ANTHRAX
Les caractères anatomiques de l’anthrax sont entièrement semblables i à ceux du furoncle; le volume seul de la tumeur établit entre ces deux f affections une différence qui est loin de justifier la description isolée I qu’en ont donnée tous les auteurs, qui ne justifie même pas compléte- 1 ment la distinction des deux variétés que nous avons admises, mais que ' nous maintenons cependant, afin de ne pas trop nous éloigner de l’usage ; généralement adopté.
Lorsque l’inflammation se propage à un grand nombre de paquets cellulo-graisseux intra-aréolaires, la tuméfaction qui en résulte est considérable ; mais comme elle porte sur une plus grande surface, et que chacune des parties comprises dans cette surface se tuméfie également, la tumeur perd la forme conique propre au furoncle pour revêtir celle d’un segment de sphère. La rougeur qu’elle présente est vive à sa base et violacée sur son sommet ; l’épiderme qui recouvre cette dernière partie est soulevé sur un seul ou plusieurs points par de la sérosité sanguinolente qui le déchire etle détruit dans toute l’étendue de son décollement. Le derme ne présente plus une seule, mais plusieurs ouvertures, qui lui donnent l’apparence d’un crible à travers lequel on peut, en exerçant sur la base de la tumeur une pression suffisante, exprimer le pus et le produit pseudo- membraneux qui constitue le bourbillon. Toutes ces ouvertures se réunissent un peu plus tard, et n’en forment plus qu’une seule. Le tissu cellulaire sous-cutané participe davantage à l’inflammation et à la suppuration, qu’on voit môme quelquefois s’étendre à de grandes distances ; dans ce cas, la maladie prend les caractères du phlegmon diffus. Il est rare cependant de voir l’inflammation et la suppuration dépasser les limites de la tumeur. Lorsque le pus et le corps étranger ont été expulsés, la tuméfaction diminue rapidement, et la cicatrisation s’accomplit en quelques jours; la cicatrice demeure circulaire, régulière et à peine apparente.
Les trois périodes que nous a présentées la marche du furoncle se retrouvent également dans l’évolution de l’anthrax : la première est ordinairement accompagnée de phénomènes fébriles qui présentent