C.O.NSlDlillATIONS liKNÉKALKS SUU LKS AMlUILANCKïi
iiiuuvement nécossité par l’arrivée d’une forte colonne prussienne mit dans l’impossibilité d’aller chercher les blessés, qui tombèrent au pouvoir de l’ennemi. Nous avons rapporté ces deux, faits afin de faire connaître l’importance de la nouvelle organisation que Larrey devait donner aux ambulances. Peu de temps api'ès, en effeL dans un combat dans la montagne d’Oberuchel, près Rœnigstein, Vambulance volante étaitenpleineactivité. «Plusieurs de nos compagnons, ditLarrey, furent tués dans le défilé, et nous eûmes une trentaine de blessés que nous transportâmes avec nous, après les avoir pansés pour la première fois sur le champ de bataille. »
Pour porter les secours sur les lieux du combat, Percy avait imaginé, à l’armée du Nord, de petites voitures basses et arrondies, désignées sous le nom de lourtsch ;\qs caisses de ces voitures contenaient les objets nécessaires au pansement. Vambulance volante de Larrey a prévalu. En effet, non-seulement elle était assez légère pour suivre même les mouvenients de l’avant-garde, mais encore elle permettait d’enlever les blessés pour les conduire loin du combat. Chaque division d’ambulance était composée de douze voitures : huit à deux roues, quatre à quatre roues; les premières recevaient chacune deux blessés couchés dans des cadres où ils pouvaient être pansés; les autres, destinées à être conduites dans des points d’un accès plus difficile, transportaient quatre blessés dont les jambes se croisaient un peu. Chaque voiture était accompagnée d’un chirurgien à cheval et d’un nombre suffisant d’infirmiers pour que les blessés pussent recevoir les premiers soins avant d’être placés dans la voiture qui devait les conduire jusqu’aux hôpitaux de première ligne. Dans les montagnes, les objets de pansement étaient apportés par des chevaux et des mulets de bât dans des paniers recouverts de cuir.
Cette organisation réalisait déjà un grand progrès; mais, ainsi que nous allons le voir, on devait faire mieux encore, et amener les secours aux soldats d’une manière beaucoup plus complète.
§ I. — Du sert'ice de ganté en campagne (1).
L(i nombre et le grade des médecins militaires et des officiers d’administration, pour le service de guerre, sont déterminés par le ministre d’après la force de l’armée ou des corps d’armée et la nature de l’expédition.
I n médecin du grade de principal est placé au quartier général do chaque corps d’armée.
(1) Nous (levons cct ;iriiclc à l’obligeance de .M. le docteur Cliampoiiillon, prorcsscur à 1 Kcolc de trujilcciiic luilitnirc de jicricctionncmcnl du Val-dc-Gràcc.
l’IlüJ.ÉüOMÈNES.
une ai‘mée agissante est formée de plusieurs eorps (rarmée, elle a médecin en chef charge de la direction supérieure du service de
Si
santé. Le médecin en chef réside au grand quartier général; il a sous ses ordres immédiats tous les ollicicrs de santé de l’armée, y compris même ceux des corps de troupes ; il assigne à ses collaborateurs les destinations, les emplois, les missions qu’il juge convenable de leur confier; néanmoins tous les ordres de service qu’il donne sont soumis h l’approbation do l’intendant en chef.
Les olliciers de santé principaux près d’un corps d’armée y remplissent des fonctions analogues à celles du médecin en chef au grand quartier général; ils correspondent avec lui, et dépendent de lui pour tout ce qui concerne la pratique de l’art.
Les ofticiers de santé principaux sont envers l’intendant de leur corps d’armée, pour tout ce qui concerne l’exécution du service, dans le même rapport immédiat de subordination que le médecin en chef envers l’intendant en chef.
Toutes les questions d’hygiène rentrent dans le domaine des attributions respectives de ces officiers de santé ; ils prennent, de concert avec les intendants en chef, les mesures propres à sauvegarder l’état sanitaire des troupes.
