A. 8H0CK TRAUMATIQUE
L Définition.
Le mot shock qui éveille Tidée cratteiate brusque et considérable portée aux centres nerveux et à la circulation est appliiiué par les auteurs à des accidents complètement dilTérenls, tels (jue cas de mort subite par syncope ou autre mécanisme, ou états dauéantissèment prolonj;és observés après les grands trauniatismes et fréquemment suivis eux aussi de mort rapide, siuis réaction ni lésions appréciables.
Avec Piécbaud nous considérons le sbock comme « un éUil plus ou moins grave consécutif aux traumatismes, spécialement aux plaies par armes à feu et aux grands écrnsemenls, caractérisé par TafTaiblissement des pulsations (lu cceur, l'abaissement de la température, la pîUcur des tissus, un certain degré d'anestbésie joint
(1) nium, !)u shock Irauwatiquc {.irch. gén. de Méd., 1876). — Vincnil. Des causes de la mort prompte après les grands traumalismesaccidentelsetrhirurgic'iHxÇTh.d'Xi^rô^. 1878 . — ManseU Moulin, Shock et embolie graisseuse [Encycl. intern. de Cfiir,, 1883).
iïONS THArJIATIQlES COMI'UQL KES
à Ici faiblesse inuscultiire, avec conservation fie l'intel-
ligonce n (Thèse d'Agrégation en chirurgie, Paris 188li).
It. Eliulci|;ic. Patlii)Ki>ni<'.
Les conditions qui chez le blessé ou l'opéi^ accroissent le pouvoir réflexe des centres nerveux prédisposent à la stupeur générale ; telles sont les émoUom viuknlfs et en particulier la frayeur, le tempérament nerveux, l'alcoolisme aigu ou chronique (Redard), l'anémie consécutive aux perles de sang. Enfin, comme pour la syncope, les maladies du cœur auraient une inHuence évidente (Falk). La richesse de certains organes ou régions (abdomen, testicule, épigastre, etc.) en filets sympathiques favorise incontestablement le choc traumalique. Aussi observe-t-on fréquemment celte complication à la suite de la contusion de ces régions, à la suite des ])laies pénétrantes de l'abdomen, etc.
Les traumatismes qui exposent particulièrement aux accidents de la stupeur générale sont les brûlures superficielles mais très étendues, les blessures par gros projectiles, les autres plaies de guerre avec fracîis osseux, les plaies par arrachement, la contusion des viscères alidominaux en particulier, les écrasements violenta qui succèdent nux explosions, aux chutes d'un lieu élevé, aux éhoulements ou aux tamponnetncnU dans les collisions en chemin de (cr, de même que les o]>éralious graves (grandes amputations ou désarticululions, ovai'totomie, etc.}. Les exjiérieuces de Budge,
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Vulpian, les travaux de C. Bernard, etc., tendent à rapporter les pliénoniènes du shock, sorte de collapsus al^ide, à une action d'arrêt déterminée par le traumatisme sur les centres d'innervation du coeur, des vaisseaux , du poumon , par Tintermédiaire des nerfs |)ériphéri(|ues sensitifs et ceux du grand sympathique plus ou moins violemment commotionnés.
m. Anatoniie pathologique. Symptomatologie.
Les cadavres, comme dans les septicémies, sont rapidement envahis par la putréfaction, mais Tautopsie ne n'vèle aucune autre lésion spéciale que la distension des veines par le sang. Spencer Wells et Playfair ont trouvé des caillots dans le cœur droit dilaté.
Les blessés atteints de shock ont un faciès caractéristique (traits tirés, yeux excavés et fixes, pupilles dilatées). Immobiles, indifférents à ce qui se passe autour d'eux, presque insensibles à la douleur, ils sont comme sidérés, ne répondent qu'avec elTorl aux questions (ju'on leur pose et ne se plaignent que du froid. Redard a en effet noté un abaissement notable de la température périphérique et souvent de la température centrale (1). Les téguments exsangues, à l'exception des lèvres et des extrémités devenues cyanosées, sont couverts d'une sueur froide. La plaie laisse suinter quelques gouttes de sang; le pouls est fréquent, petit, irrégulier,
(1) n«Mlartl. De l'abaisseweut de lu température dans les grands traumatismes par armes à feu {.irch. grn. de Méd., 1872).
i LESIONS TKAUMATIQUES C(l.\il'LIQl>;&
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niilortiic ; la respiration ralentie, iiilurmittente, profonde. Le patient est pris de hoqueb;, de voniissemeuts. Au bout de quelques heures, dHns les cas favorables, le blessa sortant de son état de torpeur, la circulation et la respiration se r^^gularisent, et la température remonte peu à peu. Autrement la mort peut survenir brustiuement par syncope, après deux ou trois heures, par aggravation progressive des symptômes précédents, ou plus tardivement à la suite d'alteruatives de réaction fébrile et de prostration.
Travers a décrit une autre variété clinique d'ailleurs fort rare de cette complication. Aux syniptdmes de prostration se joindraient des phénomènes d'excitation, des convulsions, du délire nocturne. Les malades agités accusent des souffrances et uue soif vive ; leur faciès est fébrile, le pouls petit est très rapide et la respiration fréquente, anxieuse. La température no présenterait pas l'abaissement de la forme précédente. BientAt à l'agitation succède la somnolence et la mort survient dans le coma. Quelques observations prouveraient d'ailleurs que ces deux furuies cliniques peuvent alterner.