III. An:itoiiii(> patliolo^iquo. Symptomatologio
Le cadavre très tumélié se putréfie avec une rapidité
(I) l/iiiuculation s(>}>ti(|uo iW la plaie est le mode |)athof;éniqu« le plus friHiui'iit : la contaminalioii |Kir voies pulmonaire et digesUve est exceptioiuielle.
DES LéSIOKS TRAVUATIQtieS COMI-UQt'ÉES
excessive. Le foyer Irauinalique lui-inéme (plfliecontiise, fracture compliquée, plaie d'araputalion) montre des lambeaux de muscles macérés, des tendons, des os dénudés baignant dans une santé putride; la région présente un gonflement considérable dil k l'infiltration des parties molles par une sérosité roussâtre et pardes gaz putrides, bydrocarbonés, d'après Malgaigoe. C'est dans celte sérosité iouclie (|ui imbibe les muscles, que l'on rencontre le plus de microbes. D'après Chauveau et Arloing, ces microbes que l'on trouve communément dans la sérosité de rosdème. dans l'ichor sanieux de la plate, dans les plèvres, le péritoine, le péricarde à la surlace des viscères etc., se présentent: ■ l" Avec les caractères d'un bacille deS^à6jx de longueur, sur 1^, Sa i }i.l;ji, 5 d'épaisseur, pourvu d'une spore à l'une de ses extrémités, laquelle est parfois légèrement renflée ; 29 Des bacilles à protoplasma homogène, plus allongés que le précédent (là à 30 ^l). Dans les «■reuses, ces bacilles prennent «ne longueur considérable (35 Â fôfx) et se segmentent en articles plus ou courts et nombreux, sans spores b(|). L'infdtratjon gazeuse gagne de proche on proche, en mémo temps que la putrélaclioii s'empare rapidement du cadavre. La pi-au très tendue, sillonnée de veines et marbi-ée de taches gf\>~ jaunâtres, présente des phlyctènes remplies d'un liquide issAtre, séro-sanguinolenl. Les muscles décolorée, friables sont infiltrés de sérosité putride ; dans les veines gorgées de sang noir et poisseux et parfois throuibosées, dans le cœur et les gros vaisseaux, on
5i2 PATHOLOGIE CHIRCRGICALE GÉNÉRALE
trouve en mt^nie temps que ce liquide, des- gaz putrides auxquels Parise attribue la mort subite (pneumohémic putride de Maisouneuve).
Le sang noir et fluide contient des germes et des vibrions très difllciles à constater à cause de leur réfringence voisine de celle du ^érum.
Les viscères (])ounion, intestin, foie, reins, rate, etc.) sont congestionnés, œdématiès, et Ton peut observer des foyers de stéatose aigué, des infarctus et des ilôts bémorrhagiques.
Cette redoutable complication débute babituellement très peu de temps après la blessure, entre huit heures et six jours (Terrillon). Salleron, Morand, etc. ont bien indiqué lesprodrùmes qui Tannoncent. Le blessé anxieux, triste et déprimé, oppressé, est pris de quelques frissonnements ; toutefois la gangrène éclate souvent sans prélude avertisseur; une douleur excessive avec sensation (le constriclion se fait sentir au niveau de la plaie, et bieutùt tout le nienibrc €»sl envahi par un œdème dur, formé de sérosité sanguiiioleiite remplie de parasites. Sur la [)eau livide, insensible, tendue et luisante, les veines se dessinent en traînées violacées; des taches bistrées a[)paraisseiil par [)la(es, donnant cette teinte spéciale aux téguments (|ui a fait désigner rafTection du nom d'n'ysiprh' hronzé (Velpeau). Parfois, des idilyctènes soulèvent lepiderme et crèvent, laissant écouler un Ii({uide infect, ichoreux, brunAtre. Les gaz de la pulréfaclion, crépitant sous la pression du doigt, infil- Irent rapidement la plaie, distendent le tissu cellulaire sous-cutané et remontent le long des vaisseaux, jusqu'aux
telONS nUl'HATlQlIES COUPUQCkl
ganglions de la racine du membre (gangrène gaïeiise, emphysème gaDgréneux). Le foyer traumatique, au lieu de suppurer, se gangrène et laisse suinter tin liquide ichoreux, tétide, abondant, mélangé de sang noirâtre et comme (oueltè de gaz putrides. S'il s'agit d'une plaie d'ampuliilion, les os dénudés font saillie au milieu des muscles grisâtres, des aponévroses, des tendons disséqués et imprégnés de liquide ichoreux, intecl : on voit enfin dans quelques ces rempliysèmo envahissant et la gangrène putride évoluer à dislance de la blessure, sous forme de foyers diUus. Aux phénomènes douloureux du début a succédé «ne aneelhésie complète et les parties atteintes se refroidissant de plus en plus prennent la température du milieu ambiant.
Les symptômes généraux apparaissent en même temps que l'œdème. Le pouls petit, irrégulier bal en moyenne |:t.t pulsations par minute; la respiration s'accélère et II- thcrmumèlre monte rapidement ; d'autres auteurs au contraire écrivent que l'apyrexie est la règle, ce qui est bien démoniré aujourd'hui ( 1 ) . Puis le lacics s'altère, les yeux s'excavent, la langue se dessèche, les dents et les lèvres deviennent fuligineuses, les urines sont rares, les sueurs profuse», et le blessé {mrfois pris de vomissements ou de diarrhée fétide devient bienlât indilTérenl, insensible et tombe dans l'adynamie et le collapsus. L^ mort survient très vite
(1) Cette ilifl^miire iropinion but le ryi-l<^ I^brîle lirnl i te (|a'avanl l'i'[iiplui de U mfUiode HDti-iepUque un oiiservait la •eptic^mie gangr«nruw nnuici^ à d'autres eomplinitions gcplirémiijiirs (riryHip^le. inlei-tiiHi purulente) qui modiliBiuit la courlw tlienuumélriituc.
5ii PATlIOLOCiIE CHinURGlCALE GÉNÉRALE
annoncée par un almissement notable de la température (M^), un pouls filiforme et les progrès de l'asphyxie.