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I. Théories anciennes, — Produit de la viciation des

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humeurs (Galien); résultat de l'émulsion du tissu adipeux, sous l'influence d'un acide produit par l'inllammatioD (HolTmano) ; putréfaction de )a sérosité du sang (Pringle et Gaber), le piu fut considéré par Boerhaave, comme provenant de l'altération et de la combinaison des liquides sorlis des vaisseaux déchirés, avec les éléments des tissus qu'ils désagrégeaient. Plus tard , on l'envisagea comme un produit de sécrétion, qui se sépare des éléments du sang, en traversant des vaisseaux nouvellement formés, ou pourvus d'une sorte d'organisation glandulaii'e (Hunter); ou bien le pus est directement produit par la membrane pyogénique, tapissant l'intérieur de la cavité des abcès, ou élalée à la surface des plaies (Delpech).

M. Théorie du blastème. — ConsécuEîvemenl au trouble de la circulation capillaire, transsude, au dépens du plasma sanguin, une sérosité plus ou moins abondante (blitiflème, de Robin ; cijtoblastème , de Vogel ; pijoblastème, de Lelverl, etc.), qui donnera naissance, par genèse ou génération spontanée, aux leucocytes ou globules de pus. Ceux-ci ne seraient qu'une transformation de la fibrine et des autres substances protéiques contenues dans la sérosité.

III. Théorie cellulaire. — D'une manière générale, les partisans de celte théorie soutiennent que les globules du pus résultent de la prolifération ou hypergénëse des cellules préexistantes des tissus, modifiées par un agent irritant ; tandis que dans la théorie du microzyma (Grasset), c'est la granulation moléculaire qui se transforme en cellule purulente. Localisée, dès le début, par Vifchow, au niveau ■ des cellules ptasmatiques du tissu eonjonctif, la formation

1 pus (ut, à la suite de nouvelles recherches, démonirée

comme ayant également lieu, au dépens des cellules épithéliales et embryonnaires (Ranvier, Recklinghausen, Stricker, Rindfleisch, etc.).

IV. Théorie de la diapédèse. — Pour Cotinheim, les globules de pus ne sont autres que des globules blancs du sang, émigrés à travers les parois vasculaires ; cette théorie rappelle l'opinion ancienne de Haen : c le pus tout formé dans le torrent circulatoire filtre à travers les surfaces enflammées n, et celle plus récente de Gendrin, pour qui € le pus est produit au dépens des globules du sang. »

Ni Tune ni Tautre de ces difTérentes théories histologiques ne rend suffisamment compte de tous les phénomènes de la suppuration; chacune d'elle a été attaquée, contredite même, par les expériences les mieux assises, mais différemment interprétées ; nous ne pouvons nous engager ici dans la discussion de ces différentes controverses, et il nous semble rationnel de conclure à Tortgine anatomique multiple du pus, c'est-à-dire, au dépens à*éléments cellulaires et de liquides inira et extravasculaires.

Reste à établir, quelle est la cause première de la formation du pus. Trouverons- nous cette explication dans les données étiologiques? Les remarquables recherches poursuivies, dans ces dernières années, sur l'action des micro- organismes, ont bien modifié les idées reçues à ce sujet, et, actuellement, deux théories pathogéniques sont en présence pour nous éclairer sur cette cause intime du processus : a. la théorie irritative; b. la théorie parasitaire.

A. Théorie irritative (Hunter, Brown et Broussais,

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Virchow). — La suppuration est la conséquence de ]% I destruction des éléments des tissus par un agent irritant | d'une grande puissance, quelle que soit, d'ailleurs, sa nature. Cette irritation intense peut être d'ordre mécanique Cplai contusions; d'ordre chimique (acides, etc.); d'ordre physique (chaleur, froidj; d'ordre spécifique fpoisons, virus, niicr(M)rgani£mes, etc.) Les éléments cellulaires altérés et mélangés au sérum du plasma modiUé lui-même, consti- 1 tuent le liquide purulent. Une irritation moins puissante ne déterminera qu'une hypergénèse des m^mes éléments, aboutissant à un processus réparateur (inflammation constructive).

Malheureusement cette théorie semble infirmée par certains faits; elle ne saurait expliquer l'absence de suppuration, dans le caa d'irritations violentes, mais sous-cutanées, ' telle qu'une fracture simple, par exemple, ou bien l'injection dans le tissu cellulaire de substances très irritantes, telles que l'huile de croton ou de lérébentidne, etc. (Strauss). Toutefois, il est juste de citer les expériences suivanlea, contre lesquels s'inscrivent les partisans de la doctrine microbienne, en incriminant l'entrée des parasites, malgré toutes les précautions prises. Avec toutes les conditions antiseptiques nécessaires, Uskoiï (1), Orthmann (2), et Councilmann (3), ont injecté, dans le tissu conneclif souscutané, de Ihuile de térébenthine ; des abcès se produisirent, et dans un certain nombre, on ne trouva pas de microbes.

(Il U»kûfr, Arclùv. fûrPathot. Anat. u. Phyaiat. Bd. LXVIIl, 1881. (2) Ortbmann, Ueb. die Untichen der Eilerbitdung {Archiv. f. Palhoi. Anal , etc.. 1882).

(:i) Councilmann, Zur aliologie iter Eileruti'j {Ardiiv. f. Pathol.,

Pasteur, après avoir vu se former des abcès consécutifs à l'introduction de morceaux de laine et de sureau stérilisés, sous la peau d*animaux, conclut à la possibilité de la suppuration simple, sans l'intervention de microbes (1). Lister et Recklinghausen professent également que l'acide phénique lui-même, à dose concentrée, détermine la suppuration.