Les jours de bataille, le médecin principal, chef des ambulances d’un corps d’armée, fait choix des locaux propres à recevoir les blessés ; il veille à ce que tout le monde soit à son poste; si le personnel est au complet, si le service est assuré. Il fait une tournée dans toutes les ambulances ; là il pratique lui-même les opérations graves, ou bien il aide de son expérience et de ses conseils ceux de ses collaborateurs que des cas difficiles pourraient embarrasser. Lorsque toutes les opérations, tous les pansements sont terminés, il procède, avec le concours des ofliciers d’administration, à l’évacuation des blessés sur les ambulances sédentaires ou sur les hôpitaux de première et de deuxième ligne.
A l’issue d’une bataille, et si les circonstances l’exigent, les médecins des régiments peuvent être distraits de leurs corps pour participer au service des ambulances ou des hê>pitaux ; mais cette réquisition ne peut être que momentanée, car le personnel médical des régiments en campagne a des obligations nombreuses à remplir, il doit toujours être prêt à marcher et à suivre tous les mouvements stratégiques exécutés par la troupe.
§11. — Organisation des ambulances.
Le personnel attaché à une ambulance se compose d’un médecinmajor, de quatre médecins aides-majors, d’un pharmacien aide-major,
d’uli otlicier d’administration comptable, de quatre adjudants, de trois infirmiers sergents et de dix-sept infirmiers soldats.
Le matériel consiste ; 1® En un caisson contenant des médicaments et des ustensiles de pharmacie, les instruments nécessaires aux opérations chirurgicales, des objets de pansements et les brancards servant au transport des blessés.
2“ En un certain nombre de prolonges employées à l’évacuation des malades et des blessés sur les hôpitaux.
3“ En litières et en cacolets réservés, soit pour les blessés qui ne peuvent, sans de grandes souffrances, supporter les secousses de la prolonge ou de toute autre voiture, soit pour les cas où le transport en brancard est impraticable.
Le cacolet est un appareil composé de deux fauteuils dont toutes les parties se meuvent et se déploient au moyen de charnières; un petit banc retenu par deux courroies, sert de point d’appui aux pieds du malade. Ces fauteuils sont attachés, l’unàdroite, l’autre à gauche, à un bàt porté à dos de cheval, de mulet ou de chameau.
Le cacolet est particulièrement affecté au transport des blessés frappés à la tête, au tronc ou aux membres supérieurs.
La litière est, comme son nom l’indique, un lit étroit, garni d’un matelas et d’un traversin; à défaut de ces objets on garnit la litière avec de la paille ou du foin.
Les deux litières sont fixées et portées de la même manière que les cacolets; elles sont destinées à transporter les hommes qui ont eu les membres inférieurs fracturés, amputés ou gravement endommagés, et les malades qui, pour cause de faiblesse, ne peuvent demeurer assis sur un cacolet.
Le caisson d’ambulance, conduit par des soldats du train des équipages, est surmonté d’un drapeau rouge qui en indique la destination. Chaque division d’infanterie ou de cavalerie est pourvue d’une ambulance ainsi organisée.
Le chiffre des approvisionnements affectés à une ambulance se règle d’après la force des corps auxquels elle appartient, et d’après le nombre probable des blessés, qui est, en moyenne, du quart ou du cinquième de l’effectif des combattants.
Ainsi, un corps d’armée composé généralement de trois divisions, représentant de 20 à 25 000 hommes, doit être approvisionné de telle ■sorte qu’il puisse fournir sur le champ de bataille les objets nécessaires à cinq ou six mille pansements. Il est même plus prudent d’outre-passer cette mesure que de rester en deçà.
A quelques proportions qu’il se trouve réduit, en vue de la nature et du but des opérations militaire's, cet approvisionnement doit toujours être complet. En effet, lorsqu’on organise les ambulances, il ne faut
l’IlOLKllO.MKIV ICS.
Jamais oublier ([u’elles sont destinées :i servir sur le terrain même du eombat, loin quelquefois de toutes ressources locales; il faut donc prévoir les moindres besoins et y j)ourvoir à l’avance.
