DES CICATRICES DES MUSCLES. J
prennent qu'une très -faible part, et beaucoup d'entre eux, au commencement, ne participent même pas du tout à ce travail de multiplication des cellules, de sorte que tout repose sur les cellules de tissu conjonclif. Nous voulons dire par là que le développement du (issu cellulaire primitif, de la nèoplasie inflammatoire, part presque exclusivement du tissu conjonclif que l'on sait exister en énorme quantité à l'état de périmysium entre les faisceaux musculaires, de névrilème entre les faisceaux nerveux, de tunique adventice et de gaîne cellulaire autour des vaisseaux. Les noyaux des muscles et des nerfs ne participent qu'en petit nombre et d'ordinaire d'une manière très-secondaire à ce processus. Dans la cicatrice, la communication entre les différents tissus et les terminaisons de ces tissus se montrent sous les aspects suivants :
La cicatrice qui se produit dans le muscle est constituée par du tissu conjonctif et reste telle à jamais. Dans les bouts libres des fibres musculaires primitives, il se fait d'abord une désagrégation, ensuite un peu plus loin, et à partir d'une certaine limite, une augmentation des noyaux du myolemme, augmentation qui cependant n'a pas pour résultat une production de nouvelles masses musculaires, mais seulement une terminaison arrondie des fibres musculaires dans le voisinage de la cicatrice, terminaison qui parfois ressemble à un renflement en massue, d'autres fois et plus souvent au sommet d'un cône ; ainsi modifiées, les fibres se continuent avec le tissu conjonclif de la cicatrice, comme avec les tendons; la cicatrice musculaire devient une intersection tendineuse permanente dans la- Cicatrice de la lèvre supérieure d'un chien ; tissu cou* quellele muscle ne peut plus jonctif de la cicatrice en a; les fibres musculaires
jamais se reproduire. 0. Weber a observé un léger degré de nèoplasie musculaire aux terminaisons suppurantes des muscles; cependant la nèoplasie n'est jamais très-productive et paraît se présenter uniquement dans les cas où le muscle est le siège d'un développement de granulations.
Il n'en est plus de même des nerfs. Si un nerf a été simplement coupé en deux, les deux bouts s'écartent un peu à raison de leur élasticité,
divisées en cet endroit sont atrophiées à une courte distance et sont terminées en cônes. — Grossissement, 300.
ensuite ils se renflent légèrement et se remettent plus tard en communication par le développement d'une formation nouvelle de véritable substance nerveuse, si bien que la conductibilité nerveuse se rétablit à travers la cicatrice. Dans les vastes cicatrices superficielles, il se développe des nerfs nouveaux qui s'avancent dans l'intérieur même de l'inodule ; de plus, si vous excisez une portion de peau, et que par le glissement vous mettiez en contact et réunissiez entre elles des parties fort éloignées les unes des autres, de nouveaux nerfs traverseront bientôt la cicatrice et la conductibilité nerveuse redeviendra, au bout d'un certain temps, ce qu'elle était auparavant, comme on a si souvent l'occasion de s'en assurer dans les opérations autoplastiques. — Ces faits sont très-remarquables, et jusqu'à présent il a été impossible de les expliquer physiologiquement. N'est-il pas étonnant que les fibres nerveuses, sensibles aussi bien que motrices , viennent à se rencontrer de nouveau après la réunion des bords d'une plaie, et même que les bouts coupés des fibres primitives se rejoignent comme ils étaient joints auparavant (car c'est bien là ce qu'il faut admettre) , afin que la conductibilité et la localisation des fonctions nerveuses se rétablissent, comme cela arrive effectivement. Nous ne pouvons traiter avec plus de détails ces objets. Qu'il suffise de vous rappeler que les phénomènes intimes dont l'évolution a surtout été bien poursuivie par Scbiff, sont les suivants : il se fait d'abord dans les deux bouts une désagrégation du tube médullaire, peut-être aussi du cylinder-axis jusqu'à une certaine distance, en même temps une formation de cellules dans le névrilème, d'où résultent des cellules fusiformes qui se développent également dans la substance interposée entre les nerfs; de ces cellules part probablement, ainsi que des noyaux qui existent dans la gaîne primitive des fibrilles, un développement de fibrilles nerveuses de formation nouvelle, comme dans l'embryon, et qui se dirigent de l'un à l'autre bord de la plaie; celles-ci, trèspâles au commencement, sont plus tard aussi entourées d'un névrilème et ne peuvent, plus être distinguées dès lors des fibres nerveuses ordinaires.— Cette régénération, qui a été très-bien étudiée au moyen d'expériences faites sur des animaux, ne se fait chez l'homme que dans de certaines limites que l'on ne peut, il est vrai, pas déterminer d'une manière rigoureuse. La réunion des gros troncs nerveux, comme le nerf sciatique, le nerf médian, ne se fait ordinairement pas; en outre, la régénération manque après l'excision de segments ner-*veux d'une certaine longueur, dépassant, par exemple, trois à quatre lignes, par conséquent lorsque les bouts restent séparés par une longue distance. 11 faut donc une apposition aussi exacte que possible des bouts nerveux, parce qu'évidemment la transformation du tissu in-