‹ Eléments de pathologie chirurgicale./ [electronic resource] (volume 2)Chapitre 200 sur 225 · VI · texte numérisé non relu

VI

AFFECTIONS DES MEMBUES INFÉRIEURS

gorie des kystes articulaires, dont l’orilice de communication s’cst oblitéré. Quant aux kystes primitivement libres, nous sommes loin de les nier, mais leur existence n’a pas été anatomiquement démontrée. Nous dirons la môme chose des kystes considérés comme appartenant h la dilatation des follicules synovipares; dans un seul cas où une semblable origine aurait pu être soupçonnée, on était tout aussi bien en droit d’admettre une hernie de la synoviale du genou. Nous nous occuperons donc principalement :

l” Des kystes articulaires^ c’est-à-dire- constitués par la hernie de la membrane synoviale.

2” Des kystes tendineux^ c’est-à-dire développés dans les gaines tendineuses des muscles qui limitent la région poplitée, ou dans les bourses séreuses de glissement que l’on trouve entre ces os et les saillies osseuses.

A. — Kystes articulaires du creux poplité.

Les kystes articulaires se rencontrent spécialement à la suite des hydarlhroses ; la membrane synoviale vient faire hernie à travers le ligament postérieur de l’articulation fémoro-tibiale, et forme dans la région poplitée une tumeur globuleuse pouvant acquérir le volume d’un œuf de poule.

La consistance de cette tumeur varie suivant l’état d’extension ou de flexion du membre. Dans l’extension, la capacité de la synoviale est diminuée; alors la tumeur est un peu plus volumineuse, dure, tendue, rénitente, irréductible; on ne peut y percevoir la fluctuation. Dans la flexion, au contraire, l’espace compris entre les surfaces articulaires est plus large; alors la tumeur devient molle, moins volumineuse; la pression la fait disparaître quelquefois complètement : le liquide passe dans la cavité articulaire, soulève la rotule, et l’on remarque deux saillies assez prononcées sur les parties latérales du ligament rotulien.

Ces kystes articulaires ne causent point de douleur, mais déterminent de la gêne dans les mouvements du membre; la marche est difficile, et, dans l’état de repos, la jambe est à demi fléchie sur la cuisse. Quelquefois la pression du diverticulum articulaire sur les vaisseaux poplités détermine l’œdème delà jambe.

11 est en général facile de reconnaître cette espèce de kyste : d’abord il est accompagné d’une hydropisie de l’articulation du genou; puis, cette différence que nous avons signalée dans le volume, la consistance de la tumeur, selon l’élat d’extension ou de flexion de la jambe, n’existe que dans l’espèce de tumeur que nous décrivons.

KYSTES AUTICULAIRES DU CREUX POPLITÉ.

Lorsque ces kystes ont perdu leur communication avec la synoviale articulaire par suite de l’oblitération du collet, la tumeur change de caractère: elle ne présente plus par la tlexion ou l’extension ces modifications que nous avons signalées; elle n’est pas susceptible de réduction, et la tumeur (luctuante ne communique pas avec l’articulation. On a vu ces kystes isolés acquérir un volume plus considérable que les kystes communiquant encore avec la synoviale du genou.

Le DiAGNOSTiç de cette espèce de tumeur présente peut-être plus de difficultés que celui de la précédente, car les symptômes que nous avons considérés plus haut comme pathognomoniques manquent complètement. Aussi peuvent-ils être confondus avecun abcès, non pas un abcès aigu, car la marche de la maladie est essentiellement différente, mais avec un abcès froid ou un abcès symptomatique d’une altération des os ou de l’articulation. Dans ces cas, il faudra s’enquérir des antécédents des malades, explorer avec soin l’état de l’articulation, etc. ; enfin, on pourra recourir à la ponction exploratrice. Il arrive quelquefois que cette espèce de tumeur repousse en arrière l’artère poplitée, qui est plus superficielle, et dont les battements deviennent beaucoup plus sensibles : on pourrait croire alors à un anévrysme poplité; mais s’il existe des battements, on ne trouve pas ce mouvement d’expansion si important dans l’anévrysme, ni le bruit de souffle.

Les kystes articulaires de la région poplitée constituent une affection assez sérieuse; elle est subordonnée, d’ailleurs, à l’ancienneté del’hydarthrose; ils disparaissent quelquefois spontanément avec l’hydropisie articulaire. Quant aux kystes qui ont perdu leur commuuication avec l’articulation, ils ne disparaissent pas spontanément; cependant dans quelques cas, lorsque, par exemple, la tumeur augmente de volume, on observe quelquefois la rupture spontanée de la poche. On conçoit toute la gravité d’un semblable accident, lorsqu’il existe encore une communication avec l’articulation.

Le TRAITEMENT de ces kystes est exactement le même que celui de l’hydarthrose; le kyste disparaît avec l’hydropisie articulaire. Il est avantageux d’exercer une compression méthodique sur le kyste avec une genouillère élastique: j’ai obtenu ainsi deux guérisons.

La ponction simple ou suivie d’une injection iodée ne devra être faite que dans les kystes qui ont perdu toute communication avec la synoviale du genou. Toutefois, lorsqu’on se décidera à pratiquer cette opération, le chirurgien devra avoir soin de tenir la jambe dans l’extension, car, à la rigueur, l’orifice pourrait être assez étroit pour ne point permettre au liquifle filant contenu dans le kyste de passer dans l’articulation, et cependant l’injection pourrait, en passant entre les surfaces articulaires, causer les accidents les plus sérieux.

AFFECTIONS UES MEMBRES INFÉRIECRS

En plaçant le membre dans la position que nous venons d’indiquer, on pourrait prévenir l’entrée du liquide irritant dans la synoviale du genou.

Ces kystes peuvent guérir seuls après s’ôtre ouverts spontanément; d’autres fois le kyste guérit après s’étre ouvert et reproduit.

Page 1