Indépendamment de ses ambulances divisionnaires, chaque corps d’armée a une andiulance do réserve établie au quartier {,'énéral. Le personnel et le matériel de cette ambulance sont destinés, un Jour de bataille, soit à se porter sur les points où le combat étant le plus acharné cl le plus meurtrier, les blessés aHluent en plus grand nombre, soit à remplir les vacances survenues dans les ambulances divisionnaires, soit enfin à fournir une partie ou la totalité du personnel des hôpitaux temporaires au moment où on les ouvrira.
Pareille ambulance est organisée au grand quartier général, et sert aux mêmes fins; c’est là que se trouve, en outre, la principale réserve des approvisionnements.
Pendant le combat, les médecins, dans les régiments, ne demeurent point inactif; ils contribuent, pour une certaine part, aux secours qui doivent être donnés immédiatement à certains blessés. Chaque régiment a donc sa petite ambulance approvisionnée d’objets contenus dans un havre-sac et dans une paire de cantines portées à dos de mulet. Ces cantines constituent une sorte de réserve.
Pour l’infanterie, le sac d’ambulance est, pour les dimensions et pour le poids, entièrement conforme au sac du soldat : l’intérieur, de ferblanc, est divisé en plusieurs compartiments, où sont placés les médicaments, les instruments de chirurgie et les objets de pansement.
Ce sac, porté dans le rang, par un soldat de chaque bataillon, peut devenir très utile dans les circonstances oii il est impossible de s’approvisionner aux cantines. 11 est pourvu de telle sorte que, conjointement avec la trousse-giberne, les médecins d’un régiment, quand ils sont séparés, puissent panser vingt blessés, au moins, et pour le cas oii ils sont réunis, extraire des projectiles, pratiquer des ligatures et même des amputations.
Dans les régiments montés (artillerie ou cavalerie) le havre-sac est remplacé par des sacoches confectionnées de manière à jiouvoir être portées à dos de cheval, sans gêner le cavalier et sans fatiguer sa monture.
Ces sacoches, d’un poids de 7 kilogrammes également répartis, sont de cuir noir de vache corroyé; elles renferment la trousse des instruments de chirurgie, ainsi que deux colfres de veau corroyé, avec compartiments de vache étirée, dans lesquels sont placés les médicaments et les objets de |)ansement. (à;t appareil, garni comme le havre-sac, olfre les mêmes ressources tpie lui dans le service de canqiagne.
Cl*.NSII)iîUATIUNS (,;Éi\KllALKS SÜK, I.KS A.MllUliANCK.S.
g XII. — ronclionnement des ambulances.
Lu veille d’une bataille, lorsqu’elle est prévue, ou bien au moment même du combat, quand il s’engage inopinément, le médecin en chef, dans chaque corps d’armée, explore avec circonspection toutefois, le pays où la lutte devra avoir lieu, il y recherche les locaux qui pourront être convertis en dépôts d’ambulances. Ces dépôts sont ordinairement établis dans une chapelle, une église, une ferme, un moulin, une gare de chemin de fer, un château, une grange, un grenier, une écurie dont on fait garnir le sol avec du foin ou de la paille, qu’on se procure par voie de réquisition ou que l’on fait faucher sur place.
A défaut d’un local quelconque, on fait dresser des tentes; mais la tente est de tous les abris le dernier qu’il convient d’adopter, car pendant les saisons extrêmes, le froid et la chaleur y deviennent intolérables, et souvent, en été, les blessures y dégénèrent promptement.
L’installation des ambulances est beaucoup moins embarrassante, lorsque l’armée opère au voisinage d’une ville ou même d’un village; là on trouve toujours quelque édifice facile à transformer; là aussi on peut se procurer des vivres, du vin, du linge, des effets de literie, en un mot une partie du matériel dont on peut avoir besoin. Dans les cités hospitalières on doit encore compter sur le concours des médecins civils, qui s’empressent le plus souvent d’offrir leurs services aux médecins do l’armée.
Au point de vue de la sécurité et de la commodité des transports, il faut qu’un dépôt d’ambulance soit abrité contre les projectiles, les attaques ou les surprises de l’ennemi ; qu’il soit autant que possible à proximité do la ligne de bataille ; il faut surtout qu’il soit abondamment pourvu d’eau, car l’eau joue un grand rôle dans la thérapeutique initiale des blessures de guerre.
