) pratique l’avivement et la suture comme dans la méthode ancienne, suture simple, et fait deux grandes incisions libératrices, une de chaque côté sur les fesses. Roux (1832), |
ajoute à la méthode ancienne la suture enchevillée profonde, — Dans < une ti'oisième période apparaissent ies procédés d’aütoplastie qui remplacent la suture simple. Langenbeck (5) imagine, pour mettre la plaie à l’abri des liquides vaginaux et rectaux, un procédé consistant à tailler deux lambeaux vaginaux, à les unir par leurs bords internes et à les suturer en avant à l’angle vulvo-périnéal du nouveau périnée. Ce procédé trop compliqué est abandonné et a donné naissance à ceux de Demarquay, Richet et Le Fort. — Dans une quatrième période se rangent les procédés contemporains, basés sur \di méthode d’avivement et de j suture employés pour le traitement des fistules vésico-vaginales par Marion j Sims et Bozeman (Verneuil, Deroubaix, Trélat) : c’est la méthode à laquelle la plupart des chirurgiens de notre époque donnent la préférence, apportant à chaque cas en particulier quelque modification, I plutôt de détails que de fond, à proprement parler.
Les déchirures incomplètes au l" degré, c’est-à-dire celles qui n’intéressent pas le sphincter, guérissent presque toujours seules ; il suffit de maintenir les jambes rapprochées au moyen d’un bandage, etl’écou- . lement lochial n’empêche nullement la cicatrisation. Quand la déchi- j rure se prolonge un peu, P. Dubois, Depaul, Danyau, Guyon, etc., j appliquent quelques serres-fines afin de favoriser la réunion. ,
Montfort et Guyon insistent beaucoup sur l’emploi des serres-fines j et s’étonnent que ce moyen proposé par Danyau dès 1849, pour remédier immédiatement aux déchirures du périnée, ne soit pas utilisé plus souvent dans la pratique : l’application en est facile, non douloureuse, sans aucun danger, pourvu qu’on ne les choisisse pas trop grosses (car elles couperaient les tissus), et la réunion presque assurée.
Nous croyons (G), dans ce cas, que les grosses serres- fines, à mors plats
Le Blond, TraUé élémentaire de chirurgie gynécologique. Paris, 1878.
G. Thomas, Traité clinique, etc., trad. Lutaud, I87U, p. 100.
Einmet, The Principles and Practice of Gynecology. London, 187'J.
F. Churchill et Le Blond, Traité, etc. Paris, 1881.
O Lanimnbeck, Sur un procédé opératoire pour la guérison des ruptures complétés
dii'^ilérinée in Gaz. des hôpit., 2”2 janvier 1853, p. 33.
(0) P Gillelle, Chirurgie journalière des hôpitaux de Pans, repertoire de thérapeutique chirurgicale, i>. 193. Paris, 1878.