B. Tïiéorie parasitaire. — La formation du pus est due à l'influence immédiate d'organismes inférieurs : 1* persistants dans l'économie, non spécifiques, et dont l'action est variable suivant le milieu (Billroth, Rossbach, Hueter, Béchamp, etc.) ; 2^ ou bien spécifiques, extérieurs, et dont l'action varie suivant lespèce (Klebs, Koch, Pasteur, Lister, Guérin, etc.) ; notons que, parmi les auteurs que nous venons de citer, quelques-uns sont d'avis que la suppuration peut être déterminée par un agent irritant, autre qu'un micro-organisme, tandis que pour d'autres, Tintenrention d'un microbe est la condition sine quâ non du processus.

Les nombreuses recherches relatives à la septicémie et à la pyohémie, avaient bien amené, tout-à-fait accessoirement, les anatomo-pathologisles, à attribuer la suppuration simple à un micro-organisme, que l'on ne distinguait pas du microsporon septicumy de Klebs ; mais c'est à M. Pasteur que revient le mérite d'avoir recueilli dans l'eau de Seine, isolé, puis cultivé et décrit le microbe pyogénique, appelé par lui € vibrion du pus. » Ce coccus, injecté dans le tissu cellulaire, produisait des abcès. D'après Rosembach, à qui Ton doit des travaux récents sur ce sujet, le

(1) Pastour, La théorie des germes et ses applications à la Médecine et à la Chirurgie {Académie de Médecine, 1878).

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microbe de Pasteur ne serait pas habituel leraenl rencontré le pus ordinaire.

Quoiqu'il en soît, il parait dénaontré aujourd'hui par des :périences solidement assises, que, chez l'homme, le pus de l'abcès chaud contient des micro-organismes aérobies et anaérobies , de 3 à 0 ^ de diamètre , solitaires , associés deux à deux (diplococci), ou en chaînettes sinueuses et pelotonnées (voyez Étude du pua], lesquels isolés et cultivés, selon la méthode de Pasteur et de Koch, donneront lieu à des collections purulentes au point ot'i on les aura injectés, ou à distance. Les propriélés pblogogùnus du pus, depuis longtemps établies, grdce aux travaux de Darœt, Sédillot, Billrolh, Weber, Chauveau, etc., sont donc dues à l'action de micro- organismes spéciaux. Quand, toul-à-faîl exceptionnellement, le pus d'un abcès chaud ne présente plus de micro-organismes, parce que leur altération destructive les rend mécoimaissables, on les rencontre en indance et bien caractérisés, dans les points de la paroi abcès au niveau desquels l'inflammation est encore « (Koch).

Voyons maintenant quel est le mode d'action et de létration de ces parasites pyogéniques? L'action des icrobes sur nos lissus est très probablement multiple, lécanique, chimique, spécifique, mais tous les caractères 'en Bont pas encore bien précisés. Nous savons cepenlo Que les bactéries du pus de l'abcès chaud (ttaphylococcus et streptococcus), ont la propriété de transformer en peptone (albumine soluble), l'albumine insoluble des tissus animaux, et de favoriser ainsi leur ramoUissemenl ; 3° que leur introduction dans le réseau

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capillaire, détermine des thromboses, et consécutivement le ralentissement de la circulation^ la dilatation irrégulière des vaisseaux, et la diapédèse des globules blancs envahis par les germes.

La diffusion des microbes se fait dans une région plus ou moins étendue, et s'accompagne des mêmes troubles vasculaires et de diapédèse.

Les globules blancs ainsi accumulés, s'étouffent, se nécrosent, et leur désagrégation entraine la destruction des éléments conjonctifs, des petits vaisseaux, des fibrilles nerveuses, des cellules adipeuses altérées par les micro-organismes. Le pus est constitué (Cornil).

Très évidente, lorsque les téguments ou les muqueuses offrent une solution de continuité qui constitue la porte d'enitée, l'origine microbienne est plus difficile à expliquer, dans le cas d'abcès profonds spontanés (fièvres graves), ou consécutifs à un traumatisme qui n'a pas entraîné de fissure. Dans ce cas, on suppose que les germes ont pénétré dans le sang par l'appareil pilo-sébacé Cpar friction, par inonction (Socin (1), Lœwenberg) (2), par une éraillurc des muqueuses aérienne ou digestive, puis par diapédèse dans les tissus qui sont le siège de la formation du pus; ou bien, l'on émet l'hypothèse vraisemblable, que les microbes pyogéniques existent inoffensifs et en petit noçibre dans le sang, à l'état normal, mais qu'ils se multiplient au niveau des parties irritées et lésées, pour amener la suppuration, surtout^ lorsqu'un affaiblissement de

(1) Socin, Patfwgénie de la Suppuratioti {Congrès de chirurgie, Paris, ii^b, pages 103-111).

(2) Lœwenberg {Progrès Médical, 1881).

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fFétal général amène une diminution de la résistance oi^arBHIue. En résumé, le pus a une origine anatomiquc ■ualtiple ; j° sérum du sang, lymphe, liquides des (issus;

' globules blancs du sang; et 3' quelques éléments cellu- : des tissus prolifères. Sa formation est consécutive

1 l'action d'un irritant mécaniq^ie, physique, chimique ou

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