Historique
L'étude de la coagulation du sang dans les vaisseaux est de date relativement récente.
Pendant la période ancienne, on avait cependant remarqué la fréquence des cas de mort subite (Galien), et des cas de gangrène des extrémités chez les cardiaques (Vésale). La découverte de Harvey fut le point de départ de nombreuses tentatives pour expliquer la présence des caillots trouvés, à l'autopsie, dans les cavités du cœur et dans les vaisseaux. Van Swieten essaya des injections veineuses dans le but de reproduire expérimentalement la thrombose et les caillots migrateurs (obturamenta de Bonnet), entrevus par Malpighi (1066), et par W. Gk)uld (Durodié) (1). Mais d*autres auteurs (Morgagni) s*élevèrent contre ces expériences et nièrent la possibilité de la coagulation du sang pendant la vie.
Au XVIII* siècle, les chirurgiens avaient constaté la
(1) Durodié t Etude sur les thromboses et Vcmbolie veineuses^ dans les contusions et les fractures, Thèse de Paris, 1874.
DK LA THROMBOSE
formation de caillots intra-vasculaires dans le phénoinène de l'hémostase, et J.-L. Petit distingua le caillot interne ou bmichon, et le caillot externe ou couvercle. La théorie inflammatoire (phlébite, artérite), défendue par Hnnter, Cruveilhter, Dance, etc., faisait du Ihrombus un produit eisudatif, toujours né sur place, et de la coagulation, un des phénomènes essentiels de l'inHammation .
En 1827, Legroux (1) établissait les conditions de la coa^lation du sang dans les vaisseaux pendant la vie, et la possibilité de caillots migrateurs. Signalons, en 1S38, la thèse d'agrégation de M. Hardy qui contient un exposé
mplet de VHûloire des concrétions sanguines. , A quelques années de distance, différents mémoires ifiêrent les idées reçues. Bouchut (d844). sépara netternent rijoilammation de la thrombose |2), et Hasse (1841), rapporta le ramollissement cérébral à une oblitération artérielle. De nombreuses observations furent ensuite publiées qui établissaient timidement des rapports de cause à elTet entre les oblitérations vasculaires, l'endocardite végétante, et certains états du sang dans les maladies chroniques fAtibert, Bouillaud). Mais c'est à Virchow (184j), que revient le mérite d'avoir déduit de l'élude de tous ces éléments épars, la théorie palhogénique actuelle de la thrombose et de l'embolie.
tPrès de vingt ans plus tard (1862), Velpeau cummuguail, à l'Institut, la première observation d'embohc (ï) Legroux, Recherchée nir Ui Concrctiona aangiiines diUi tffpiforrnet déeeloppéei' pendant ta vie, 'flièse de Paria, l><il. (Z) ftouchut. Sur la (wiyttluïion du «ang dans la Caclieiie cl I Maladi4M çhroniquen. — Idem. De la Pleij'naiia atba dolans. i médioate de Pari*, IMi).
complet
^KodiGèr ^^nenl l'i
pulmonaire consécutive à une fracture de jambe (1). MM. Charcot et Bail (1860), venaient de rapporter un cas de gangrène pulmonaire par embolie, dont le point de départ était la plaie d'une ponction, chez un cardiaque atteint d'anasarque (2). Suivirent de près (1864-1865), deux mémoires publiés par M. Azam de Bordeaux < sur la mort subite par embolie pulmonaire dans les contusions et les fractures » et sur la thrombose consécutive aux traumatismes (3j, et par M. Dubreuilh < sur la mort subite dans Tétat puerpéral » (4). Depuis, de nombreux travaux, parmi lesquels nous citerons en France ceux de Bertin (5), Vergely (6), Fellz (7), Vulpian (8), Pitres (9), Mollière (10), Hayem (11), les thèses de Bucquoy, de Lan-
(1) Velpeau, Comptes-rendus de l'Acadétnie des Sciences, 1862.
(2) Charcot et Bail, Pneumonie disséquante {Union médicale, 1860).
(3) Azam, Gazette hebdotnadaire, 1864, et Actw du Congrès de Bordeaux, 1866.
(4) Dubreuilh, Congrès de Bordeaux, 1865.
(5) Bertin, Etude critique de l'embolie dans les vaisseaux artériels et veineux, Paris, 1869.
(6) Vergely, Etude critique sur l'embolie, Bordeaux, 1868.
(7) Feltz, Etude clinique et expérimentale des embolies capil' laires, Paris. 1867 et 1870.
(8) Vulpian, L'Ecole de Médecinet cours de 1874.
(9) Pitres, Structure des caillots intravasculaires (Progrès fnédical, 1873). — Recherches expérimentales sur le mode de formation et sur la structure des caillots qui déterminent l'hémostase. (Archives de Physiologie, 1876).
(10) Mollière, Documents pour servir à l'hifftoire des thromboses et embolies osseuses. (Lyon médical, 1870).
(11) Hayem, Du Processus de cocigulation et de ses tnodifications dans les maladies. [Rullet. et Mém. de la Société médicale des hôpitaux, 1881, et Comptes-rendus de l'Académie des Sciences, 1882 et 1883). — Note sur les concrétions sanguines. (BulUt, et Mém. de la Société médie, des hôpitaux, 1886.)
DE LA THROMBOSE
cereaus (1862-d; Besson (4), elc.
Volkmann (6), Biziorrero (10 1 melbusch (13), Lowill, etc.
imporUnle question.
3), de Levrat(l), Chabenat (2). Boyer (3),
et à \ étranger, ceux de Panum (5),
lillrotli (7), Cohnheim (8), Schmidt (9),
Baumgarten (H), HIava (12), Schim-
ont contribué à élucider cette