‹ Eléments de pathologie chirurgicale./ [electronic resource]Chapitre 53 sur 112 · V. — Kystes vasculaires · texte numérisé non relu

V. — Kystes vasculaires

C’est à cette espèce qu’appartiennent les kystes formés dans la cavité || d’un vaisseau oblitéré, tels sont les kystes que l’on rencontre quelque- |l fois sur le placenta. M. Robin considère ces petites tumeurs transpa- |l rentes, réticulées à leur intérieur, comme formées dans les villosités i| du chorion; M. Cruveilhier, au contraire, les regarde comme formées* || par la dilatation des veines oblitérées. Nous ne pouvons nous arrétei i sur ce sujet qui est étranger à la chirurgie, et si nous le signalons, c’esi ! 3

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afin de présenter un tableau aussi complet que possible dos diftérentes espèces de kystes. Nous dirons la même chose des kystes que l’on trouve dans les plexus choroïdes.

C’est à cette catégorie qu'appartient une espèce de kystes plus intéressants pour le chirurgien, ce sont les kystes hémorrhoïdaux . Il n'est pas rare en eflèt de voir à la marge de l'anus des tumeurs hémorrhoïdales fluctuantes qui n'ont aucune communication avec les vaisseaux, ce sont de véritables kystes hématiques; leur transformation en kystes séreux ne saurait être contestée depuis que M. Laugier a enlevé à la marge de l'anus une tumeur du volume d'une petite pomme qui datait de trente ans et renfermait, outre de la sérosité, une matière couleur chocolat qui attestait son origine.

La transformation partielle des tumeurs érectiles, spontanée ou consécutive à un traitement, constitue encore une des origines des kystes vasculaires. Voici comment M. Cruveilhier décrit cette transformation d'après Bickersteth ; «La guérison spontanée ou artificielle des tissus érectiles s'opère en général par une inflammation qui oblitère les vaisseaux sanguins dilatés; mais si l'oblitération est incomplète, s'il reste des portions limitées de tumeurs vasculaires qui n'ont pas été envahies par l'inflammation oblitérante, les portions de canalicules vasculaires qui sont isolées, sans communication avec le reste de la circulation, forment des cavités closes contenant du sang coagulé. L'absorption et la disparition de la matière colorante s'effectuent lentement; la sécrétion des parois s'établit et une dilatation consécutive des kystes nouvellement constitués complète la métamorphose (1 ). »

Depuis quelques années l’attention des chirurgiens a été appelée sur les kystes multiloculaires congénitaux que l’on observe au cou; M. Cruveilhier croit devoir rapporter cette espèce de tumeur à des kystes vasculaires. En effet, ces poches extrêmement nombreuses renferment les unes de la sérosité parfaitement limpide, d'autres un liquide rougeâtre, d'autres un liquide aussi foncé que du sang veineux; quelquefois on trouve des caillots dans quelques-unes de ces poches. M. Verneuil a présenté en 185â à la Société anatomique une tumeur de cette nature, extirpée dans l'aisselle d'un enfant de sept ans.

Il nous resterait à signaler les kystes développés dans les vaisseaux lymphatiques, mais les faits observés jusqu'à ce jour ne sont pas assez probants pour que l'on puisse rien conclure à ce sujet. Quant à ceux qui se développeraient dans les ganglions lymphatiques, leur existence est parfaitement démontrée par un fait que nous avons observé sur un étudiant en médecine, qui, à la suite d'unelymphangite, eut une inllam-

(1) Cruveilhier, loc. cil., t. lll, p. 492.

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mation des ganglions de l’aisselle, et plus tard un kyste renfermant do | la sérosité.

§ II. — K.yste» non préexitUnts. — Kystes consécutifs.

Dans ce second paragraphe nous étudierons les kystes qui se développent autour de corps étrangers existant préalablement dans l’économie. Que ce corps étranger soit du sang, du pus, de la matière tuberculeuse, une tumeur cancéreuse, cartilagineuse, fibreuse, des entozoaires, le foetus dans une grossesse extra-utérine; que ce soit un corps venu du dehors, une balle par exemple, il n’en est pas moins vrai que dans tous ces cas il y a un mode de formation semblable de la cavité kystique. On voit s'organiser autour de ce corps étranger quel qu’il soit, une membrane d’isolement qui forme la poche ; celle-ci est adhérente par sa face externe, sa face interne au contraire est lisse, et fournit souvent un liquide propre à lubrifier, quelquefois môme lu entamer, à dissoudre quelques-unes des substances renfermées dans s le kyste ; c’est en vertu de ce mécanisme que l’on peut observer la disparition spontanée de ces tumeurs.

Les kystes non préexistants peuvent être divisés en plusieurs espèces'? en raison de la substance qu’ils renferment, tels sont :

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