‹ Elements de pathologie chirurgicale generaleChapitre 104 sur 135 · V. Dia^nosUc. Pronostic · texte numérisé non relu

V. Dia^nosUc. Pronostic

La pyohémie confirmée ne saurait guère être confondue avec une autre affection. Le violent frisson initial, la courbe de température avec son irrégularité, avec ses ascensions brusques et ses rémissions immédiates, complètes, l'aspect typhique, la teinte jaune bistrée du blessé sont en effet des signes pathognomoniques.

DBS LtSIOKS TRAUMATIQLES COMPLIQUÉKS

Vu accès de lièvre in terni it lente, une complication tocâle (érysipële, phlébite, lymphangite, phlegmon diflus), une inflammation intercurrente (pneumonie, pleurésie) ou une fièvre éruplive (variole, etc.) présentent bien le même frisson initia), mais l'indécision ne saurait subsister que pendant trente-six ou quaraute-buit heures. La phlébite, la lymphangite, l'érysipèle et le phlegmon dilTus odrent des lésions locales caractéristiques; les accès de fièvre palustre sont périodiques ; ta pneumonie, la pleurésie et les fièvres éruptives seront facilement diagnostiquées, grâce à leurs symptômes propres; quant à la septicémie avec laquelle quelques auteurs persistent à vouloir confondre la pyobémie, on la reconnaiti-a à l'absence de frissons violents, de la teinte jaune plombée, à la continuité de la fièvre qui présente régulièrement une rémission matinale dans les premiers jours qui suivent le traumatisme. Il ne faut toutefois pas perdre de vue que fréquemment les deux affections peuvent coïncider et mélanger leurs symplAmes.

D'après ce que nous avons dit sur les terminaisons de lu pyohémie. le pronoBtic est d'ordinaire fatal; cependant la possibilité de la guérisou est démontrée par les observations indiscutables que signale l'excellente thèse de Morand (Paris, 1880) inspirée par notre maître le professeur Trélat. Suivant A. Guérin, les malades ne survivraient pas longtemps à la guérisou.

VI, Traiiniii^nt.

Le traitement prophylactique de l'infection purulente.

5<)r> PATHOLOGIE CHIRURGICALE GÉNÉRALE

le même que celui de la septicémie se résume dans Tapplication scrupuleuse des règles hygiéniques et de la méthode antiseptique (1).

Une fois l'affection déclarée, le chinii^ien se rappelant sa curabilité incontestable doit s'opposer au développement de rintoxication et donner au blessé les moyens de résister à Tinfection.

Pour répondre à la première indication et dans le but de détruire Tagent infectieux dans le foyer traumatique même, on a conseillé les débridements et la cautérisation de la plaie au fer rouge (Sédillot), la cautérisation au perchlorure de fer (Trélat), et dans la pensée de provoquer Télimination du poison par la voie intestinale et par la peau, on a administré des sudorifiques et des purgatifs salins ; mais, autant nous sommes partisan des premiers moyens, bien qu'on ne puisse espérer poursuivre profondément les microbes, autant nous rejetons les seconds parce qu'ils ne servent qu'à débiliter Torganisme. Parmi les agents thérapeutiques employés à Tintérieur (acide phénique, iodoforme, aconit, etc.), nous donnerons la préférence au sulfate de ({uinine, à la dose de 1 à 2 grammes par jour, en attendant que nous connaissions mieux les conditions défavorables à l'évolution bactérienne.

La seconde indication sera remplie en prescrivant au blessé les toniques sous toutes les formes (vin, alcool, extrait de quinquina), et l'alimentation que l'état des voies digestives permet de supporter.

(1) PoUet, Essai sur l'infection purulente et son traitement préventif (Th. de Lille, 1880).

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