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I. Plaies du pénis

L&?> plaies superficielles du pénis y c’est-à-dire qui intéressent seule- I ment le fourreau de la verge ne donnent lieu à aucun accident parti-

1(1) Dionis, loc. cil., p. 257.

(2) J.-L. Petit, Traité des malad. chirurg., t. II, p. -i2.i, in-8“. Paris, 1783.

(3) Guerlain, Dolbeau, Bull. Soc. anal., 1859, p. 89. ..j , , ,

COO AFFECTIONS DES ORGANES GÉNITAUX DE L’hOMME.

culier et n’exigent point d’indications spéciales; les bords de la solution de continuité devront être rapprochés et maintenus en contact avec des bandelettes agglulinatives, et mieux avec de petites serresfines. La réunion est en général facile ; quelquefois cependant ces solutions de continuité se compliquent d’érysipèle.

Les plaies profondes, c’est-à-dire qui intéressent les corps caverneux, présentent des particularités sur lesquelles il est nécessaire d’appeler l’attention.

Les simples piqûres sont en général peu graves; nous insisterons surtout sur les plaies par instruments tranchants et sur celles qui sont produites par les projectiles lancés par la poudre à canon.

Les plaies longitudinales de la verge sont fort rares; peul-ôtre, dit A.Bérard (1), n’ont-elles jamais été observées. Pour ces sortes de plaies on fera une compression circulaire en introduisant, comme le recommande Boyer, une sonde dans l’urèthre, pour faciliter l’action du bandage.

Ijes plaies transversales soni beaucoup plus fréquentes; souvent elles sont produites par une main coupable, poussée par un violent sentiment de jalousie; quelquefois elles sont le résultat d’une mutilation volontaire. La verge peut être divisée complètement, d’autres fois la solution de continuité intéresse une partie seulement de l’organe, l’urèthre se trouve coupé en môme temps qu’une partie des corps caverneux; enfin quelquefois la division ne porte que sur un de ces deux organes, l’urèthre est sain.

Lorsqu’une partie de la verge est complètement séparée, faut-il en tenter la réunion? Ces tentatives sont sans inconvénient, mais il ne faut pas compter sur le succès; il y a peu d’espoir de réunion, môme dans les cas où les deux lambeaux tiendront encore l’un à l’autre par une partie de la circonférence de l’urèthre.

Mais si une partie notable d’un des corps caverneux a été conservée, on peut encore espérer la guérison d’une manière assez complète pour que la blessure n’ait aucune conséquence fâcheuse relativement à l’acte de la copulation. Il ne faut donc pas se hâter de faire l’excision du lambeau, quoique celui-ci soit mou, froid, violacé. C’est ce que démontre le fait suivant, observé par M. Arlaud et communiqué à la Société de chirurgie (2) : P. R..., tisserand, âgé de trente-neuf ans, se trouvait le l" avril auprès d’une femme qui nourrissait contre lui des projets de vengeance; celle-ci s’arma d’un instrument bien tranchant et en porta un coup rapide et violent sur la base du pénis alors en

(1) Dicl. de méd. en 30 volumes, t. XXIII, p. 431.

(2) Bull, de la Soc. de chirurgie., t. VIl, p. 451, et Cas. des hôpitaux, 1857, n" 79, p. 314.

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érection : il en résulta une large plaie intéressant au moins les deux tiers du fourreau de la verge, le corps caverneux gauche et presque la moitié du corps caverneux droit, l’urèthre enfin dans toute son épaisseur. Les vaisseaux dorsaux de l’organe, l’artère caverneuse gauche furent divisés. La section porta à 1 centimètre en avant du pubis et de la racine des bourses. La partie antérieure du membre viril ne tenait plus que par un pédicule composé de la peau épargnée et de la moitié du corps caverneux droit, dont probablement l’artère était restée intacte

Le blessé se traîna avec peine jusqu’à son domicile, qui était proche. Un médecin appelé sur-le-champ, constata une hémorrhagie considérable, qui résista aux hémostatiques employés et ne s’arrêta que par suite d’une syncope qui dura plus de deux heures; sous l’influence de quelques cordiaux, le malheureux revint lentement à lui.

