‹ Eléments de pathologie chirurgicale./ [electronic resource] (volume 2)Chapitre 29 sur 225 · FONGUS DE LA VESSIE · texte numérisé non relu

FONGUS DE LA VESSIE

Aucun de ces symptômes n’indique l’existence d une tumeur dans la vessie ; il faut donc recourir au cathétérisme, et à l’examen à l’aide des instruments de lithotritie.

Lorsque le fongus est peu développé, la sonde introduite dans la vessie donne la sensation d’un corps mou que 1 on peut déplacer, à moins que la production morbide ne soit à large base; mais il est à. peu près impossible, je ne dirai pas de diagnostiquer, mais de soupçonner la nature de cette tumeur qui peut tout aussi bien appartenir à un caillot, et môme à des mucosités vésicales, qu’à un fongus de la vessie. L’exploration, à l’aide de la pince à trois branches, peut fournir des notions un peu moins vagues. Après avoir fait une injection, on ouvre cet instrument dans la vessie, on le ramène à soi comme pour le retirer tout ouvert; on fait exécuter à la pince de petits mouvements latéraux, et, s’il existe au voisinage du col ou sur le col luimême une production morbide, celle-ci se place dans l’intervalle des branches, fait saillie dans l’instrument où sa présence est constatée à l’aide du stylet. Ce moyen est encore sujet à erreur, car on peut saisir une portion de la membrane muqueuse entre les branches du trilabe. Quand la tumeur est située dans un autre point que le col, on peut en reconnaître l’existence au moyen d’un brise-pierre courbe; les mors sont écartés comme quand on veut saisir un calcul, et le degré d’écartement donnera une idée à peu près exacte de la tumeur, excepté dans les cas où, en raison de sa mollesse, le fongus viendrait à s’écraser sous la pression môme légère des deux branches de l’instrument. Lorsque les fongus sont très nombreux et très volumineux, l’emploi des instruments ne peut fournir que des indications excessivement vagues, car il devient à peu près impossible de les faire manoeuvrer dans la vessie.

Enfin, on a conseillé d’introduire dans la vessie des bougies à em- I preintes. Nous doutons que ce moyen puisse jamais fournir des ren- I seignements utiles.

Les fongus de la vessie se présentent souvent comme complications e des alfections de cet organe. Chez les calculeux, les excroissances fon- Jî gueuses ne sont pas très rares; elles se montrent en général dans les «I points où ces calculs se placent le plus souvent. Cette complication «j rend le diagnostic très difficile, car assez souvent l’une ou l’autre de ît' ces affections reste méconnue; c’est ainsi qu’une pierre logée dans le u.[ bas-fond de la vessie, derrière une tumeur fongueuse, peut échapper aux p; explorations les mieux faites, il est néanmoins possible de la rendre iir saillante à l’aide du doigt introduit dans le rectum. Cette complication 1(] apporte quelquefois un obstacle sérieux à l’opération, soit que l’on -'i fasse la lithotritie ou la taille; car, dans le premier cas, le fongus peut être saisi par l’instrument et déchiré ; dans le second, on a vu des

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fongus se placer entre les mors des tenetles et empêcher l’extraction de la pierre.

On s’est demandé si le fongus était déterminé par la présence du calcul, ou si celui-ci préexistait au fongus; il est difficile de trancher cette question. Cependant il est permis de supposer que, quand le calcul est composé d’acide urique, il a précédé le fongus, et que l’existence d’un fongus peut favoriser la formation d’un calcul de phosphate calcaire.

On rencontre quelquefois à la surface de la fongosité de petits graviers incrustés plus ou moins profondément. D’autres fois des fongosités vasculaires pénètrent entre les inégalités des calculs; cette disposition peut faire croire à l’existence de pierres adhérentes au tissu de la vessie.

La présence de fongus dans la vessie est une complication grave de l’affection calculeuse. « La plupart des calculeux, dit Chopart, qui ont subi l’opération de la taille en semblable occurrence, sont morts. »

Étiologie. — Les fongus de la vessie sont plus fréquents chez l’homme que chez la femme, chez l’adulte et le vieillard que chez l’enfant; ils sont très communs chez les calculeux; nous nous sommes déjà étendu sur ce point. On les voit encore survenir à la suite d’une inflammation chronique de la vessie.

Diagnostic. — On a pu voir que le diagnostic des fongus de la vessie était extrêmement obscur; impossible de les distinguer des polypes vésicaux, car l’irrégularité de la surface des fongus ne donne pas une sensation assez nette pour que l’on puisse formuler une opinion.

La sensation que donne le contact de la sonde avec un calcul semble, au premier abord, mettre à l’abri de toute espèce d’erreur; mais le calcul peut être enveloppé par des mucosités, et surtout la consistance du fongus encroûté de dépôts calcaires est quelquefois telle, que l’on peut croire à l’existence d’une pierre dans la vessie ; les annales de la science renferment de nombreuses erreurs de diagnostic commises dans des circonstances semblables.

Les tumeurs delà prostate se reconnaîtront à l’aide du toucher rectal, uni à l’introduction d’un instrument dans la vessie, aux signes tirés du moment de l’écoulement de l’urine.

Ce signe exige une attention toute spéciale : quand la rétention est due à une tuméfaction delà prostate, l’urine coule aussitôt que l’instrument a franchi l’obstacle, c’est-à-dire lorsqu’il est arrivé dans la portion prostatique de l’urèthre ; quand, au contraire, la rétention est due à une tumeur mobile de la vessie, qui vient s’appliquer sur le col, l’urine ne coulera que quand la sonde sera dans la vessie.

Lorsque les tumeurs sont très petites et très nombreuses, on peut les

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