‹ Eléments de pathologie chirurgicale./ [electronic resource]Chapitre 87 sur 112 · PHLÉBITE · texte numérisé non relu

PHLÉBITE

Le mot phlébite (de veine), a été créé par lîreschet pour désigner l’intlammation des veines.

W. Muntor, en examinant l’état de la veine jugulaire sur des chevaux morts à la suite de la saignée, est le premier anatomiste qui ait fait des recherches importantes sur la phlébite. De nos jours, ce sujet a été étudié par lirescliet, Blandin, Maréchal, Tessier, MM. Velpeau et Cruveilbier, et l’bistoire de cette alîection est devenue l’un des points les plus intéressants de la pathologie, soit qu’on l’envisage au point de vue de la théorie ou à celui de la pratique médicale. Nous emprunterons aux auteurs que nous venons de citer la plupart des documents (|ui appartiennent à Thistoire de cette affection; nous en puiserons également dans la thèse de Requin [Thèse de concours pour l'agrégation, Paris, 1829).

l'HLKlUTE.

L’inllaniniation peut être bornée à runc des membranes, ou occuper toute répaisseur de la paroi veineuse : dans le premier cas, la phlébite est interne ou externe, suivant que l’une ou Tautre des tuniques est enllammée; dans le second, elle est dite mixte ou combinée : ou la désigne souvent par le nom de phlébite, sans autre indication.

Anatomie PATHOLOGiorE. — Toute phlébite oilrc deux points a étudier; ■ l«les altérations des parois veineuses et des tissus environnants; 2” les produits divers contenus dans la cavité de la veine.

1® Altérations des parois veineuses et des tissus ambiants. — La tunique interne présente au début de rinflammation une teinte rouge peu marquée, disposée sous la forme de marbrures irrégulières au travers desquelles on peut quelquefois reconnaître une injection des capillaires sous-jacents. A une période plus avancée, la rougeur devient uniforme, beaucoup plus foncée, et souvent d'une telle intensité, qu’on ne peut la distinguer de la coloration violette ou lie de vin produite par l'imbibition. Si lapblegmasie continue à faire des progrès, et s’il se forme du pus dans l’intérieur de la veine, la rougeur disparaît bientôt pour faire place à une pâleur manifeste. En même temps que l’on constate ces changements dans la couleur, la tunique interne perd sa transparence, son poli et sa densité; elle devient rugueuse, prend un aspect lomenteux, se ramollit; et bien qu’elle soit déjà moins adhérente aux autres membranes, il est cependant très difïicile, contrairement à ce que nous avons vu dans l’artérite, d’en décoller des lambeaux d’une petite étendue. On dit avoir pu constater la présence d’ulcérations à sa surface, mais cela est extrêmement rare.

Quant aux autres tuniques, elles s’injectent d’abord ; puis rougissant uniformément, elles deviennent ensuite, comme les parties environnantes, le siège d’une sécrétion abondante de lymphe plastique, qui s’organise en s’épanchant dans les tissus, dont elle forme une couche homogène ditiieile à séparer des parois veineuses. Ces parties s’épaisissent et acquièrent bientôt une densité assez grande pour permettre au vaisseau coupé de rester béant comme une artère. 11 n’est pas très rare de rencontrer dans leur épaisseur de petits foyers purulents disséminés dans plusieurs points.

2® Produits contenus dans la cavité veineuse. — On peut, suivant l’époque de la maladie, rencontrer du sang ou un produit inllammatoire, tel que la lymphe plastique ou du pus.

Au début, et dans toute la partie de la veine enllammée, on trouve un caillot creusé quelquefois d’un canal central, et formé de couches concentriques; d’autres fois, le coagulum ne remplit pas complètement le vaisseau, et laisse un canal latéral encore parcouru par le sang; mais beaucoup plus fré((uemment ce caillot forme une masse qui oblitère entièrement le calibre de la veine, et empêche ainsi le sang de la tra--

AKKKCTIUNS J)KS VüINKS.

verser; sa couleur est noire; sa densité diminue de la circonrérence au centre, où Ton ne trouve plus que du saii},' liquide, semblable à celui qui circule dans les vaisseaux. Plus tard, on constate la coagulation de ce sang j)lacé au centre du coagulum : celui-ci perd sa coloration première, il devient rosé, puis blanchâtre ; bientôt il s’organise, et des adhérences, qui deviennent de plus en plus fortes, s’établissent entre sa surface et celle de la membrane interne du vaisseau. Cette dernière sécrète en même temps une certaine quantité de lymphe plastique déposée sous forme de pseudo-mendjrane, tapissant quelques points isolés seulement, ou une surface plus étendue de la tunique interne. D’autres fois elle forme avec le caillot une masse qui contribue encore à l’oblitération du vaisseau. Cette masse, à une époque plus avancée, diminue de volume; les parois de la veine se resserrant sur elle, le canal se transforme en un cordon ligamenteux imperméable. C’est cet ensemble de lésions que l’on est convenu d’appeler, avec M, Cruveilbier, yhUbite adliésive, parce qu’elle se termine par une oblitération permanente de la veine : cependant ajoutons qu’au bout d’un temps variable, dont il . | est impossible de fixer la limite, la disparition du caillot peut avoir lieu, et la cavité veineuse redevenir perméable; nous pensons même que cela i w s’observe assez fréquemment. ^ i!

La phlébite ne suit pas toujours une marche simple ; quelquefois, en effet, outre le caillot et la lymphe plastique placés dans la veine, on rencontre du véritable pus, et la phlébite, d’adbésive qu’elle était, de- ^ vient suppurative.

Le pus se montre ordinairement au centre du caillot, et succède probablement à la transformation du sang. Nous avons exposé, à l’occasion J des théories de la diathèse purulente, les raisons qui nous empêchent d’admettre que ce pus arrive au centre du caillot par voie d’endosmose; nous ne pensons pas non plus que ce liquide soit sécrété par le caillot ' lui-même. Le pus ne se présente pas d’emhlée avec ces caractères physiques ordinaires. Son aspect est celui d’un liquide sanieux, lie de vin f | d’abord, grisâtre ensuite, contenant quelques petits points blancs dus à ^ un mélange imparfait de pus et de sang; puis il devient blanc, opaque, | | pour ainsi dire phlegmoneux. Avec les progrès de l’inflammation, la proportion du coagulum diminue, celle du pus augmente; il remplit ^ bientôt la veine et la distend, car le plus souvent, aux limites de la col- j • lection purulente, se trouve un caillot ou un dépôt de lymphe plastique '

* qui intercepte le passage des liquides contenus dans la portion enflammée de la veine. Si la formation du pus c.ontinue, la veine, altérée peu à peu, cède à sa pression, se perfore, et de cette communication entre l’intérieur et l’extérieur du vaisseau résulte un abcès qui se présente avec scs caractères ordinaires. Quelquefois, quand la veine est enflammée dans une grande étendue, il existe des cloisons qui séparent sa

Gii

ai

ri

sn

Page 1