II. Historique
Il faudrait un volume pour retracer l'historique de cette affection qui a été décrite par la plupart des auteurs depuis Hippocrate jusqu'à nos jours ; nous nous bornerons ici à une indication très sommaire d(\s principaux travaux qui, depuis le commencement de ce siècle, ont établi sa nature et précisé les lésions anatomiques qui l'accompagnent.
Pendant fort longtemps, on considéra l'érysipèle comme une inflammation simple de la peau ayant son point
de départ dans la lésion traumatique. Pour Renauldin, elle siégeait dans les papilles du derme ; Callisen et Boyer la placèrent dans sa couche la plus superAcielle ; Ribes et Cruveilhier, dans le réseau veineux cutané ; Sanson et Blandin, dans les capillaires lymphatiques. Cependant, des médecins anglais, Copland, Wells, Dikson, Arnott, etc., admettaient la nature contagieuse de rérysipèle, idée vivement combattue en France par Rayer, Roustan, Dupuytren, Bouillaud, et tout d'abord par Velpeau qui apporta plus tard plusieurs observations à Tappui de sa contagiosité, et l'envisagea, non plus comme une simple inflammation , mais comme une affection dépendant d'une intoxication par la plaie. « Il y a toujours une absorption par la peau d'un principe septique, écrivait vers la même époque Piorry ; et il définissait l'érysipèle « une septicodermite infectieuse, » opinion que les travaux plus récents n'ont fait que confirmer.
Vers 1855, divers mémoires parmi lesquels ceux de Todd, de Gubler, de Bird, de Dechambre, démontraient par des faits nombreux que l'érysipèle pouvait débuter et évoluer aussi bien sur les muqueuses que sur la peau, et se propager de l'un à l'autre tégument. Successivement défendue par Trousseau, Jobert, et plus tard par Gosselin (1865) qui inspira les thèses de Fenestre et de Ch. Martin, l'idée de la transmission de l'érysipèle fit depuis de rapides progrès. A peu près seul de son avis, M. Desprès continue à nier sa contagiosité pour n'admettre que son caractère épidémique.
Depuis une quinzaine d'années les recherches de
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Vulpian, Sleudner, VolkmaDn, Cadial, etc., ont mis eu lumière et précisé les lésions analomo-pathologiques de Taflection; pendant que les cliniciens Daudé (1), PirogolT, puis Maisonneuve, Gosselin, Le Fort, Giraldès, etc. (1872), établissaient sa nature septicémique. Vers la même époque, on s'occupa de la recherche de l'agent infectieux ; Hueter et Nepveu, en 1868, ont signalé des bactéries dans les plaques et les phlyctènes érysipélateuses. Puis, Wilde et Bouchard trouvèrent le bacterium punctum isolé ou réuni en chapelet, que Orth et Tillmanns purent cultiver et inoculer avec succès aux animaux; mais ce n'est que dans ces dernières années que Fehleisen (2), Cornil et Babès par des expériences rigoureuses ont établi la nature parasitaire de la maladie. Depuis les streptococci en chaînettes cultivés à l'état de pureté et inoculés à Thomme ont reproduit Térysipèle typique.