VI
AFFECTIONS DES MEMBRES SUPÉRIEDRS
Cicatrices vicieuses de Vaisselle.
Il n’est pas rare, à la suite des vastes abcès de l’aisselle, à la suite de plaie avec perte de substance de celte région, de brûlures étendues, d’observer des cicatrices vicieuses; celles-ci ont l’inconvénient de gêner considérablement les mouvements des bras.
Si la face antérieure de l’aisselle se trouve rapprochée de sa face postérieure, les muscles grand pectoral, grand dorsal et grand rond auront perdu la plus grande partie de leur puissance; si la cicatrisation au contraire rapproche le bras des parois de la poitrine, les mouvements d’abduction seront très limités, quelquefois môme impossibles. La compression des vaisseaux et des ganglions lymphatiques, celle des veines, des artères, des nerfs, détermineront l’engourdissement du membre, des douleurs violentes, quelquefois la stase du sang veineux et l’infiltration séreuse.
Le chirurgien devra donc s’appliquer à prévenir cette terminaison fâcheuse des lésions de l’aisselle; il tâchera, à l’aide de mouvements bien ordonnés, imprimés au membre supérieur, d’allonger la cicatrice. Un an après la guérison de la plaie, la dissection attentive de ces brides, l’autoplastie, peuvent être quelquefois d’une grande ressource. Après avoir disséqué la cicatrice vicieuse, et avoir, à l’aide d’incisions méthodiques, rendu au membre la liberté de ses mouvements, on abandonne les parties à elles-mêmes en surveillant attentivement le travail de cicatrisation. Si cependant la perte de substance était trop étendue, on aurait recours à l’autoplastie. On taille sur la paroi antérieure de l’aisselle un lambeau assez grand pour couvrir toute la partie de la basede l’aisselle où les téguments ont été détruits, et on l’applique en ce point en opérant comme pour toutes les autres espèces de restauration.
Dans le cas où l’aisselle est palmée, comme le sont les doigts atteints de syndactylie, ce qu’il faut, c’est détruire ta cicatrice, séparer le bras du tronc. Pour cela, on peut, comme je l’ai fait, passer un drain à la base de la palmature et laisser le drain en place jusqu’à ce qu’il y ait une soudure des deux surfaces de la palme : on a créé de la sorte une commissure; il ne reste plus qu’à inciser la partie comprise entre le point où passait le drain et le bord libre du pli cicatriciel. C’est là, on le voit, une application d’un des nombreux procédés de traitement de la syndactylie (voy. plus loin Affections des doigts).
TUMEURS DE L’AISSELLF.
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