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PRODUCTIONS CORNÉES

Il se développe quelquefois k la surface de la peau et des membranes muqueuses des excroissances analogues par leur structure aux cornes ou aux ongles, et que l’on désigne sous le nom de prodvctions cornées. Il ne sera question dans ce paragraphe que de celles qui sont implantées sur la peau.

Les annales de la science possèdent beaucoup d’observations relatives k ce sujet. Dans les unes on voit un nombre considérable de ces productions cornées développées sur presque toute la surface du corps : Ingrassias, Fabrice de Hilden, Saint -George Ash, nous en rapportent des exemples. D'autres fois on ne trouve qu’une ou deux de ces productions. Dans ce dernier cas, on les a vues souvent acquérir un volume considérable. Dumonceau en a observé deux faits : dans l’un, cette excroissance avait neuf pouces de longueur sur trois de largeur k sa base; dans l’autre, elle avait la même grosseur, mais sa longueur était de onze pouces.

Suivant Breschet, lorsqu’elles n’ont encore qu’un petit volume, elles sont enveloppées par une pellicule membraneuse mince ; plus tard, cette membrane n’embrasse que la base de la végétation. Elle ne s’enfonce pas en profondeur au delà du derme.

Ces productions cornées s’observent plus souvent sur les femmes que sur les hommes : elles sont également plus fréquentes dans la vieillesse que dans la jeunesse, cependant de très jeunes enfants en ont quelquefois présenté. Le sujet observé par Saint-George Ash, et dont presque tout le corps présentait de ces excroissances, n’avait que treize ans; ceux dont Ingrassias et Fabrice de Hilden nous ont conservé l’histoire étaient des jeunes filles.

La tête en est le siège le plus ordinaire ; on en a encore observé assez souvent sur les cuisses ; le dos, la poitrine, les bras, les mains , les pieds, en ont offert quelques exemples. M. Rigal en a rencontré une k la partie inférieure de la région coccygicnne. Nous en avons opéré une qui était implantée sur le bord libre delà paupière supérieure. Suivant Breschet, les points qui leur donneraient le plus souvent naissance, seraient ceux où les membranes muqueuses se confondent avec le tégument externe. Quelques-unes se sont montrées k la surface d’une ])laic.

Ges productions cornées, lorsqu’elles sont abandonnées k elles-mêmes, prennent un accroissement continuel, mais extrêmement lent ; elles ne

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(létorminent d’autres douleurs que eollcs qui dépendent du tiraillement des téguments au niveau de leur point d’implantation; on conçoit cependant que lorsqu’elles sont très nombreuses, elles doivent apporter une gène considérable, dépendant de 1a pression qu’elles exercent sur les parties molles voisines. La jeune fille observée par Fabrice deHilden ne pouvait se tenir debout, s’asseoir, ni se coucher sur le dos.

La peau qui sert de point d’implantation à la tumeur s’enilamme quelquefois, elle s’ulcère, la tumeur se détache en partie ou en totalité, et ordinairement alors elle se reproduit de nouveau. D’autres fois l’ulcère qui succède à la chute de la production cornée prend les caractères d’un ulcère cancéreux.

Cerner le point d’implantation à l’aide de deux incisions courbes, de manière à enlever la production cornée avec la portion des téguments sur laquelle elle repose, tel est le seul traitement qui soit applicable. Il faut savoir cependant que l’on a vu quelquefois la plaie qui résultait de cette opération se convertir en un ulcère cancéreux, ainsi que l’a observé Boyer, qui fut obligé de pratiquer une seconde opération également suivie de récidive.

CH/VPITRE H.

AFFECTIONS DU TISSU CELLULAIRE

ARTICLE PREMIER

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