Un drapeau rouge placé sur le point culminant du dépôt, sert à diriger ou les blessés ou les hommes qui les transportent. Si le terrain est fortement accidenté, des jalons indicateurs sillonnent le chemin à suivre.
Lorsque le lieu destiné à l’établissement de l’ambulance a été choisi, on le fait connaître immédiatement aux chefs de corps qui en informent la troupe.
T.c médecin en chef de l’armée doit être averti aussi de la position de chaque ambulance particulière, afin qu’il puisse y transmettre ses ordres, et y faire connaître le lieu où il a décidé que seront évacués et réunis les blessés qu’on y aura pansés ou opérés.
Kn cas de siégé, les ambulances du côté des assiégés sont établies (lans une casnmatc, sur huiuclle Hotte un drapeau noir (|ui indique
9^ l’IlOLÉaOMKNES.
qu’cn vertu du droit des gens, ce point doit être épargné par les projectiles de l’enneini; du côté des assiégeants, des ambulances protégées par un repli de terrain, fonctionnent au voisinage des lignes de circonvallation, des tranchées, des chemins couverts, en un mol des travaux d’approche.
Au moment d’un combat, la section active d’ambulance se dédouble quelquefois en ambulance volante et en ambulance de dépôt.
L’ambulance volante se compose d’un caisson léger, de deux médecins, d’un oflicier d’administration et de plusieurs infirmiers. Si la nature du terrain s’oppose à ce qu’on puisse l’aborder avec le caisson, il faut prendre alors deux paniers garnis que l’on charge sur un des chevaux de l’attelage.
L’ambulance volante est particulièrement destinée à porter des secours partout où ils sont jugés promptement nécessaires, comme lorsqu’une troupe d’avant-garde est aux prises avec l’ennemi, ou qu’un corps de cavalerie exécute au galop une charge loin du gros de l’armée.
Pour rendre plus facilement compréhensible le mécanisme suivant lequel chacun, dans une ambulance, remplit les fonctions qui lui sont attribuées, supposons deux armées ennemies en présence. Aux premiers coups de fusil, aux premières décharges du canon, un officier d’administration, accompagné d’infirmiers-majors et d’infirmiers, se rend derrière la ligne avee des brancards et des cacolets pour relever les blessés et les transporter au dépôt de l’ambulance.
Tous les blessés, qu’ils appartiennent aux vainqueurs ou aux vaincus, sont recueillis avec le même empressement et secourus avec la même humanité. Dans le même temps, les médecins des régiments, convenablement abrités, procèdent de leur côté aux opérations urgentes, telles que des ligatures d’artères. Transporté à l’ambulance, tout militaire blessé, après y avoir été pansé, est ensuite ou dirigé sur son corps, ou évacué sur l’hôpital le plus voisin, suivant la gravité de sa blessure ; ces évacuations doivent se faire immédiatement, autant que les moyens de transport en offrent la possibilité. De cette manière l’ambulance de bataille peut à chaque instant changer de position et se tenir constamment à portée de la division à laquelle elle appartient. Après une journée sanglante, le terrain doit être, le soir, libre de blessés. Dans le cas où l’évacuation des ambulances de bataille n’a pu se faire complètement, et que cependant l’armée se porte en avant, le matériel, replacé dans les caissons, et suivi de la plus grande partie du personnel, se met en marche et suit les colonnes, afin de pourvoir aux nouveaux besoins que de nouveaux combats pourraient faire naître. (3n laisse en arrière un détachement de soldats infirmiers, un ollicier d’administration pour les commander et quelques olliciers de santé qui devront prendre soin dos blessés, jusqu’à ce que le transport de
CÜNSIDKRATIONS GÉNÉRALES SDH LES AiUUULANCES.
ceux-ci soit complètement eflbctuè. Ce détachement rejoint ensuite sou ambulance.
Il arrive fréquemment que le nombre des infirmiers est iiisullisant pour les besoins de rambulance; on croit pouvoir remédier à cet état de choses eu meltaut en réquisition les musiciens des régiments. Mais les médecins ont rarement à se louer du concours de ces auxiliaires qui, novices aux scènes de la chirurgie, en sont vivement impressionnés et désertent leur poste. On obtient au contraire d’excellents services des cantinières, lesquelles se montrent, pour la plupart, d un sangfroid et d’un dévouement qu’on ne saurait trop honorer.
