V. Symptomatologie
l.es coagulations qui se forment pendant la vie, dans les cavités du cœur, passent dans bien des cas inaperçues, au point de vue symploma tique, mais elles n'en constituent pas moins une conaplication des plus graves, souvent mortelle (syncope), à cause des embolies auxquelles elles exposent le malade, et en raison du trouble que leur siège ou leur volume peut apporter au fonctionnement ilier des orifices et des valvules.
Les thromboses artérielles et veineuses intéressent davantage le chirurgien.
Tliromboses urlérielles. — Un arrêt plus ou moins complet et rapide de l'apport du sang dans un territoire :ulaire, est la conséquence de roblitérallon d'une artère du rétrécissement de son calibre par une thrombose ; les symptômes qui traduisent celte lésion varient suivant l'importance anatomique et fonctionnelle du vaisseau qui en est le siège, et suivant la lenteur avec laquelle s'est produite la coagulation. Habituellement, le processus évolue graduellement, et les premières manifestations, s'il s'agit
t l'artère nourricière principale d'un membre, par exemple,
compl
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tifs, le refroidissement et la pâleur des tissus, des douleurs vagues^ de la paresse musculaire, une claudication intermittente, etc. Le vaisseau thrombose est-il situé superficiellement? le doigt percevra sur son traget un cordon dur, non dépressible et dépourvu de battements. Lorsque la circulation collatérale ne s'établit pas, par suite de dispositions anatomiques spéciales (artères terminales), ou d'impuissance cardiaque (vieillards), et que Toblitération est complète, ces troubles ischémiques peuvent aller jusqu'à la mortification des tissus. Cette dernière terminaison ne sera pas à craindre, toutes les fois que la lenteur du processus aura permis à la circulation complémentaire, de subvenir à la nutrition des organes, compromise par l'oblitération absolue d'un gros tronc artériel. Tiedmann et Weber ont pu, sans amener de désordres gangreneux mortels, pratiquer successivement et à d'assez longs intervalles, la ligature de plusieurs artères volumineuses, chez le chien.
La même raison explique la rareté relative de la gangrène, chez les vieillards atteints de thromboses artérielles consécutives à l'endartérite chronique.
Les troubles nutritifs dans les viscères ne se révèlent le plus souvent à l'observation clinique, que par des désordres fonctionnels particuliers à chaque organe (reins, cerveau, etc.)
Faisons enfin remarquer que si Tartère thrombosée n*est pas en rapport direct avec la nutrition de l'organe, les phénomènes nécrosiques sont plus difficiles à expliquer. Bail (1) a réuni plusieurs observations de gangrène consécutive à l'embolie de l'artère pulmonaire qui, comme on
(1) Bail, Embolies capillaires, Thèse de Paris, 1862.
DE LA THROMBOSE 89
le sait, est destinée à rhématose, et non à la nutrition du poumon; on ne peut guère admettre, dans ces cas, qu'une gène à l'apport du sang par les artères bronchiques, satellites.
B. Thromboses veineuses. — Une sensation de pesanteur, quelques douleurs obtuses sont les seuls phénomènes que le malade accuse au chirurgien, lorsque la thrombose siège au niveau d'un membre, dans une veine profonde de petit calibre, ou bien que, grâce aux voies collatérales, la circulation se rétablit rapidement. Il n'en est pas de même, dans le cas d'oblitération totale et rapide de l'humérale ou de la fémorale, par exemple ; on voit alors apparaître l'œdème du membre supérieur ou inférieur, par suite de Taugmentation de tension du liquide sanguin que crée, au niveau des capillaires, l'obstacle à la circulation en retour. L'excès de tension sera le point de départ d'hémorrhagies, s'il y a stase absolue, absence ou thrombose simultanée des voies collatérales. Il est rare que cet œdème ne s'accompagne pas de douleurs assez vives, que l'on peut rattacher à l'excitation (par compression) des nerfs sensitifs du voisinage, et de cyanose des téguments.
Quant à la gangrène des tissus, elle nécessite en même temps que la thrombose d'un tronc volumineux et de ses collatérales, le concours d'autres lésions des artères ou des capillaires correspondants (compression, érysipèle, etc.).
Un seul cas a été observé, dans le service de M. Trélat, de gangrène de plusieurs orteils, consécutive à l'oblitération des iliaques externes, des crurales et des saphènes internes; les artères étaient saines (1).
(1) Despaignet, Quelques considérations sur les gangrènes spontanées des extrémités^ Paris, 1859.
La veine thrombosée est parfois accessible à une ezplosation directe que le chirurgien devra, dans tous les cas, pratiquer avec une extrême prudence. On voit un cordon arrondi, faisant saillie sous la peau, à laquelle peut se propager rinflammation qui a envahi les parois vasculaires et le tissu conjonctif périveineuz; la palpation est douloureuse et fait sentir la dureté du vaisseau oblitéré. Enfin, la thrombose d*une veine profonde se révèle souvent par la dilatation des veines superficielles correspondantes.
Des symptômes spéciaux caractérisent la thrombose des
principales divisions du système veineux, ainsi que la
thrombose infectieuse; ces manifestations symptomatiques
exigent une étude spéciale que nous ne pouvons placer ici.