‹ Eléments de pathologie chirurgicale./ [electronic resource] (volume 2)Chapitre 94 sur 225 · PLAIES DU PÉNIS · texte numérisé non relu

PLAIES DU PÉNIS

aussi les chirurgiens portèrent-ils d’abord un pronostic défavorable. Le malade, néanmoins, eut avec sa femme les rapports sexuels normaux.

Les plaies par armes à feu du pénis méritent de nous arrêter un instant. Les unes intéressent seulement le pénis, c’est-à-dire les corps caverneux et Turèthre, et même l’un de ces deux organes; les autres sont compliquées de la lésion des parties molles circonvoisines : c’est ainsi que l’on a vu des projectiles ayant pénétré par la fesse, retrouvés sous le gland, cachés sous la peau après avoir côtoyé la branche ascendante du pubis; ces plaies n’offrent aucune autre particularité digne d’être notée ici; bornons-nous à signaler celles qui intéressent les parties constituantes de 1a verge.

La blessure des corps caverneux par les balles n’est pas, en général, suivie d’hémorrhagie grave; le froissement de l’orifice des vaisseaux et l’espèce d’eschare qui recouvre la solution de continuité s’opposent presque toujours à l’écoulement du sang. Un des accidents de cette espèce de plaie est la rétention d’urine; on l’observe même lorsque l’urèthre est intact : dans ce cas elle est déterminée par la pression exercée sur l’urèthre, par les tissus gonflés, engorgés; mais, lorsque ce canal a été divisé complètement, la rétraction du bout inférieur, jointe à la cause que nous venons de signaler, détermine une rétention d’urine des plus graves. Nous nous sommes d’ailleurs expliqué sur ce point en décrivant les plaies par instruments tranchants.

Des pansements simples, de l’eau froide, des antiphlogistiques suffisent dans la plupart des cas pour amener la guérison, qui, en général, est assez rapide; mais après la guérison, si le projectile n’a déchiré qu’un des corps caverneux, il reste une déformation du pénis extrêmement curieuse. Le pénis, au moment des érections, décrit une courbe latérale en rapport avec l’étendue de la perte de substance et la dépression de la cicatrice, car le défaut de parallélisme et d’harmonie entre les deux corps caverneux entraîne la verge du côté qui, par le fait de la lésion, se trouve privé de son élasticité ; d’ailleurs l’érection est très imparfaite et môme nulle dans le corps caverneux qui a été intéressé. Cette infirmité peut rendre le coït impossible, par suite de la direction vicieuse de la verge ; dans tous les cas il est difficile et parfois très douloureux. On conçoit qu’un état semblable est fort grave, et qu’il est difficile de l’améliorer. Cependant Baudens (1) a pu faire disparaître la déviation de la verge à l’aide du moyen suivant ; il fit deux incisions profondes, l’une au-dessus, l’autre au-dessous de la cicatrice, et sur le corps caverneux opposé. De la charpie fut pla-

(1) Baudens, Clinique des plaies d'armes à feu, p. 408. Paris, 1836.

NÉLATON. — PATH. CUIB.

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