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PLAIES DES VEINES

Les plaies des veines ont été l’objet de recherches beaucoup moins suivies que les plaies des artères ; le peu de gravité de ces sortes de blessures dans un très grand nombre de circonstances, surtout si on les compare aux plaies des artères, explique parfaitement ces différences. Parmi les travaux publiés sur ce sujet, nous devons surtout citer la thèse de M. L. Ollier (1).

Anatomie et physiologie pathologiques. — Les plaies non pénétrantes des veines n’ont peut-être jamais été observées sur l’homme. Il est possible que dans les opérations chirurgicales il soit arrivé d’intéresser la tunique externe de la veine, mais cette lésion a toujours, jusqu’à présent, passé inaperçue. Nous nous contenterons de rapporter l’expérience suivante faite par M, Ollier sur un chien : « Nous avons divisé couche par couche le tissu de la veine de dehors en dedans. Quand nous étions assez heureux pour ne pas crever le vaisseau, les couches divisées s’écartaient un peu sans laisser saillir sensiblement les couches intactes pressées par l’effet du sang. Le mode de réunion de cette plaie fut très simple et ne laissa pas de trace le quatrième jour. »

~Le?, plaies par instrument tranchant sont celles que l’on a le plus souvent occasion d’observer. Voici ce qui se passe lorsque le vaisseau est divisé. La circulation est-elle interrompue entre la blessure et les capillaires, le sang cesse de couler ; les lèvres de la plaie, si elle est oblique

(1) L. Ollier, Des plaies des veines, thèse d’agrégation. Paris, 1857.

TLAIKS J)ES VEINES.

OU longitudinale, ne s’écartent pas ou du moins s’écartent à peine. Laisse-t-on le sang couler, la séparation est proportionnée a la force du courant; enfin la veine est-elle comprimée du côté cœur, on obtient un écartement plus grand. Lorsque la veine est coupée transversalement, on obtient un écartement proportionnellement plus considérable. Il est facile d’expliquer cette dill'érence en rappelant que les fibres contractiles se rencontrent surtout dans le sens transversal.

Comment s’opère la cicatrisation des plaies des veines? Ce fait a été étudié avec grand soin par M. Ollier ; il a démontré que les plaies des veines se réunissent par épanchement de lymphe plastique, que le caillot n’y est pour rien, qu’il ne fait que gêner la réunion. Ainsi, dans tous les cas où il a pu examiner une veine après une saignée récente, il n’a jamais trouvé de caillots interposés entre les lèvres de la plaie, du sang était épanché dans le tissu cellulaire extérieur; dans la plupart des cas, les bords, légèrement écartés, étaient réunis par un bouchon ayant bien quelques rapports avec la fibrine, mais en différant par ses caractères microscopiques : ainsi que l’a démontré M. Robin, c’est une petite membrane organisée ou en voie d’organisation; ce bouchon était toujours décoloré, lisse à l’intérieur, et se confondait, en dehors, plus ou moins avec le tissu cellulaire environnant. A la suite des plaies, les veines conservent leur calibre ; dans des cas fort rares, on a signalé au niveau de la solution de continuité une petite ampoule bleuâtre due à la distension de la cicatrice. ^

Lorsqu’une veine a été serrée par une ligature, dans la plupart des cas la tunique externe et la tunique interne résistent, et si l’on examine la pièce à contre -jour, on trouve au niveau du sillon une transparence insolite ; la tunique moyenne semble manquer; elle manque en effet, car on peut introduire une épingle entre les deux tuniques pariétales. Lorsque la constriction est plus considérable, la tunique interne se divise, mais non dans tous les points de sa circonférence, car la pression n’est pas égale partout, à cause du froncement du vaisseau; la tunique externe cède la dernière. Pendant que le fil est serré, la tunique interne se plisse longitudinalement; ces plis disparaissent quand on enlève la ligature, mais ils persistent lorsque le vaisseau a été coupé par le fil et que ses extrémités sont soudées par de la lymphe plastique. Cette lymphe se ramasse en grande abondance autour de la ligature jusqu’à 2 ou 3 centimètres au-dessus et au-dessous; les tuniques externe et interne qui fournissent l’exsudation se gonllentet se vascularisent; c’est au moyen de cette lymphe que la veine s’oblitère; on trouve cependant quelquefois des caillots fibrineux en haut et en hàs chez les chiens. Dans les ligatures partielles, la veine est également obturée au moyen de la sécrétion plastique; au bout de huit jours, chez un chien, la tunique interne était circulairement froncée, il n’y avait pas de traces de caillots. Lors-

((u'uiio yi’ossc veine a été oblitérée, la circulation se rétablit promptement i>ar les anastomoses ; il résulte des expériences de M. Verneuil (|ue ce sont les veines intermusculaires, et non les veines sous-cutanées, (|ui rétablissent la circulation.

Les veines sont r|uelqucl‘ois oblitérées par un caillot; si ce dépôt est (luelquefois un obstacle à la sécrétion de lyinpbe plasli(|ue, il s’opj)Ose toujours à riiémorrbagie, il est même indisi)ensable à la cicatrisation dans les veines dépourvues de valvules; dans les sinus, par exenqde , il obstrue momentanément l’ouverture jusqu’à ce que la lympbe plastique ou les bourgeons cbarnus aient réparé la perte de substance.

Il existe une dillérence notable entre les caillots des veines et ceux des artères. Ainsi, ayant lié en même temps une veine et une artère sur un ebien, j\I. Ollier a trouvé, le quatrième jour, dans l’artère, un petit caillot, dur, incolore ; dans la veine, un caillot noir, verdâtre, mou, nullement adhérent aux parois et vingt fois j)lus volumineux que celui de l’artère. Ainsi donc, on voit qu’il existe une notable différence entre les plaies des artères et celles des veines : car dans les premières le caillot joue un rôle fort important ; tandis que dans les secondes la sécrétion plastique détermine l’oblitération, le caillot ne concourant qu’indirectement à la cicatrisation en suspendant l’hémorrhagie.

Pour la symptomatologie, le diagnostic, le pronostic et le traitement des plaies (V;s veines, voyez ce (lui a été dit aux Hémorrhagies traumatiques en général.

AKTICLE II.

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