I. — Flexion permanente des doigts
Si l’on examine la main à l’état de repos, on voit que les doigts sont légèrement fléchis : la prédominance-des fléchisseurs des doigts sur les extenseurs, le poids de ces appendices, expliquent cet état d’une ma-
(1) Dullelins de la Société amlomique, t. X.X.IV, p. 148.
AFFECTIONS DES MEMBRES SUPÉRIEURS
nière satisfaisante ; mais, si les extenseurs viennent à se contracter, les doigts sont bientôt portés dans la rectitude. Chez certains sujets, les doigts ne peuvent plus être volontairement redressés. Cette aüection, étudiée pour la première fois par Dupuytren, est désignée généralement sous le nom de rétraction permanente des doigts.
Les causes de la llexion permanente des doigts peuvent être rangées sous six chefs principaux :
1® Flexion des doigts dépendant d’une affection médicale. — Un trouvera, dans les livres de médecine, les diverses flexions permanentes des doigts qui sont liées à une afléction rhumatismale ou nerveuse. La plus remarquable de ces flexions est celle qui paraît liée à un trouble nerveux et qui paraît héréditaire dans certaines familles, e^ siège sur le petit doigt, puis sur l’annulaire d’une main d’abord, puis de l’autre. M. Charcot, en plusieurs occasions, a attiré sur ce point l’attention de la Société anatomique, sans pouvoir préciser l’origine réelle de cette rétraction des doigts. Cette maladie est irrémédiable; elle ne cause pas d’ailleurs une grande gêne.
2® Flexion permanente dépendant d’une affection articulah'Ci — A la suite de luxations non réduites, de tumeurs blanches ou de panaris suivis d’ankylose, les doigts ayant été laissés dans la flexion, on peut constater un état permanent de flexion des doigts.
3® Flexion permanente dépendant de cicatrices vicieuses. — A la suite de brûlures de la paume de la main, de destruction des téguments par la gangrène ou la contusion, en un mot à la suite de lésions avec perte de substance, il est extrêmement fréquent d’observer la flexion permanente des doigts. La perte de substance des téguments ne peut être réparée que par du tissu de cicatrice: or on sait que ce tissu a une grande tendance à se rétracter ; par conséquent, il entraîne dans la flexion les doigts, qui, dans certains cas môme, ne peuvent plus être redressés ; souvent on observe des adhérences entre la face palmaire des doigts et celle de la main ; enlin ces brides plus ou moins épaisses, plus ou moins résistantes, appliquent fortement les phalanges inférieures contre les supérieures.
On ne peut remédiera un semblable état que quand les tendons et les articulations sont intacts ; dans ce cas, on peut rendre aux doigts tout ou une partie de leurs mouvements en faisant la section des brides cicatricielles. Il faut se rappeler que les dissections qu’exige une semblable déformation sont longues, minutieuses; qu’il faut éviter de toucher les tendons avec l’instrument et môme d’ouvrir leur gaine, car on doit craindre leur exfoliation. Enfin on doit toujours redouter une récidive, car la nouvelle cicatrice qui se formera pour combler le vide fait par l’incision ou l’excision de la bride pourra à son tour amener la flexion des doigts ; aussi faut-il maintenir ces organes