Le docteur Jossand (de Rochefort) vit le blessé le lendemain; la verge était ecchymosée, froide, très gonflée, insensible au toucher, presque complètement détachée du pubis. L’hémorrhagie était arrêtée I par de gros caillots remplissant l’espace compris entre les lèvres et les bords rétractés de la plaie. La réunion fut tentée; on débarrassa la plaie des plus gros caillots et l’on alla à la recherche des vaisseaux, mais sans succès. On ne fut pas plus heureux en cherchant l’orifice du segment postérieur de l’urèthre, au moyen d’une sonde introduite par le méat urinaire ou directement dans la plaie. On se contenta de pratiquer une suture à points séparés, qui rapprocha les téguments et coapta plus ou moins exactement les deux bouts des corps caverneux et de l’urèthre.

Cette première opération eut des conséquences singulières, la coap~ I talion ne fut pas exacte. Quoique les parties similaires ne fussent pas mises en contact, la réunion des deux parties du pénis s’opéra, mais I de telle façon que la verge se tordit sur elle-même et que le gland I regarda l’abdomen par sa face inférieure, qui porte le frein du prépuce. Sans doute la portion restante des corps caverneux fut tordue sur son axe; toujours est-il que le raphé médian décrivait une ligne spirale successivement inférieure, gauche et supérieure.

La cicatrisation isolée de la peau entraîna la cicatrisation isolée des i bouts du corps caverneux et l’écartement des deux bouts de l’urèthre.

L’orifice du segment antérieur s’oblitéra au niveau de la solution de ' continuité. Cette réunion défectueuse et ces changements de direction ÿ mirent plusieurs jours à s’effectuer; ils reconnaissaient pour cause ti l’impossibilité où l’on s’était trouvé déplacer primitivement une sonde T dans le canal de l’urèthre.

3 Quoi qu’il en soit, le malade vécut pendant deux mois avec une dysu-

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rie si intense, qu’il ne pouvait jamais vider complètement sa vessie par l’ouverture rétrécie du segment postérieur du canal. Depuis l’accident le méat urinaire n’avait pas donné passage à une seule goutte d’urine; la miction devenant de plus en plus difficile, et la rétention menaçant de devenir complète, le malade vient à Rochefort, le 29 mai, réclamer les soins de M. Arlaud, qui constate les particularités suivantes :

Une cicatrice située au-devant du pubis et du scrotum occupe plus de la moitié de la circonférence de la verge ; à son centre, sur le raphé, existe un mamelon fongueux, du sommet duquel suinte sans cesse et goutte h goutte une urine limpide. L’hypogastre est soulevé par la vessie distendue. Quand le besoin d’uriner devient pressant, les muscles abdominaux se contractent violemment, la face devient anxieuse, un jet d’urine filiforme, dirigé en bas et à gauche, s’échappe du mamelon et pendant ce temps la partie du canal située en arrière se gonfle par l’accumulation de l’urine dans une poche supplémentaire formée aux dépens du scrotum.

En explorant la verge avec un instrument piquant, on reconnaît que la sensibilité est abolie dans toute la moitié gauche de l’organe, le gland compris, et exaltée au contraire dans la moitié droite et derrière la cicatrice. Les testicules sont aussi volumineux, aussi résistants que chez tout autre homme dans la fleur de l’âge, et cependant il n’y a eu depuis l’accident ni érection ni éjaculation.

La première indication est de rerriédier à la rétention d’urine, de vider la vessie. Le cathétérisme par le méat urinaire fut abandonné, parce que, après quelques .essais, on reconnut l’oblitération de l’urèthre sur la lèvre antérieure de la plaie du pénis. On chercha donc à introduire dans le moignon pubien de la verge et par le pertuis d’où sortait l’urine un stylet un peu (in. Poussé avec une certaine force, cet instrument pénétra dans un cul-de-sac, c’està-dire dans la poche supplémentaire dont il a été parlé plus haut. Cette dilatation fut ouverte largement avec le bistouri, un petit flot d’urine s’écoula. Lorsque le sang fut arrêté, on retrouva sans peine l’orifice uréthral, ce qui permit de conduire dans la vessie une sonde flexible n® 11. On procéda immédiatement à la restauration de l’urèthre.

On eut recours à l’autoplastie par glissement, mais au lieu d’affronter seulement les lambeaux on les fit chevaucher l’un sur l’autre (voy. Fistules urinaires).

U nous importe de faire remarquer ici les conséquences que ce genre de blessure pouvaient avoir pour les fonctions génitales; nous savons que les corps caverneux étaient divisés dans la plus grande partie de leur étendue, et que la coaptation avait été très imparfaite,

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