‹ Eléments de pathologie chirurgicale./ [electronic resource]Chapitre 66 sur 112 · I-'UHÜJSCILK · texte numérisé non relu

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liaison. Dans ce dernier cas^ on l’a considéré comme un émonctoire que l’organisme emploie pour rejeter au dehors un principe morhilique. Ces furoncles critiques sont ordinairement assez nombreux, ou bien ils se succèdent pendant plusieurs semaines en se montrant sur les points les plus opposés. Il n’est pas rare de voir survenir une éruption de furoncles chez quelques individus qui jouissent en apparence de la santé la plus parfaite.

Diagnostic. — Les tumeurs de cette nature sont faciles à reconnaître; le phlegmon, cependant, s’en rapproche par quelques-uns de ces caractères : ainsi que le furoncle, il est constitué par une tumeur dure, rouge, bien circonscrite, qui est le siège d’une douleur lancinante, et qui se termine par suppuration. Mais, dans la première période, le furoncle dilfère du phlegmon par son volume, qui est moindre, par sa forme, qui est acuminée; dans la seconde, il en diffère par le mode de perforation de la peau, et par la présence du bourbillon, dont les débris se mêlent à la suppuration.

Cette maladie est peu fâcheuse ; elle ne présente en général d’autres inconvénients que celui de la douleur vive qui l’accompagne et de la jietite cicatrice qui en est la conséquence ; mais la première se dissipe rapidement, et la seconde est à peine apparente.

Traitement. — 11 n’est jamais nécessaire de recourir aux moyens antiphlogistiques généraux pour combattre le furoncle, même lorsqu’il se montre sur plusieurs points simultanément. Les applications locales constituent au début le traitement qu’il convient de lui opposer.

Les auteurs,, étant unanimes pour croire à l’étranglement du tissu cellulaire dans cette affection, l’ont été' également sur la nécessité de pratiquer le débridement. Lallemand conseille une incision circulaire qui embrasse la base de la tumeur. Toute la partie des téguments qui est inscrite dans cette incision se gangrène et se détache, en laissant une solution de continuité que les bourgeons charnus remplissent et réparent, soit en attirant les tissus de la circonférence au centre, soit en s’organisant. Une semblable opération est douloureuse, produit une solution de continuité avec perte de substance, la guérison par conséquent se fait longtemps attendre ; en outre elle est complètement inutile, aussi doit-elle être rejetée. La plupart des auteurs conseillent avec plus de raison une incision simple, cruciale ou étoilée, qui n’entraîne aucune mortification de téguments; Dupuytren surtout a prêté l’appui de son nom à cette théorie de l’étranglement et à la pratique qui en découle. Dans ses Leçom ovules, on lit le fait suivant, ([ui a sans doute puissamment contribué à propager l’une et l’autre ; « Un homme vint, en 1812, à riIôtel-Dieu, portant au dos un furoncle du volume d’un œuf de poule. Une incision médiane partagea la tumeur en deux parties égales, l’imo supérieure, l’autre inférieure; la première lut subdivisée par luio

AFFECÏIUWS DE EA l'EAl'.

seconde incision qui tombait perpendiculairement sur Tincision précédente en formant un T; de cette manière la partie supérieure de lu tumeur était divisée crucialement, pendant que l’inférieure éüiit restée intacte. Dupuytren prévint ses élèves que les accidents ne cesseraient que dans la partie supérieure. On appliqua un cataplasme émollient. Le lendemain, l’inflammation était tombée dans le lieu désigné; mais la moitié inférieure était dure, enllammée, beaucoup plus volumineuse que la veille, et le malade assura n’avoir éprouvé de douleur que dans cette partie; on l’incisa, et tous les accidents disparurent. » Ce fait est si précis, qu’il semble repousser toute argumentation; mais nous ne craignons point d’affirmer qu’il est tout à fait exceptionnel. Dans l’immense majorité des cas le débridement ne fait pas disparaître les accidents avec autant de rapidité. Un furoncle est une inflammation spéciale caractérisée par la sécrétion d’un liquide albumino-gélatineux qui se concrète : une incision simple ou composée peut-elle faire cesser cette inflammation et l’épanchement pseudo-membraneux qui en résulte? Non, assurément. A la vérité, l’instrument tranchant porté sur la tumeur, en provoquant une légère saignée locale, en faisant disparaître la tension des tissus enflammés autour du produit pseudo-membraneux, diminue la douleur; mais tout n’est pas là, il reste un état particulier qu’il s’agit de combattre.

La première indication à accomplir pour faire cesser une inflammation est d’éloigner toute cause irritante ; on appliquera sur la tumeur des corps chauds, émollients ou onctueux. Un simple cataplasme de farine de graine de lin, arrosé d’une décoction d’eau de guimauve, ou quelques gouttes de laudanum si la douleur est vive, sera le topique le plus utile. On a conseillé d’appliquer des sangsues autour de la base du furoncle, mais elles nous paraissent plutôt aptes à entretenir l’inflammation qu’à la calmer, soit par leui’s piqûres mêmes, soit en favorisant l’afflux sanguin. Quelques auteurs aussi recouvrent la tumeur avec un emplâtre de diachylon gommé : ce topique est un des meilleurs qui puissent être mis en usage; cependant nous pensons qu’on doit accorder la préférence aux applications émollientes. Lorsque le furoncle est arrivé à la deuxième période, on fera une incision passant par le sommet de la tumeur et divisant toute la partie indurée. Cette solution de continuité sera assez profonde pour arriver jusque sur le bourbillon : par cette petite opération, à la suite de laquelle on continuera les applieations émollientes, on épargnera des souffrances au malade en bâtant la sortie du corps étranger dont l’élimination est indispensable, et il ne sera pas besoin d’attendre la perforation des téguments ; d’ailleurs cette perforation n’est pas toujours immédiatement suffisante, puisque, comme nous l’avons vu, le bourbillon sort souvent par fragments.

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