Lorsqu’une armée fléchit et bat en retraite, il faut multiplier les moyens de transport et accélérer les mouvements. Si au lieu de s’effectuer en bon ordre et avec des retours oftensifs contre l’ennemi pour le contenir à distance, la retraite prend au contraire les allures d’une déroute, alors les prolonges, les cacolets, les litières, les voitures de réquisition, les voitures de bagages, celles des vivandières, les fourgons des généraux, les caissons de l’artillerie, les chevaux de main des ofliciers, les barques, les bateaux, les chalands, etc., tout est employé pour dérober les blessés à l’ennemi.
Il arrive quelquefois qu’au milieu des désordres et du tumulte qui régnent dans les mouvements d’une retraite précipitée, les blessés épars sur le champ de bataille ou ceux qui se trouvent réunis dans les ambulances n’ont pu être enlevés à temps ; ils ne doivent jamais être abandonnés sur le champ de bataille par les officiers de santé, soit en présence de l’ennemi, soit même après une déroute, à moins d’ordres formels du commandant supérieur ou de circonstances impérieuses tout à fait exceptionnelles.
§ IV. — Organisation et service des évacuations. — Hôpitaux temporaires de première, deuxième et troisième ligne.
11 est très important, en campagne, que les ambulances actives soient promptement disponibles, afin qu’elles puissent s’associer aux mouvements exécutés par l’armée. l)e là la nécessité de diriger sur les hôpitaux temporaires tous les blessés aussitôt qu’ils ont reçu les soins les plus urgents. On comprend aussi dans ces évacuations les malades fiévreux et les vénériens.
Los hôpitaux temporaires doivent être multipliés d’après les prescriptions du médecin en chef de l’armée, selon les besoins prévus du service, afin de prévenir les redoutables ett'ets de l’encombrement, c est-a-dire les épidémies les plus désastreuses, comme M. H. Larrey y a réussi pendant la guerre d’Italie.
HlUl-KUlMÈiNES,
Les hôpitaux tempuraii’os à formel- sur les ligues (l’t-vaeualimi se subdivisent en liôiiitaux depremièrej de deuxième et de troisième ligne.
Les hôpitaux de première ligne doivent être établis à courte portée des ambulances, afin de rendre le premier transport des blessés moins fatigant.
Los hôpitaux de deuxième et de troisième ligne ne doivent être distants les uns des autres que d’une faible journée de marche, à moins toutefois que le transport des malades ne se fasse par eau ou en chemin de fer : ces hôpitaux sont destinés à recevoir successivement les hommes venant des hôpitaux de in-emière ligne, où il est prudent de prévenir l’encombrement par de fréquentes évacuations.
Le choix des emplacements oii doivent être organisés ces hôpitaux est fait par l’intendant en chef, d’après l’avis du médecin en chef de l’armée, pour tout ce qui a rapport à la salubrité.
Ün a égard, dans le choix de ces emplacements, à la facilité des transports ou par terre ou par eau : il faut généralement donner la préférence aux transports par eau, particulièrement sur les lleuves ou sur les rivières, parce que les malades peuvent de la sorte franchir de grandes distances sans secousses ni fatigues.
Dans les contrées habitées, on trouve presque toujours les moyens d’assurer un bon service hospitalier à la suite des armées, car on rencontre à peu près constamment dans les villes ou dans les campagnes des édifices propres à être transformés en hôpitaux.
Ces bâtiments sont les châteaux, les palais, les collèges, les couvents, les églises, les manufactures, les casernes, etc., etc.
Toutefois les églises sont les constructions qui conviennent le moins, parce qu’elles sont toujours froides, souvent humides et qu’il est très difficile de les chauffer à cause de leur élévation. Comme l’air s’y renouvelle peu, les miasmes font prendre promptement un caractère typhoïde à toutes les affections.
Les manufactures, les vastes ateliers sont bien préférables. En général ces bâtiments sont bien construits, bien aérés, et situés dans des lieux salubres; il suffit de placer des lits dans leurs vastes salles pour en faire tout de suite un bon hôpital.
