‹ Eléments de pathologie chirurgicale./ [electronic resource]Chapitre 69 sur 112 · TUMEURS FOLLICULAIRES · texte numérisé non relu

TUMEURS FOLLICULAIRES

M. Rayer donne ce nom aux tumeurs formées par raccumulation de la matière sébacée dans l’intérieur des follicules qui la sécrètent.

Le volume que présentent ces tumeurs est exirêmement variable ; tantôt elles sont grosses comme une lentille, d’autres fois elles égalent le volume d’une noix. La matière qui remplit la cavité du follicule offre ordinairement une consistance assez considérable ; elle conserve l’impression du doigt lorsqu’on la comprime, sa couleur est jaune fauve. Les parois distendues du follicule sont en même temps hypertrophiées, peu adhérentes au tissu cellulaire ambiant. L’orifice de décharge de cette poche membraneuse a subi une ampliation analogue à celle de la capacité de la poche elle-même, et laisse apercevoir la matière sébacée, qui, dans ce point, est noircie par les corps pulvérulents qui s’y sont attachés.

Ces tumeurs ne provoquent aucune douleur ; elles ne constituent qu’une difformité plus ou moins fâcheuse, suivant le lieu qu’elles occupent. On a observé qu’elles se développent très souvent à la tête ou au cou.

Le traitement consiste à vider le follicule en le pressant entre les doigts, ou en introduisant une petite curette dans son intérieur. Pour empêcher une nouvelle accumulation, on conseille d’accrocher sa surface interne, et de l’amener au dehors, en retournant le follicule sur lui-même. Cette petite opération se fait assez facilement : si cependant elle présentait quelques difficultés, on-pourrait se borner à détruire la surface interne de la poche a l’aide d’un caustique.

Nous n’insisterons pas davantage sur cette affection dont nous avons déjà tracé l’histoire en décrivant les kystes sébacés.

ARTICLE IV

VERRUEE.

Les ven'ups sont de petites excroissances qui se forment dans l’épaisseur de la peau et viennent faire saillie à sa surface.

Ces excroissances peuvent se montrer sur toutes les parties du corps,

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inêiiio à la plante des pieds; mais elles siègent le jjlus souvent à la lace, et surtout sur la région dorsale de la main. Uarement elles sont solitaires ; on en rencontre ordinairement plusieurs chez le même individu, et, dans ce cas, presque toujours elles occupent 1a même région, où elles peuvent se montrer en très grand nombre. Elles s’élèvent au-dessus des téguments à une hauteur qui varie de 1 à 8 ou 10 millimètres; leur largeur est en général un peu plus considérable ; elles semblent s’étaler, et lorsqu’elles sont très multipliées, elles peuvent se réunir par leur base et donner naissance à de véritables plaques.

On rencontre quelquefois chez des femmes enceintes, sur la face interne des cuisses, sur les organes génitau.x externes, des tubercules confluents très nombreux, pouvant offrir le volume d’un grain de chènevis; ils sont durs, recouverts d’un épiderme qui,ù cause de la finesse de la peau, n’est jamais rugueux. « Ces petites tumeurs, dit Lisfranc (1), ressemblent à des verrues, si toutefois elles ne constituent pas cette maladie ; j’ai vu des médecins croire qu’elles étaient syphilitiques. Lorsqu’elles se sont développées pendant la grossesse, il est excessivement rare qu’elles ne disparaissent pas après l’accouchement. Des tumeurs analogues, mais plus molles, se montrent quelquefois au cou pendant la gestation.

La forme et la structure des verrues permettent d’en distinguer deux variétés : les unes, plus ou moins arrondies, blanches, molles, souvent pédiculées, chagrinées à leur surface, et présentant ordinairement un aspect grenu, analogue à celui d’une mûre, constituent les vetrues proprement dites; les autres, aplaties, d'une couleur grisâtre, dures au toucher, unies à leur surface, ont été désignées plus particulièrement sous le nom de poireaux. La structure de ces deux espèces d’excroissances est très différente. Les verrues sont constituées à l’extérieur par une enveloppe continue à la peau, dont elle semble ne pas différer, mais qui n’est sensible qu’à la base de la tumeur, et à l’intérieur par un tissu mou et dépressible dans lequel rampent de petits vaisseaux. Lés poireaux sont composés de filaments d’apparence fibreuse, plus ou moins nombreux, et disposés en pinceau assez semblable à la racine chevelue de la plante dont ces excroissances portent le nom.

Les verrues ne sont pas contagieuses ; elles ne sont point, en général, accompagnées de douleur, et n’entraînent par elles-mêmes aucun accident. Souvent elles disparaissent spontanément; mais cette terminaison est un phénomène qui appartient exclusivement aux poireaux. Les verrues une fois développées demeurent indéfiniment stationnaires; leur seul inconvénient alors est de causer une légère difformité lorsqu’elles occupent une partie apparente.

(1) Lisfranc, Précis de médecine opératoire, t. III, p. 282, in-8. Paris, 1847.

VEnnuES.

Lorsque les verrues se développent à la plante du pied, elles gênent pour la marche et causent parfois une douleur très vive.

On a employé, pour faire disparaître ces excroissances, le suc d’un grand nombre de plantes : celui de la grande chélidoine, du tithymale, et de quelques autres euphorbiacées, a été particulièrement préconisé ; mais ces sucs ont été mis en usage surtout contre les poireaux, dont la guérison spontanée est fréquente, et la coïncidence de leur emploi avec ïa chute naturelle de ces petites tumeurs a sans doute beaucoup contribué à les mettre en crédit. Les seuls moyens dont l’efticacité soit incontestable sont ; la cautérisation, la ligature et l’excision. Pour pratiquer la destruction des verrues à l’aide des caustiques, on applique sur la partie des téguments qui les supportent un corps gras, afin de la protéger, et l’on touche ensuite l’excroissance avec une très petite quantité d’acide azotique, ou l’azotate acide de mercure. A la suite de cette cautérisation, la tumeur convertie en détritus disparaît, et laisse une petite plaie qui ne tarde pas <à se cicatriser. La ligature n’est applicable qu’aux verrues pédiculées; elle a l’inconvénient de produire des douleurs souvent très vives ; c’est pourquoi nous pensons qu’on devra lui préférer le troisième moyen dont il nous reste à parler, Vexcision, qu’on pratique à l’aide de ciseaux courbes. Après la section, on touche la surface de la verrue avec un crayon d’azotate d’argent; au bout de deux jours, on enlève l’eschare avec la lame d’un bistouri et l’on renouvelle deux ou trois fois la cautérisation, car il n’est pas rare de voir l’excroissance dont on n’a détruit que la superficie se développer sous la surface cautérisée et se montrer telle qu’elle était avant l’opération.

Nous avons dit que les verrues développées à la plante du pied étaient quelquefois très douloureuses et toujours très gênantes. Il faut donc les faire disparaître, ou du moins employer un moyen qui prévienne la douleur que détermine la pression. Dans ce dernier cas, on place dans le soulier une semelle de buffle ou de feutre, et l’on pratique un trou dans le point qui correspond à la verrue ; ce moyen suffit pour prévenir toute espèce d’accident. Pour détruire les verrues delà plante du pied, Lisfranc conseille le moyen suivant. On fait plonger pendant une demi-heure la partie malade dans une forte dissolution de savon noir, puis avec un bistouri convexe on enlève toute la surface de l’excroissance. On recommence cette immersion et cette petite opération le lendemain et les jours suivants, il est rare qu’au bout de quinze jours on n’ait pas réussi à faire disparaître la verrue.

AFFECTIONS DE CA l'EAU.

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ARTICLE V

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