DÉVIATION DES DOIGTS
plus souvent pour en triompher. Mais un fait extrômement curieux est celui qui a été présenté à la Société anatomique par M. Lemaistre (I) : un enfant avait une réunion congénitale des trois derniers doigts de la main gauche ; l’arcade palmaire descendait jilus bas que de coutume, de sorte qu’on l’aurait ouverte deux fois si l’on avait divisé les doigts avec le bistouri. Cette donnée anatomique est fort importante; le cliirurgien devra toujours l’avoir présente à l’esprit et faire une exploration attentive toutes les fois qu’il sera appelé à opérer une syndactylie congénitale.
La gangrène n’est pas très rare, lorsque l’opération est pratiquée pour des doigts très rapprochés l’un de l’autre ; il ne reste en effet qu’un ruban de peau assez étroit, et qui n’est pas suffisant pour rétablir la circulation ; cet accident est surtout à craindre lorsque la syndactylie est consécutive à une brûlure, car il ne reste alors qu’un tissu de cicatrice moins vasculaire que le tégument normal. 11 est encore assez fréquent de voir la mortitication envahir les lambeaux sur lesquels le chirurgien comptait pour la restauration de la commissure.
La gangrène n’est pas seulement consécutive au défaut de vascularité; on l’observe quelquefois à la suite d’une inllammation très intense, de la compression exercée sur les doigts pour rapprocher les tissus. Cet accident est très sérieux; il augmente en elfet les chances de difl'ormité ; aussi le chirurgien devra-t-il s’efforcer de la prévenir et apporter tous ses soins pour la limiter. 11 évitera toujours, surtout si tous les doigts sont rapprochés, de pratiquer leur séparation dans une même séance. La section des tendons, l’ouverture des articulations, pourront toujours être évitées si la séparation des parties est faite avec une attention suffisante.
Enfin il est assez fréquent de voir les opérations de syndactylie suivies d’une inflammation assez vive pour en compromettre les résultats; celle-ci sera combattue par des antiphlogistiques ; on cherchera à la prévenir en évitant les pansements irritants. Les irrigations d’eau froide, la position élevée du membre, l’absence de compression, sont indiquées pour prévenir un semblable accident.
§ II. — Déviation des doigts.