II. Ktiulogie. Patbogénio
Les traumatismes étendus et en* particulier les plaies contuses par armes à feu, éclats d'obus, les fractures exposées, les broiements, l'écrasement de tout un membre, compli((ué ou non du «liock local, sont les plus exposés à cette redoutable maladie. Elle se développe exceptionnellement lors de plaies opératoires ou accidentelles très nettes, à moins qu'il ne s'agisse de la forme
(I; Pour rhistoritiue, sp reporter à celui de la Gangrène, page Hù et suivantes. Voir: Forgue, [>m septicémien gangreneuses (Th. d'Agi-ég., Paris. 188<i).
lh)S PATIIOLOr.IE ClIIRrRGICALE GÉNÉRALR
épidéniique, liée d*une façon indéniable à la contagion, dans kM|ue] ras elle frappe un grand nombre de blessés ou d*oiM>rés, (|uelles que soient la nature et retendue du trauinalisme. L'influence de renconibrement est des plus nettes, aussi bien que celle du surmenage et des états constitutionnels (albuminurie, glycosurie, pliosphaturie, alcoolisme (Perrin, Terrillon, Nepveu, Venieuil, etc.).
Kn présentant à TAcadémie des Sciences (18S0-185i) ]>lusieurs observations de septicémie gangreneuse, Chassai^nac admettait une décomposition instantanée du sang et des tissus par excès de violence trauniatique, et Maisonneuve une sorte d'empoisonnement rapidement mortel par la circulation, dans les veines, de gaz putrides provenant de cette décomposition. Ces deux opinions furent plus tard partagées en i>artie par Couty, Jiihin et l)t»s[)rès, et par Nepveu en 1870, dans le ras dVcrasenients dos tissus sans plaie. Cependant Salleron (I8(>8j cl IVrrin (IS7i) soutinrent qu'il s'agissait, h» [iriMuier d'une infection septique et le second d'une vérital)le putréfaction des tissus traumatisés, et M. llaynaud, allant plus loin, émit ro[)inion ({ue la putréfaction résultait probablement de l'action de /Jvments animaiw ou véuétaiw ayant pénétre par la plaie ou par les voies respiratoires. Depuis, différents auteurs, Terrillon, Kirhard, etc., ont bien soupçonné Faction d'un virus ou d'un ferment, mais sans pouvoir la (lélcrminer ; les dernières recberches d*Arloiug et Chauveau (liulL de l'Acml. de mt^., 1884, p. 604 et 1120), semblent avoir établi délinitivement que la septicémie
DES LÉSIONS TBAL'MATIQUBS COMPLIQUÉES
gaugi-L'iieuse csl produite par le vibrion septiqm Pasteur.
Dans leui's expériences, Clisiuveau et Arluing uitt rencontré le aiicrobe septique dans les séreuses, dans la sérosité des pLIyctënes et de l'adéme du tissu conjouctif, à la surface des principaux viscères el enriu dans le système circulatoire qu'il n'envabirail qu'au moment de la mort. Inoculée au cheval, ù l'àue, au chien, au mouton, à la plupart des animau.\ à sang chaud en un mot (à l'exception du bœut qui est rëfractaîre)(l),la sérosité de l'œdème communique une gangrène septicémique rapidement mortelle. L'animal inoculé et qui résiste à l'inoculation jouit d'une immunité absolue. Le lieu d'inoculation le plus lavorable est le tissu conjonctil profond ; l'injection de la sérosité dans le sang et son absorption par les voies digestives sont relativement inoQeusives.
Le vibrion septique étant anaérobie agît comme les ferments ; il élabore probablement des ptomaïnes (Bouchardj, de même qu'il dégage de l'hydrogène, de l'azote, de l'acide carbonique et des gaz putrides. De plus, il est tué par l'oxygène de l'air qui épargne les corpuscules germes ; de sorte qu'à la surface d'une plaie exposée, les vibrions superficiels meurent, tandis que ceux des couches profonde.4 se multiplient et donnent naissance aux corpuscules germes. Ces derniers existent partout et pénètrent dans l'organisme par les solutions
îiid pathuumjIe chirurgicale générale
de cuiitinuitr. ])ar les voies digestives et respiratoires (1).
L*aeide sulfureux détruit sûrement les propriétés imthogèiics du virus frais, taudis que celui-ci résiste au nitrate d*ai>?ent au 1/1(10, au sublimé ccfrrosif au 1/500, etc. Desséché et iK)rté à iOO<>, il n*est plus pathogèue ; de là, le chaulTage des instruments employés par le plus grand nombre des chirui*giens comme moyen prophylactique. Ces données expérimentales éclairent parfaitement la |)athogénie de la septicémie suraiguê. Les l)laies ]>ar armes à feu, profondes, déchiquetées, les écrasements, les broiements qui mortifient les éléments anatomiques sont des terrains favorables au dévelop- |>ement et à la multiplication du vibrion septique ; les tissus sont tout prêts à la ])utréfaction, surtout quand un mauvais état constitutionnel (diabète, alcoolisme) a déjà diminué leur vitalité.
Kocli a étudié Tactioii directe locale des microbes sepliijues ; ces derniers sécréteraient une substance solul)le qui tue les cellules et autres éléments anatomiques en contact avec elle. Les vibrions en se multipliant savancent pro<^ressivement et détruisent ainsi les leucocytes (jui provieiiuent de la diapédèse et de la prolifération irritative locale.