‹ Eléments de pathologie chirurgicale./ [electronic resource]Chapitre 44 sur 112 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

DES ACCIDENTS CAUSÉS l'AU LA FOUDRE.

Dans une période de dix-sept années, on a constate en Drancei 1308 décôs d’individus tués roides par la foudre; ajoutez à ce noinl)re celui des individus blessés, on aura un chilfre assez élevé pour qu’il soit permis de dire que, sans être très communs, ces accidents sont assez fréquents pour qu’ils aient pu être étudiés avec soin et qu’ils soient dignes de l’attention des chirurgiens.

Un certain nombre de sujets tués par la foudre ne présentent souvent aucune^espèce de lésions anatomiques : on a remarqué que leurs cada- .vres devenaient très rapidement rigides et que la putréfaction se dévelop-i pait parfois très vite, tandis que, dans quelques cas, elle semblait retardée.' Chez quelques sujets, au contraire, on trouve des lésions extrêmement! bizarres : ainsi on a signalé la fracture ou l’arrachement d’un ou de^ plusieurs membres, l’arrachement partiel ou total de la langue, des fractures du crâne, des perforations des téguments des os du crâne, la per-: foration de la membrane du tympan, la proéminence des yeux, l’épila-i tion, la cataracte, l’avortement, etc. Mais les lésions sans contredit les plus fréquentes sont des brûlures plus ou moins profondes : tantôt, eiii effet, on observe seulement une teinte brune de la peau; tantôt on constate des brûlures qui vont jusqu’au quatrième degré. Ces lésions sn manifestent sous la forme de lignes plus ou moins larges, très diversement tracées sur le corps. 11 est fréquent de voir ces trajets déterminés par des corps métalliques portés par les individus : c’est ainsi que dans un cas le courant avait dessiné sur le cou le trajet d’une chaîne d’or.: Terminons cette énumération en signalant un fait des plus curieux : c’estla formation sur la peau d’images photo-électriques représentant les objets du voisinage. Andres Poey a rassemblé un grand nombre dd faits de ce genre (1).

Les individus frappés de la foudre perdent connaissance par suite delà commotion électrique. Cq^ état peut durer pendant un temps assez long, et, lorsque les sujets reviennent à eux, ils n’ont point connaissance de ce qui s’est passé; il y a une paralysie du mouvement et du sentiment (jui persiste môme après que le malade est tout à fait hors de danger, et (luelqucfois indéfiniment; souvent même, après la guérison, il reste une faiblesse, une [lesanteur, une diminution de la délicatesse du tact qui no

(1) Andres l’ocy, llalalion historique et théorie des images photo-clectriqucs de la foudre {Annuaire du Cosmos, 1801, p. 107).

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CONSmiÎRATrONS GÉNKnALES SUn l/ULCÉnATION. disparaît qu’avec lenteur. 11 n’est pas très rare de rencontrer une amaurose, une surdité incurables, ou un état cérébral voisin de l’imbécillité. Dans des cas plus rares, on constate une exaltation de la sensibilité générale ou spéciale. En général, les individus frappés par la foudre et qui n’ont pas été tués finissent par guérir complètement.

Lorsqu’on est appelé auprès d’un individu frappé par la foudre et resté sans connaissance, on essayera à le tirer de cet état par des frictions, des lavements excitants; si la respiration ne se fait plus, on essayera de la respiration artificielle. Quant aux brûlures, elles ne présentent pas d’indications spéciales ; elles seront traitées comme toutes les lésions de ce genre. Contre la paralysie, on conseillera les frictions stimulantes, la faradisation, etc.

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