II. — Contusions du pénis
Les simples contusions et les plaies contuses du pénis sont le plus souvent suivies d’une ecchymose qu is’étend au loin entre les mailles très lâches du tissu cellulaire qui double le fourreau de la verge. Si la lésion a provoqué la rupture d’une veine sous-cutanée, de la veine dorsale de la verge, ainsi que Dufour en a rapporté un exemple (1), l’infiltration sanguine est extrêmement rapide ; le pénis prend une teinte violet foncé, et même noire, qui peut faire croire à la gangrène. Lorsque, au contraire, le tissu érectile qui constitue les corps caverneux est intéressé, le sang s’épanche au pourtour de la plaie de la membrane fibreuse, forme un sac aux dépens du tissu cellulaire, et constitue une tumeur hématique qui offre quelques-uns des caractères des tumeurs anévrysmales; elle est molle, fluctuante; à chaque érection elle se laisse distendre par le sang.
Les conséquences d’une semblable affection, qui se présente principalement lorsque la verge est fortement courbée au moment où elle est en érection, sont des plus’fâcheuses. Doit-on craindre, avec Chelius (2), que l’inflammation du foyer sanguin ne donne lieu à une ulcération et à des hémorrhagies? Toujours est-il que l’incision d’un pareil foyer peut déterminer les accidents les plus graves. Albinus (3) rapporte qu’une tumeus semblable ayant été ouverte, il y eut une hémorrhagie extrêmement abondante, qui ne put être arrêtée et fit mourir le blesse.
On est, du reste, fort embarrassé pour faire disparaître une telle tumeur. « Si elle est volumineuse et gêne considérablement la fonction du pénis, il n’y a d’autre moyen, dit Chelius, que d’amputer la
(\) Gaielte médicale, mi, % a\Ti\. -on- <«44
(2) Chelius, Trailé de chirurgie, traduction de Pigné, t. I, p. 185, ui-8“. I ans, 1»«.
(3) Annolaciones Academicæ, lib. 111, chap. v.
ÉTRANGLEMENT DU PÉNIS. bl'l
verge. La maladie s’est très rarement présentée avec assez de gravité pour qu’on soit contraint d’en venir à celte extrémité ; mais on peut croire que les tumeurs hématiques produites par la cause que nous indiquons ne sont pas aussi rares qu’il le paraît d’abord, et probablement plusieurs des tumeurs dures appelées nœvus ou ganglions des corps cav€7'neux reconnaissent cette origine. On les voit surtout chez les personnes qui ont été affectées de maladies vénériennes ; il est possible qu’elles soient survenues après de fortes érections, pendant une blennorrhagie intense ou même après que les malades se sont, comme ils le disent, rompu la corde. On conçoit en effet qu’un petit épanchement de sang ait pu se coaguler, et que la fibrine seule soit restée sous forme de nodosité ou de noyau (i). »