II. Etiologie. Pathogénie
Le tempérament nerveux (névropathes), Tétat de grossesse, les affections du cœur (insuffisance aortique), Tanémie consécutive à des maladies chroniques ou à des hémorrhagies antérieures prédisposent puissamment à la syncope. Des causes non moins variées la déterminent. Les hémorrhagies, qu'elles soient internes ou externes, abondantes d'emblée ou par le fait de leur persistance, amènent l'anémie cérébrale et consécutivement la syncope. De même, dans la ponction d*un kyste de l'ovaire, d'une ascite, etc., si l'écoulement du liquide se fait trop rapidement, la syncope pourra encore se produire par anémie cérébrale consécutive à l'afflux subit du sang dans les
(1) Strauss, Art. Syncope du Dict Jaccoud, 1883.
oOi PATUOLOGIE GltlRrRGICALE GÉNÉRALE
vaisseaux trop brusquement soustraits à la compression.
La syncope mécanique s'observe encore dans le cas d'embolies ; dans les plaies pénétrantes du cœur, suivies d'épanchement sanguin péricardique, elle est plutôt le fait de la compression du muscle cardiaque que de la déplétion des vaisseaux de l'encéphale.
Enfm, dans une autre catégorie de faits, le point de départ de la syncope est une excitation des centres nerveux (axe cérébro-spinal, S. Langier) ou des nerf s périphériques et splanchniques. La clinique a, en effet, depuis longtemps montré la fréquence de la syncope dite réflexe, à la suite d'opérations ou de traumatismes portant sur les nerfs sensitifs, sur l'épigastre, le testicule, l'abdomen, etc. On sait, d'autre part, depuis les expériences de Goltz, Tarchanofl, Brown-Séquard, Cl. Bernard, etc.) que le choc brusque de la région épigastrique, l'attouchement de l'intestin enflammé et l'irritation des nerfs sensitifs suspendent les battements du cœur, à condition de conserver la continuité des nerfs vagues ; tandis que la section de ces derniers et celle des nerfs splanchniques empùchent la syncope. Les travaux plus récents de F. Franck (1876) sur l'innervation cardiaque ont nettement établi le circuit de l'influx nerveux dans la production des phénomènes d'arrêt du cœur (1). L'excitation partie d'un nerf périphérique arrive au bulbe qui la transmet au cœur par les pneumogastriques. C'est en excitant la muqueuse laryngée que les anesthésiques peuvent déterminer une syncope réflexe au début de la narcose.
(1) Comptes-Rendus des travaux du laboratoire de M. Marey, 1876.
La syncope survient graduellement ou brusquement. Le blessé, dans le premier cas, est pris de mRlaise, de nausées, de vertiges et se seul défaillir. Les lèvres se décolorent, la face piklit et se couvre de sueurs froides; les pupilles se dilalent, puis l'intelligence s'obscurcit et l'individu tombe, ayant perdu complètement connaissance, dans la résolution musculaire coni[}lète. Le pouls qui s'était tout d'abord aOaibli, cesse de battre: les bruits du cœur, ti-és rares, finissent par ne plus être entendus et la respiration s'arrête ; les extrémités sont refroidies ; c'est la mort apparente. Si les accidents 60 prolongent, la syncope se termine par la mort ; mais le plus souvent, au bout de quelques secondes, d'une minute au plus, les battements du cœur recommencent, la respiration se rétablit graduellement et le malade reprend ses uns n'accusant qu'un peu de fatigue et de courbature.