Les monastères se recommandent presque toujours par une bonne exposition, une construction bien entendue, le voisinage de l’eau, du bois; on y trouve des cuisines, des fours, des caves, des latrines, des bains, en un mot tous les accessoires d’un hôpital.
Quand une armée nombreuse sc porte rapidement sur un point éloigné, on est exposé à manquer de fournitures de couchage ; il faut sc résoudre alors à coucher les malades tout habillés, sur la paille ou sur le foin qu’on étend dans les chambres et jusipic dans les corridors, car il est des circonstances oii l’on est obligé de tirer parti de tout.
(’.O.NSinKllAïlOXS (tÉNKIVALES SUR LES AM IILLAXEES.
Lorsque, par suite de dilliculLis ou de lenteurs dans la niarehe des vwtures de bagages, ou en est réduit à ce dénùuieut, il faut contraindre, par voie do réquisition, les habitants à Fournir les objets de literie nécessaires au service des hôpitaux temporaires.
Une des meilleures dispositions que Fou puisse prendre, en pareil cas, c’est d’ordonner la confection d’un grand nombre de paillasses. Lorsque celles-ci sont bien faites, disent MM. Maillot etPuel, elles ne le cèdent en rien aux matelas; elles sont même préférables, en ce sens que, dans certaines maladies épidémiques, on peut promptement les laver, en brider la paille et la renouveler, ce qu’on ne peut faire pour les matelas. Pendant l’été, surtout dans les pays chauds, il n’y a en réalité aucun inconvénient à coucher les malades sur la paille; les hommes atteints de maladie ou de blessures très graves pourraient seuls être pourvus d’un coucher plus moelleux.
C’est encore par le moyen rigoureux des réquisitions que l’on se procure pour le service des hôpitaux une foule d’objets de première nécessité, tels que le linge, la charpie, les médicaments, ♦les vivres, les ustensiles de cuisine, etc.
Pendant tout le temps que dure la guerre, le service médical des hôpitaux temporaires est fait par des officiers de santé et d’administration, qui n’appartiennent pas ou qui n’appartiennent plus au personnel des ambulances actives. Ces officiers néanmoins sont sous les ordres de l’intendant et du médecin en chef de l’armée.
Lorsque la paix met fin aux opérations militaires, tous les chirurgiens des ambulances dissoutes sont appelés à servir dans les hôpitaux temporaires.
Lorsqu’il y a lieu de faire des évacuations collectives, soit d’une ambulance sur un hôpital, soit d’un hôpital sur l’hôpital de la ligne voisine, le sous-infendant en informe à l’avance les officiers de santé, qui désignent sur une liste nominative les malades en état de supporter le transport.
Les sous-intendants règlent l’itinéraire de ces évacuations; ils fixent les gîtes intermédiaires où elles doivent s’arrêter; ces gîtes sont, autant que possible, ceux d’étapes, à moins que l’état des routes, les circonstances de la saison ou la situation des malades ne s’y opposent. ‘
Il est prescrit d’avance aux autorités locales, dans chaque station, do prendre les mesures nécessaires pour que les malades soient reçus et installés dans des locaux convenables.
Le sous-intendant règle l’heure du départ, de manière à éviter les marches de nuit; il réunit, à l’heure fixée, les prolonges du train, les cacolets, les litières, ainsi que les voitures de réquisition nécessaires au transport des malades; il dispose de même des navires ou des trains de eliemin (h* fer.
Les évacuations collectives sont toujours accompagnées par un ou plusieurs oHiciers de santé et d’administration, par des infirmiers et par une escorte de troupes.
L’officier de santé est muni de médicaments et d’articles de pansement, afin de pouvoir donner ses soins aux malades pendant la route.
L’officier d’administration pourvoit, au moyen de fonds mis à sa disposition et par des achats sur place, à l’alimentation des malades.
L’escorte maintient le bon ordre dans le convoi et le protège contre les insultes ou les agressions d’une population ennemie.
Des moyens ou des frais de transport sont alloués a l’officier de santé et à l’officier d’administration qui accompagnent une évacuation.
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