‹ Eléments de pathologie chirurgicale./ [electronic resource]Chapitre 8 sur 112 · DES BANDAGES · texte numérisé non relu

DES BANDAGES

à tous les autres bandages construits avec des bandes. Nous reconnaissons volontiers avec Mayor que ces bandages pleins ont dans une loule de cas un avantage incontestable, la simplicité ; nous convenons aussi que bon se procure plus facilement un mouchoir qu’une bande de plusieurs mètres; que dans bien des cas un mouchoir maintiendra aussi bien une pièce de pansement que pourrait le faire une longue bande; mais nous ne pouvons nous empêcher de reconnaître que les nœuds qui lui servent à fixer les angles de ses mouchoirs exercent dans quelques cas une pression douloureuse; que ces bandages ne sauraient convenir lorsqu’il est nécessaire d’exercer une pression égale et uniforme sur une surface très étendue.

Les principaux bandages pleins sont: Vécharpe, que l’on fait avec une pièce de linge triangulaire, dont le plein passe sous l’avant-bras ou coude, et dont les angles vont se nouer sur l’épaule du côté opposé ; le bandage de corps, que l’on construit avec une pièce de linge en'forme de rectangle très allongé, qui sert à entourer la poitrine ou l’abdomen: pour l’empêcher de se déplacer, on le soutient ordinairement avec deux bretelles; le bandage dit triangulaire delà tête, dont le plein est appliqué soit sur le front, soit sur l’occiput, et dont les angles sont noués du côté opposé; la cravate, placée comme une cravate ordinaire. A l’anus ou au périnée, sur la région inguinale, on peut encore maintenir les pièces d’un pansement à l’aide de pièces de linge placées en cravate, dont le milieu est appliqué sur la partie malade, et dont les angles sont noués à une ceinture qui entoure l’abdomen.

Les bandages que je viens de décrire constituent autant de types dont se rapprochent plus ou moins la plupart des bandages connus. La connaissance de ces bandages sera généralement suffisante pour le praticien. Je ne veux cependant pas prétendre que ce sont les seuls qui devront être employés. En effet, dans une foule de cas particuliers, le chirurgien est obligé d’improviser un bandage propre à remplir les indications spéciales que l’on ne saurait prévoir (1),

(1) On trouvera plus de détails sur les bandages, les pansements, etc., dans la 3® édition du Manuel depelUe chirurgie de M. Jamain, 1859, 1 vol. grand in-18, avec 307 figures.

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CHAPITRK VI.

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES AMBULANCES ET I.ES HOPITAUX DES ARMÉES DE TERRE EN CAMPAGNE ET DES ARMÉES DE MER A BORD DES VAISSEAUX.

ARTICLE PREMIER

ARMÉES DK TEUIIE.

Dans un certain nombre de chapitres de cet ouvrage nous aurons à traiter des blessures par les armes de guerre ; nous verrons combien les lésions sont variées^ et combien souvent elles sont graves; aussi il est à peine besoin de dire que la promptitude avec laquelle les soins sont administrés aux blessés est de la plus haute importance. Aussi croyonsnous devoir indiquer dans ce chapitre les moyens qui sont aujourd’hui prescrits dans les armées de terre et de mer afin d’assurer aux soldats d’abord des secours immédiats, c’est-à-dire sur le champ de bataille, ])uis dans des ambulances et des hôpitaux improvisés. Ces sages mesures ont non-seulement l’avantage de prévenir les inconvénients d’un retard souvent funeste, mais encore de relever le moral des soldats, certains d’être secourus à l’instant môme où ils seraient blessés.

Nous ne voulons ni ne pouvons d’ailleurs faire dans ce livre un historique de la chirurgie militaire en campagne. Rappelons d’abord ce qui existait au commencement des grandes guerres de la fin du siècle dernier; nous dirons ensuite quelles sont les modifications apportées, principalement par Percy, Larrey et Bégin, et nous exposerons enfin avec plus do détails les perfectionnements de l’époque actuelle.

Les règlements militaires portaient autrefois que l’ambulance se tiendrait constamment h U kilomètres de l’armée ; on laissait les blessés sur le champ de bataille jusqu’après le cond)at, puis on les réunissait dans un local favorable, où l’ambulance se rendait aussi promptement que possible. Mais la grande quantité d’équipages interposés entre elle et l’armée et beaucoup d’autres difficultés la retardaient au point qu’elle n’arrivait jamais avant vingt-quatre heures, quelquefois môme trente-six heures et davantage ; de sorte que beaucoup de blessés périssaient faute de secours. « La prise de Spire, dit Larrey, nous en ayant donné un assez grand nombre, j’eus la douleur d’en voir mourir plusieurs victimes de cet inconvénient (1). » Au combat de Limbourg, un

(I) Lnrrey, Mt-moiraxlo chirurgie militaire. Paris, 1812, t. I, p. :i7, in-8.

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