‹ Eléments de pathologie chirurgicale./ [electronic resource]Chapitre 10 sur 112 · FLOTTE · texte numérisé non relu

FLOTTE

L’organisation du service chirurgical à bord des bâtiments de guerre est bien différente de celui des armées de terre. Cela est facile à comprendre, si l’on compare les conditions dans lesquelles se trouvent les combattants.

A terre, les armées occupent, comme nous l’avons vu, une grande étendue de terrain ; les chirurgiens sont obligés de se multiplier pour ainsi dire afin de voler au secours de ceux qui ont été atteints. Une des grandes préoccupations est de parer à l’insuffisance des moyens de transport, afin de réunir aussitôt que possible les blessés dans les ambulances provisoires, pour qu’ils ne restent pas en arrière, exposés à tomber entre les mains de l’ennemi ou du moins à souffrir des mouvements des corps de troupes. Dans les vaisseaux, au contraire, le blessé est toujours sûr de recevoir des secours immédiats; il ne court pas risque de tomber entre les mains de l’ennemi. Mais à côté de -ces conditions, dont on ne peut nier l’avantage, il en est d’autres qui sont des plus fâcheuses ; nous voulons parler du défaut d’espace pour recevoir les hommes atteints par les projectiles, de la nécessité de les faire disparaître immédiatement du pont ou de la batterie, où ils entravent les manœuvres; ils doivent donc être le plus promptement possible transportés dans un endroit à la vérité très resserré, mais où ils sont autant que possible à l’abri. Nous devons faire remarquer que si à terre on peut, à l’aide de réquisitions, se procurer des objets de literie, de la paille, des pièces de pansement, si l’on peut placer les ambulances dans

(1) Nous devons la plupart de ces détails à l’obligeance de M. le docteur Uerchon, ebirurgien de première classe de lu marine.

un endroit abondamment pourvu d’eau, ces ressources manquent complètement H bord, et que là le chirurgien doit avoir embarqué préalablement avec lui tout le matériel qu’il supposera nécessaire à la suite d’un combat.

Les règlements administratifs prévoient, il est vrai, tout ce qui a trait à ces approvisionnements, mais les modifications incessantes apportées dans nos constructions navales dans ces dernières années permettent difficilement de tracer des règles précises, ou absolument applicables, en ce qui concerne la partie la plus importante du service médical de la flotte, c’est-à-dire sur ce que l’on doit faire avant, pendant et après le combat.

Il y a d’abord à distinguer deux cas principaux, selon que la bataille est purement navale, ou qu’il s’agit d’une attaque faite pai-;des matelots organisés en compagnies de débarquement et opérant à terre.

§ I. — Combat naval.

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